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Notre histoire en archives – Hommage aux militaires des Cantons-de-l’Est


Chloé Ouellet-Riendeau, agente de bureau aux Archives nationales à Sherbrooke
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Archives nationales à Sherbrooke Par Archives nationales à Sherbrooke
archives.sherbrooke@banq.qc.ca
Jeudi le 3 novembre 2022

Au Canada comme dans de nombreux pays du Commonwealth, on célèbre le jour du Souvenir afin d'honorer la mémoire des gens qui ont perdu la vie au front en temps de guerre. Ici, cette commémoration annuelle se tient le 11 novembre, soit à l'anniversaire de la signature de l'accord d'armistice de 1918, qui a marqué la fin de la Première Guerre mondiale.

 

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Enterrement militaire, probablement au cimetière Elmwood de Sherbrooke, où des soldats rendent hommage à un compagnon d'armes mort durant la Deuxième Guerre mondiale ([194-]). Archives nationales à Sherbrooke, fonds Jacques Darche (P5, S1, SS3, D1, P37). Photographe non identifié.  

Au départ, on désigne cette journée commémorative sous l'appellation de « jour de l'Armistice ». Toutefois, en 1931, le Parlement canadien adopte une résolution pour lui donner le nom de « jour du Souvenir », qui évoque davantage le souvenir des soldats tombés au combat que la célébration de la victoire à elle seule. Ainsi, le Canada observe son premier « jour du Souvenir » le 11 novembre 1931. À la suite d'autres conflits internationaux, le jour du Souvenir prend une signification élargie : désormais, il vise également à rendre hommage aux soldats morts lors de la Deuxième Guerre mondiale, de la guerre de Corée et de la guerre en Afghanistan, puis à souligner les missions de maintien de la paix et d'autres engagements militaires internationaux.

Les monuments commémoratifs

De nombreux villages et villes du Canada possèdent des monuments commémoratifs honorant le service et le sacrifice de leurs militaires. La majorité de ces œuvres sont érigées entre les années 1920 et 1930, soit après la Première Guerre mondiale. Plusieurs arborent des plaques où sont gravés les noms des soldats locaux morts au front. Par la suite, les noms des combattants morts pendant les guerres subséquentes sont ajoutés.

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Monument aux Braves-de-Sherbrooke ([7 novembre 1926]). Archives nationales à Sherbrooke, collection Freeman Clowery (P14, S71, P140). Photographe non identifié.

Œuvre du sculpteur George William Hill, le monument aux Braves-de-Sherbrooke est érigé dans la côte de la rue King Ouest à Sherbrooke. Lors de son dévoilement, le 7 novembre 1926, on décore le cénotaphe de drapeaux britanniques et français afin de rendre hommage à ces nations alliées, défendues notamment par des soldats sherbrookois. Environ 15 000 personnes assistent à la cérémonie.

Le monument, composé d'un ange et de soldats de bronze coulés en Belgique ainsi que d'un socle fait de granite de Stanstead, est encore aujourd'hui un emblème de Sherbrooke. Sa présence n'a pas pour objectif de glorifier la guerre, mais plutôt de s'assurer qu'on n'oublie jamais les vies sherbrookoises sacrifiées à l'étranger.

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Jour du Souvenir au monument des Braves de Danville ([193-?]). Archives nationales à Sherbrooke, fonds Émilien Lafrance (P22, S1, SS1, D3). Photographe non identifié. 

Le besoin d'ériger des monuments à la mémoire des victimes de la guerre se fait fortement sentir lorsque la décision est prise de ne pas rapatrier les corps des soldats canadiens morts à l'étranger. Tandis que de grandes villes comme Montréal, Toronto et même Sherbrooke font installer des cénotaphes, plusieurs petites agglomérations optent pour des fontaines commémoratives, des arcs ou encore des inscriptions gravées dans le granite. Par exemple, en 1920, les municipalités de Danville et de Shipton font construire un monument en granite dédié aux 40 soldats de la région décédés lors de la Première Guerre mondiale. Des plaques de bronze y sont ajoutées après la Deuxième Guerre mondiale et la guerre de Corée, en souvenir des combattants tombés au cours de ces conflits.  

L'effort de guerre des Cantons-de-l'Est

Au Québec, la Première Guerre mondiale est particulièrement associée à la crise de la conscription. De manière générale, peu de Canadiens français s'enrôlent volontairement pour servir au front. Néanmoins, dès les premiers mois de la Grande Guerre, plusieurs jeunes hommes des Cantons-de-l'Est, provenant de communautés autant anglophones que francophones, se portent volontaires pour aller combattre aux côtés des Alliés. La situation se répète lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate. La région des Cantons-de-l'Est fournit un nombre important de soldats qui partent combattre outre-mer.

 

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Durant la Deuxième Guerre mondiale, Claude-Gilles Gosselin fait son service militaire dans le corps d'aviation de l'armée canadienne, comme en fait foi l'insigne sur l'épaule de son uniforme ([été 1942]). De 1966 à 1970, il sera ministre provincial des Terres et Forêts. Archives nationales à Sherbrooke, fonds Claude-Gilles Gosselin (P64, S1, D1). Photographe non identifié. 

Pendant la Première Guerre mondiale, quatre unités militaires sont formées à partir des effectifs des Cantons-de-l'Est : le 5th Regiment Canadian Mounted Rifles, le 117th Infantry Battalion, le 178e Bataillon d'infanterie, puis la 35th Battery, CFA. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les soldats des Cantons-de-l'Est émettent le souhait d'être mobilisés sous un régiment qui leur est propre; ce sera chose faite en mai 1940. Ils feront honneur à la région au sein du Sherbrooke Fusiliers Regiment.

 

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Paul Boucher part au front (1942). Archives nationales à Sherbrooke, fonds Jacques Darche (P5, S1, SS3, D1, P112). Photographe non identifié. 

Étant donné l'horreur et le grand nombre des victimes de la Première Guerre mondiale et des conflits militaires internationaux subséquents, la célébration de la victoire est difficile, voire amère. La commémoration solennelle que constitue le jour du Souvenir est donc un moyen de reconnaître la valeur du sacrifice fait par des milliers de jeunes Canadiens, et d'apporter une forme de guérison aux familles endeuillées. De plus, les monuments où sont gravés les noms de soldats morts au front perpétuent la mémoire de ces braves combattants. 

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Les Archives nationales à Sherbrooke sont situées au

225, rue Frontenac, bureau 401

819 820-3010, poste 6330

archives.sherbrooke@banq.qc.ca

Sources

L'ITALIEN, Michel, Les fusiliers de Sherbrooke, 1910-2010 : l'épopée d'une institution des Cantons-de-l'Est, Sherbrooke, GGC éditions, 2010, 819 p.

HUCKER, Jacqueline, « Les monuments des deux grandes guerres », L'Encyclopédie canadienne, www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/les-monuments-des-deux-grandes-guerres  (consulté le 22 septembre 2022).

MARSH, James H., « Jour du Souvenir au Canada », L'Encyclopédie canadienne, www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/jour-du-souvenir (consulté le 22 septembre 2022). 


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