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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Tant qu’il y a de la vie…

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François Fouquet - Deux mots à vous dire Par François Fouquet - Deux mots à vous dire
Lundi 4 novembre 2024

Je vous imagine terminer la phrase. « Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! »

Je n'aime pas ces phrases toutes faites qui veulent dire tout et rien en même temps. Des phrases creuses.

Comme « Quand on veut, on peut ! »  Je comprends que la volonté peut me permettre de repousser les limites du possible un peu, mais quand même ! Même si je veux très fort devenir un joueur de hockey professionnel, il ne s'agira pas que de vouloir. La notion de volonté me poussera à m'entraîner plus, mais sans un talent de base, je n'y arriverai pas.

Bref...

J'entendais une dame dire la phrase en titre la semaine dernière : « Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ! »

Dans son exclamation, il y avait l'état d'une femme qui décide de croire qu'un miracle peut survenir et sauver un proche très malade. La dame est poussée dans ses derniers retranchements et elle décide que ça se peut. Elle entretient la toute petite flamme de l'espoir en soufflant dessus avec une ardeur ultime.

Souvent, on se sert de ces phrases toutes faites pour se protéger soi-même. Se recroqueviller dans le déni qui peut devenir confortable si on se convainc que, malgré tout, le possible existe encore.

L'affaire, c'est que l'être rationnel en moi continue d'entendre une phrase vide.

Ces temps-ci, je regarde les choses changer. Évoluer. Pas toujours dans le bon sens, dans ma perception.

Le durcissement du ton dans nos démocraties, les guerres, les éléments climatiques dangereux, tout contribue à me demander s'il ne convient pas de tourner la phrase de bord ! D'en inverser le contenu : tant qu'il y a de l'espoir, il y a de la vie...

 

Nous sommes en panne d'espoir.

Par exemple, je suis persuadé que les Russes (je parle du peuple) ne nourrissent pas l'espoir d'envahir l'Ukraine. C'est une lubie de pouvoir d'un président qui s'est hissé au-dessus de tout le monde.  Je demeure persuadé que le Russe moyen a espoir que la guerre se terminera bientôt. Il ne rêve pas destruction.

Les discours qui sont de plus en plus brutaux dans la sphère publique et politique ne charrient aucun espoir collectif. Tant qu'on arrêtera notre réflexion au simple fait de payer moins d'impôts, tant qu'on ne se souciera que de nous-mêmes plutôt que de penser plus globalement et collectivement, on vivra dans un vide d'espoir.

Malgré l'ampleur des enjeux ; malgré l'amplitude des conséquences des dérapes à la Trump ; malgré les morts par milliers au nom de ténébreux conflits, malgré tout cela, la source de mon espoir est juste là, à côté, dans mon quotidien. Dans l'attention que je porte à ce qui m'entoure. Dans la reconnaissance des actions qui sont déployées dans mon quartier, ma ville ou ma région pour que les choses aillent mieux.

Il est là, mon espoir.

Et il faut qu'il soit là, puisque je ne peux pas influencer outre mesure le cours des choses. Ou plutôt si, je le peux, mais dans une humble mesure, espérant que l'addition des gestes posés par mes concitoyens et moi arrivera à faire une différence, éventuellement.

Il faut que l'espoir soit là. Quitte à le semer au passage.

Il faut qu'il soit là, parce que sans espoir, à mes yeux, il n'y a pas de vie qui vaille.

 

Clin d'œil de la semaine

J'ai pris la bonne habitude de n'accorder aucune crédibilité à ceux qui se servent des insultes et des médisances comme base argumentaire. Je vous le donne en mille : je ne voterai jamais pour Trump !



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