L'entreprise Meubles South Shore cessera ses activités,
incluant son usine de Coaticook. Cette décision touche aussi les installations
de Sainte-Croix, dans la région de Lotbinière. Au total, 126 travailleurs
perdront leur emploi dans les prochaines semaines.
Fondée en 1940, cette entreprise familiale met ainsi fin à
86 ans de présence manufacturière au Québec. Les fermetures seront
progressives, mais elles marquent un tournant important pour l'industrie du
meuble dans la province.
Une chute importante des ventes
Pour expliquer cette fermeture, Meubles South Shore évoque
une baisse majeure de ses ventes. Entre 2022 et 2025, celles-ci ont chuté de 77
%. Cette situation a fragilisé l'entreprise malgré des investissements récents.
Pendant la pandémie, l'entreprise avait connu de bons
résultats et avait investi dans l'automatisation pour améliorer sa production.
Cependant, la demande a ensuite fortement diminué, ce qui a rendu les
opérations difficiles à maintenir.
La concurrence déloyale et les tarifs en cause
Plusieurs facteurs économiques sont pointés du doigt. Meuble
South Shore dénonce notamment la concurrence déloyale (dumping) de
meubles provenant d'Asie, en particulier de la Chine et du Vietnam. Ces
produits à bas prix ont fait baisser les prix en Amérique du Nord.
Les tarifs douaniers américains ont aussi eu un impact. Ils
ont réduit les exportations vers les États-Unis et redirigé des volumes vers le
Canada. Cela a augmenté la concurrence sur le marché local.
L'entreprise critique également un marché où les règles de
l'Organisation mondiale du commerce ne seraient pas respectées.
Des pertes d'emplois importantes
À Coaticook, 26 travailleurs sont touchés. À Sainte-Croix,
64 employés syndiqués perdront leur emploi. Ces pertes s'ajoutent à des
compressions déjà annoncées dans les dernières années.
À l'hiver 2025, 97 postes avaient été supprimés à
Sainte-Croix et 18 à Coaticook. En avril 2023, 39 autres employés avaient aussi
été mis à pied à Coaticook.
Une enquête fédérale en cours
Le gouvernement fédéral a récemment demandé au Tribunal
canadien du commerce extérieur d'enquêter sur les importations de certains
produits du bois. Cette démarche fait suite à une demande de l'Alliance
canadienne des produits du bois.
Le Tribunal dispose de 270 jours pour déterminer si ces
importations causent un préjudice aux fabricants canadiens. Des mesures de
protection pourraient ensuite être mises en place.
Du côté syndical, certains se demandent pourquoi Meubles
South Shore n'a pas utilisé ce recours plus tôt. Une autre entreprise, la
Fonderie Bibby-Ste-Croix, a récemment obtenu gain de cause dans un dossier
similaire lié au dumping chinois.