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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Il faut tout un village

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Photo : Ces temps-ci, il me semble entendre souvent le proverbe : il faut tout un village pour élever un enfant. - François Fouquet
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 4 février 2019

Il faut tout un village pour élever un enfant. On attribue le proverbe au Sénégal. Il faut dire que le continent africain est porteur, dans sa tradition orale et écrite, de bijoux remplis de sagesse.

La plupart des proverbes ont un lien direct avec la nature. Les éléments. Comme si l'Africain avait compris que devant ce qui est plus grand que nous, il vaut mieux faire preuve d'une certaine humilité.

Le lion dort avec ses dents, dit un autre proverbe. Comme quoi le calme ambiant n'empêche pas le danger de sommeiller.
Que celui qui n'a pas encore traversé le fleuve ne se moque pas de celui qui s'est noyé.

Il y en a des centaines comme cela. Presque tous font appel à une introspection minimale par rapport au lien entre le citoyen et son environnement humain ou naturel.

Et comme plusieurs d'entre vous, j'aime bien les proverbes. Pis, ça se place bien sur Facebook, non? Vous savez, avec cette mention qui m'horripile tant : si vous êtes d'accord, partagez! Implicitement, si vous ne partagez pas, vous n'êtes pas d'accord. Horripile, je disais? Le mot est même faible!

Il est où le village, il est où?

Ces temps-ci, il me semble entendre souvent le proverbe : il faut tout un village pour élever un enfant. Ouin... Le village...

Le village, quand j'étais petit, c'était les voisins plus ou moins rapprochés sur ma rue. Les plus rapprochés n'hésitaient pas à intervenir si on franchissait un pas qu'il ne fallait pas franchir alors qu'on jouait autour ou sur leur terrain.

Et quand on avait l'idée de faire un mauvais coup chez un voisin un peu plus loin (pas fous, quand même!), on savait bien que ça se pouvait que la chose se rende à la maison. Disons que ça créait un cadre d'acceptabilité assez strict.

Et on savait que Madame Unetelle n'hésiterait pas à appeler notre mère pour dire qu'on avait été un peu moins fin en revenant de l'école, disons, en faisant mal à un plus petit que soi. Et je peux vous garantir qu'il nous fallait être particulièrement convaincants pour convaincre maman que Madame Unetelle avait tout faux!

Et, si ça vous turlupine, non, mes parents n'étaient pas niais. Ils savaient très bien reconnaître le vrai du faux. Mais ils s'assuraient d'abord qu'on comprenne qu'on avait des responsabilités dans une vie en société.

Il faut tout un village pour élever un enfant.

Vous me direz que j'exagère, mais je crois que dans un trop grand nombre de cas, si la Madame Unetelle de 2019 appelait une autre maman, elle risquerait de se faire dire : « De quoi tu te mêles, toi? Élève tes enfants, j'vais m'occuper des miens! C'est-tu clair, ça? »

Mais, disons que j'exagère. Il n'en demeure pas moins qu'un fait demeure : un village est composé de gens qui ont une part de responsabilité dans le fait de semer des repères qui délimitent ce qui est acceptable pour qu'on puisse vivre ensemble, puisqu'on doit partager le même espace de vie.

Dans un univers clôturé par la notion de liberté individuelle devenue le chacun-pour-soi qui nous caractérise comme société, je me demande ce que sont ces repères.

Madame Unetelle voit le ti-cul qui vit à six maisons de chez elle sacrer une claque à un autre ti-cul et lui voler son sac à dos, disons. Elle hésite à intervenir, les parents du ti-cul responsable pourraient vraiment mal réagir. Elle avise les autorités qui prendront tout en charge.

À la fin de l'exercice, il y a fort à parier que le parent du ti-cul responsable gueulera sa vie sur Facebook : « La police qui intervient pour une connerie de même! À pense quoi, la folle qui a fait la plainte? Cr#/$%|||%%## ! Pis l'école, ils leur apprennent quoi, à nos enfants? Cibole, nos enfants peuvent pus être des enfants? Parce que les siens ont jamais fait d'erreurs, j'imagine ? »

Ah! Oui, il manque la dernière phrase : partage si tues d'accord!

Clin d'œil de la semaine

Les médias sociaux ont ce terrible effet de, justement, se prendre pour une société...

 


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