Le 4e long-métrage de Philippe Falardeau, Monsieur Lazhar est maintenant sur nos écrans et il cumule les prix dans plusieurs festivals de la planète. Pour le réalisateur, c'est un grand honneur de voir son travail ainsi récompensé. «Je suis heureux, mais je dois rester concentrer sur mon travail. J'ai envie de me donner encore plus pour mon prochain film. Il reste que malgré les prix internationaux, je veux avant tout que le film se taille une place ici, au Québec.» Mission accomplie, les entrées aux guichets sont nombreuses et les critiques élogieuses.
Monsieur Lazhar est le personnage principal du film, un immigrant algérien qui est embauché dans une école primaire pour remplacer une jeune prof qui s'est enlevé la vie en pleine classe. Son groupe d'enfants est sous le choc et Bachir Lazhar devra rapidement s'adapter malgré un fossé culturel important, il devra aussi aider les étudiants à amorcer un processus de guérison. Philippe Falardeau propose un scénario riche qui traite d'immigration, du monde de l'enseignement en 2011, du choc des générations et des cultures et bien sûr, du deuil. Pas mal de matériel pour un seul film. «Quand on nous guide dans l'écriture d'un scénario, le premier conseil c'est de s'arrêter à un seul sujet. Cette fois, j'ai décidé de faire le contraire. Les films, habituellement, tolèrent mal plus d'un sujet. Je voulais que mon scénario ressemble à la vraie vie. Au départ, ce qui est le moteur du film, c'est le personnage de Monsieur Lazhar et son univers. J'ai fait attention, je ne voulais pas que les autres sujets prennent le dessus. En plus, avec une histoire qui se déroule dans une école, c'est tellement riche. Ce qui se passe dans la classe c'est aussi un reflet de la société.» Monsieur Lazhar est une adaptation de la pièce d'Évelyne de la Chenelière.
Des enfants convaincants
Pour plusieurs cinéphiles et critiques, présenter des enfants sur grand écran peut être un pari risqué. Pour Philippe Falardeau, ce n'est pas le cas. «Cela me fait sourire un brin quand j'entends dire que les enfants ne peuvent pas toujours crever l'écran. J'irai plus loin en disant que les expériences ne sont pas toujours concluantes avec des adultes au cinéma. La différence c'est que l'on remarque davantage l'enfant, parce que l'adulte nous l'avons vu jouer ailleurs, nous avons des références. On pardonne plus facilement! Il faut bien choisir les jeunes acteurs et consacrer beaucoup de temps à la préparation avant le tournage. Un jeune acteur peut très bien comprendre la psychologie de son personnage. La clé, c'est de prendre les bons outils et de créer un climat ludique sur le plateau. Nous devons avoir un lien de confiance important et l'enfant doit savoir que s'il a été choisi c'est qu'il peut livrer la marchandise.»
Monsieur Lazhar pourrait représenter le pays à la prochaine remise des Oscars.
Le film sera aussi distribué aux États-Unis.