La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)
ainsi que la chambre de commerce et d'industrie de Sherbrooke estiment que le
budget du Québec présenté le 18 mars 2026 aura un effet limité sur les
décisions d'investissement des entreprises. Selon elles, le fardeau fiscal
demeure trop élevé, malgré les attentes exprimées en amont du budget.
Pour les organisations, les entreprises ne réclament pas
nécessairement davantage de programmes, mais plutôt de meilleures conditions
pour investir. Sans réduction du fardeau fiscal ni simplification des démarches
administratives, le budget risque de ne pas atteindre son objectif de
stimulation économique.
Des mesures jugées insuffisantes pour les entreprises
Le président de la chambre de commerce et d'industrie de
Sherbrooke, Bruno Mecatti, souligne que les entreprises souhaitent avant tout
un environnement favorable à l'investissement. De son côté, la
présidente-directrice générale de la FCCQ, Véronique Proulx, affirme que les
nouvelles sommes annoncées ne réduisent ni la pression fiscale ni la complexité
bureaucratique.
Les deux organisations considèrent que la plupart des
mesures du budget n'auront que peu d'impact sur l'investissement privé. Elles
estiment qu'une baisse du taux d'imposition aurait été une mesure plus
structurante pour améliorer la compétitivité des entreprises.
Des gains ciblés dans certains secteurs
Malgré ces critiques, certaines mesures du budget sont
saluées. Parmi celles-ci :
- Une bonification de 40 M$ du crédit d'impôt pour les médias,
désormais élargi à la télévision et à la radio
- L'abolition de la redevance annuelle et un soutien accru à
l'industrie forestière, incluant une aide de 60 M$ pour les entreprises de
transformation du bois
- Un ajout de 1 G$ pour les projets liés aux minéraux
critiques et stratégiques
- Un autre 1 G$ pour le repreneuriat, bien que plusieurs PME
soient exclues en raison des critères
Ces mesures visent des secteurs en difficulté, mais ne
répondent pas à l'enjeu global de l'investissement privé.
Infrastructures : un levier à concrétiser
Le budget prévoit également 3 G$ supplémentaires pour le
Plan québécois des infrastructures (PQI). La majorité de ces fonds sera
consacrée à la rénovation d'infrastructures existantes.
La FCCQ et la chambre de commerce et d'industrie de
Sherbrooke rappellent toutefois que le principal défi demeure la réalisation
concrète des projets. Selon elles, plusieurs initiatives financées tardent à
démarrer ou sont interrompues, ce qui nuit à la planification des entreprises.
Équilibre budgétaire et main-d'œuvre : des incertitudes
Bien que la réduction du déficit soit vue positivement, des
incertitudes persistent quant au retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2030.
Des efforts supplémentaires seront nécessaires pour atteindre cet objectif.
Le budget met aussi en lumière les effets de la baisse de
l'immigration et du vieillissement de la population. Ces facteurs pourraient
accentuer les pénuries de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs, compliquant le
recrutement et augmentant la pression sur les salaires.
Une stratégie des marchés publics attendue
Enfin, la FCCQ et la chambre de commerce et d'industrie de
Sherbrooke attendent une nouvelle stratégie gouvernementale en matière de
marchés publics. Actuellement, seulement 46 % des achats publics proviennent
d'entreprises québécoises, une proportion stable depuis plusieurs années.
Les organisations souhaitent des mesures plus ambitieuses
afin de favoriser davantage les entreprises locales et de soutenir l'économie
du Québec.
Source : Mélanie Côté, directrice générale, Chambre de
commerce et d'industrie de Sherbrooke