Inquiète de l'avenir de la politique familiale du gouvernement du Québec, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) invite la population de l'Estrie à participer à ses efforts de mobilisation.
Afin de mobiliser la population du Québec, l'AQCPE lance une tournée qui culminera en l'organisation d'un grand rassemblement, le 9 novembre prochain, partout en province. Les parents et les citoyens préoccupés par l'avenir de la politique familiale du Québec y sont conviés et les détails entourant le rassemblement en Estrie seront communiqués au cours des prochains jours sur le site toujoursfousdenosenfants.com.
Les coupes en Estrie
De passage à Sherbrooke, l'AQCPE souligne qu'en Estrie, les effets des coupes sont bien réels. « L'incertitude actuelle menace sérieusement les services éducatifs et de garde à l'enfance dispensés dans tous les CPE et en milieu familial. D'importants projets, comprenant notamment la création de places en service de garde destinées à des enfants présentant d'importants problèmes de santé sont reportés », déplore Louis Senécal, président-directeur général de l'AQCPE.
C'est le cas au CPE Fleurimont de Sherbrooke, où la création d'un centre de 80 places, comprenant une aile médicalisée, ainsi que l'ajout de 10 places pour les poupons en milieu défavorisé, devront attendre. « Le centre de 80 places ne verra pas le jour avant 2018-2019, explique le directeur général du CPE Fleurimont, David Bélanger. Ce projet unique au Québec, sur lequel nous travaillons depuis six ans, prévoit l'accueil de huit enfants présentant des handicaps lourds. Le report prive des enfants marginalisés par leur problème de santé d'un service leur permettant de socialiser et de s'épanouir dans un milieu de garde adapté à leurs besoins », explique-t-il.
Il faut aussi rappeler
que des 628 places qui avaient été accordées dans 17 projets par le
gouvernement péquiste, 15 d'entre-eux ont été reportés jusqu'en 2021 dans la
région.
Un manque de communication
« Il ne semble pas y avoir d'ouverture au dialogue de la part de la ministre de la Famille, qui refuse de partager les réelles intentions de son gouvernement », affirme pour sa part la présidente du conseil d'administration de l'AQCPE, Gina Gasparrini. « Nous avons tendu la main à la ministre à plusieurs reprises et force est de constater que le gouvernement n'entend pas consulter son principal partenaire en matière de petite enfance. Son refus de divulguer ses objectifs et de rassurer les familles nous laisse envisager les pires scénarios », conclut-elle.