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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Des fois, trop de règles, vous savez…

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 27 août 2018

Je jette un œil que je crois averti aux nouvelles qui sont diffusées au fil des jours avec lequel je me tricote des semaines et des mois.

Au travers des nouvelles qui traînent ce petit arrière-goût de déjà vu, déjà entendu, il arrive qu'une manchette m'interpelle plus directement.

J'étais en voiture quand j'ai attrapé, entre deux destinations, une entrevue avec le porte-parole du Service de police de Sherbrooke Martin Carrier. Bien préparé, M. Carrier s'est concentré sur un sujet précis : la rentrée scolaire.

Son message est simple et clair : ne vous surprenez pas, nos effectifs patrouilleront de façon beaucoup plus serrée les secteurs scolaires pendant les semaines marquant la rentrée scolaire. Il intervient publiquement pour aviser que les automobilistes doivent adapter leur conduite au fait que de nombreux enfants vont transiter par ces secteurs, ce qu'ils n'ont pas fait depuis deux mois.

Il en rajoute : on vous avise qu'il est possible que nous soyons camouflés un brin. Il précise que certains automobilistes adaptent leur conduite au fait qu'il y ait ou non un policier en vue.

Martin Carrier reviendra en ondes pour nous dire d'adapter notre conduite aussi quand les premières neiges tomberont.
Vous pensez que j'en ai contre Martin Carrier? Que non! Je suis désolé qu'il ait à intervenir si souvent, mais je ne peux qu'approuver!

Qu'on le veuille ou non, si un enfant se fait frapper en zone scolaire, tôt ou tard, ce sera la faute de la police qui n'est jamais au bon endroit au bon moment.

Et disons-le ainsi, on est de même : plus il y a de règlements, plus on perd notre sens des responsabilités. Notre sens civique.

Prenez l'exemple de la promenade du lac des Nations à Sherbrooke. Il y avait des corridors pour vélos et des corridors pour les marcheurs. Si, en jasant, un marcheur franchissait la ligne de l'interdit absolu, il se faisait enguirlander par un cycliste enragé et outré du non-respect des règles. Et si un cycliste traversait la ligne maudite, même scénario, mais inverse. Les autorités ont enlevé les lignes en enseignant, affiches et campagnes de promotion à l'appui, la notion de zone Zen. Il fallait rappeler à ces adultes que le fait de profiter de la promenade du lac des Nations était d'abord une activité de loisirs.

Déclarer la zone « zen » est infantilisant? Peut-être, mais comment négocier autrement avec des adultes centrés sur leur personne et trop habitués à être pris en charge pour tout et rien?

Revenons à la route : dans le contexte de nos vies folles où règne la performance, il reste un endroit qu'on peut influencer vraiment dans notre horaire serré et c'est le trajet qu'on fait en voiture. Ou en moto. C'est pareil. Alors, on clenche! Le plus tôt sera le mieux. On capote viscéralement si le trafic ne va pas à la vitesse que nous, on souhaite. On multiplie les changements de voie hasardeux sur les grandes artères et on invoque tous les saints du ciel quand ça ne va pas à notre goût...

Quand j'ai appris à conduire une voiture, papa me répétait : « quand tu conduis, tu conduis pour les autres ». Il voulait ainsi dire que je devais tenter de prévoir ce que ferait autrui. Aujourd'hui, je complète le raisonnement en me disant que si j'emprunte une artère publique, je ne dois pas me comporter comme si c'était une artère privée.

Mais, tant que notre sens civique collectif ne sera pas meilleur, il nous faut des Martin Carrier pour nous rappeler à l'ordre. Si malgré les interventions publiques on pogne un « ticket », on pourra toujours gueuler qu'« ils sont jamais là où ça compte! » Une démonstration de frustration basée sur le simple fait de n'avoir pu contourner les règles.

« Parce que mon temps à moi est plus important que tout le reste », devrait-on ajouter si on est un brin honnête dans la démarche...

Clin d'œil de la semaine

J'en appelle au sens civique! Mais, là, chus pressé...

 

François Fouquet 


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