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Faire avancer le Québec

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Daniel Nadeau Par Daniel Nadeau
Mercredi le 16 novembre 2022      

Crédit photo: Depositphotos.com

Dans la plupart des familles québécoises, il existait une règle d'or lors des réunions familiales : ne pas parler de religion ni de politique. Cette réminiscence culturelle atavique québécoise fait écho aux propos de l'ex-premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier qui avait déclaré : « La province de Québec n'a pas d'opinions, elle n'a que des sentiments. » Ce qui en clair signifie que la politique chez nous prend souvent l'allure de la passion, d'une quasi-religion où les croyances et les certitudes prennent le pas sur la rationalité et sur une analyse fine des enjeux. Pour moi, il est clair que la politique est une arène où s'affrontent des idées. Une arène où les partis politiques sont des outils pour prendre le pouvoir afin de mettre en œuvre la vision du monde partagée avec celles et ceux qui sont dans notre équipe. Le positionnement des partis et l'offre de chacun sont déterminants dans le succès éventuel des efforts consentis. Manifestement, les libéraux de Dominique Anglade ont été incapables de présenter une offre politique qui était perçue par la population comme étant la plus appropriée pour répondre aux défis de l'heure. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le départ de la cheffe du Parti libéral du Québec, madame Dominique Anglade, et de la débâcle de son parti aux dernières élections. Réflexions libres sur l'avenir du Parti libéral du Québec.

Le PLQ et l'histoire du Québec

Contrairement aux idées reçues véhiculées par la plupart des commentateurs politiques, le Parti libéral du Québec n'est pas dans l'état de décrépitude dans lequel il se trouve parce qu'il est déconnecté du Québec francophone. Il y a aussi le poids du passé qui a joué un rôle majeur dans les résultats de la dernière élection. Nous ne pouvons nier que le PLQ n'a plus de rayonnement qu'il avait, mais il a encore de profondes racines même si celles-ci ne se sont pas traduites en appui dans les boîtes de scrutin.

Une connaissance minimale de l'histoire du Québec nous enseigne que le libéralisme et le nationalisme sont les deux véhicules principaux de l'action politique depuis la conquête de 1760. De nombreux historiens et historiennes, dans divers ouvrages, ont souventes fois fait la démonstration de la présence de ces deux idéologies soit celle du libéralisme et du nationalisme dans l'espace public québécois. Le Parti libéral du Québec a toujours porté en lui ces deux vecteurs de la vie politique dans un esprit modéré et réformiste. Les tensions, durant les différentes conjonctures d'époques diverses, sont aussi responsables de la naissance de nouveaux partis politiques. Ce sont des libéraux dissidents plus nationalistes, rassemblés autour de Paul Gouin et de l'Action libérale nationale, par exemple, qui ont permis à l'Union nationale de Maurice Duplessis de prendre son envol et de devenir une force hégémonique au Québec. L'Union nationale a régné pendant plus de 24 ans soit de 1936 à 1959 avec une courte éclipse entre 1939 et 1944. C'est ce même Parti libéral qui a permis dans les années 1960 la naissance du Parti Québécois par ses débats sur l'avenir du Québec avec le départ de son ministre vedette de l'équipe du tonnerre, René Lévesque. Ce sont encore des tensions au sein du Parti libéral du Québec qui a donné indirectement naissance à L'Action démocratique du Québec de Mario Dumont et de Jean Allaire qui a par la suite intégré la Coalition Avenir Québec de François Legault. Le Parti libéral du Québec n'a pas seulement de profondes racines en matière de libéralisme et de nationalisme, mais il est au cœur des principales transformations de l'espace politique québécois. Ce qui ne l'empêchera pas de mourir même s'il a puissamment contribué à ce qu'est le Québec d'aujourd'hui.

Les causes du déclin

Qu'une chose soit clairement établie, je ne crois pas un seul instant que madame Dominique Anglade a une responsabilité dans la désaffection du Québec francophone à l'endroit du Parti libéral du Québec. Certes, elle n'aura pas réussi à redresser le bateau, mais elle aura au moins évité le naufrage annoncé. Il faut chercher les causes profondes de la désaffection à l'endroit des libéraux dans les conséquences de l'échec de Meech et ses suites et par l'efficacité des oppositions à créer le mythe d'un PLQ corrompu dans la foulée des audiences de la Commission Charbonneau. C'est incroyable les dommages infligés à la marque libérale dans la foulée des affaires de corruption et des accusations fallacieuses à l'endroit de son ancien chef, Jean Charest. Le Parti libéral du Québec sans l'épouvantail de la souveraineté et avec les effets de l'austérité du gouvernement Couillard s'est disqualifié auprès de la vaste majorité de la population francophone.

Le Parti libéral du Québec, comme la plupart des partis politiques, a vu son membership être réduit à une peau de chagrin et on ne retrouve plus en son sein la filière des idéateurs et des idéatrices de politiques d'une autre époque. Si bien durant la chefferie de Dominique Anglade plutôt que de retrouver un parti prônant des idées nouvelles, on a eu droit à un parti qui se cherchait et surtout qui a adopté des positions dogmatiques sur la langue, la laïcité, les droits individuels sans rien proposer pour faire du Canada un pays véritablement fédéraliste. Le fédéralisme est le meilleur système pour gérer des États à l'ère de la mixité des populations. Ce discours est absent de l'espace public québécois. On se satisfait de défendre le statu quo de 1982 comme si cela était une vérité incarnée qui s'abreuve uniquement d'un fédéralisme centralisateur avec une vision juridique étroite du libéralisme. L'emprise des comtés de l'ouest de Montréal sur la vie politique au sein du PLQ est ce qui explique le phénomène.

L'avenir du PLQ

Avant de penser qu'un chef ou une cheffe ayant une notoriété exceptionnelle pourrait se transformer en sauveur pour l'avenir, les libéraux devraient réfléchir ensemble, en prenant tout le temps nécessaire, à ce que signifie aujourd'hui être libéral au Québec. Bien entendu, on peut à bon escient faire appel aux valeurs libérales de Claude Ryan, mais il faut les adapter à notre époque. Ainsi, le PLQ doit faire de la défense et de la promotion des libertés individuelles le socle de son identité politique sans pour autant nier par ailleurs les libertés collectives. Il va de soi que pour les libéraux l'identification au Québec est le socle fondamental de leur identité. Le PLQ doit demeurer le parti du développement économique et la justice sociale, mais dans une perspective de développement durable. La nouvelle économie doit être verte et elle doit passer par des changements majeurs à certains de nos modes de vie. Il faut que les libéraux travaillent à développer la communauté à partir des organisations civiles, ils doivent se faire les champions de la défense de la démocratie et de nos institutions mises souvent à mal de nos jours par des radicaux de tous les horizons. Si les libéraux deviennent le parti qui rassemble les démocrates, les écologistes, les épris de justices sociales et qu'ils prônent une véritable équité intergénérationnelle, ils permettront de se faire entendre sur l'une des plus grandes missions qui soit pour tout parti au pouvoir au Québec, défendre la nation québécoise dans un océan anglophone. Le nationalisme des libéraux doit s'insérer dans une vision d'un Canada, lieu de l'exercice d'un fédéralisme multinational qui sera en mesure de respecter à la fois les diverses nations qui le composent, peuples autochtones, acadiens, québécois, et les pouvoirs des différentes juridictions. Le fruit est mûr pour proposer au Canada de se rebâtir sur de nouvelles assises. Le Parti libéral du Québec doit être porteur d'une nouvelle vision de l'avenir du Québec au sein d'un nouveau Canada. La tâche est immense et apparaît démesurée, mais c'est le prix à payer afin que le PLQ puisse s'accomplir de sa mission qui est tout simplement de faire avancer le Québec...

 


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