Mercredi dernier, il y a déjà une
semaine au moment où vous lirez ces lignes, Radio-Canada a tenu le dernier
débat des chefs de cette campagne électorale. Patrice Roy, qui a animé ce débat,
a fait cela en grand. De loin, ce débat a été le plus intéressant de la
campagne. Les chefs ont tous été à la hauteur du moment et personne n'a pu être
déclaré gagnant. Si bien que les aiguilles des intentions de vote ne risquent
pas de s'emballer à la hausse pour ni l'un ni l'autre des candidats en
présence. Ce débat a cependant permis de conforter notre opinion sur les
qualités et les défauts de chacun de ces prétendants à la direction des
affaires au Québec. Des qualités et des défauts qui seront déterminants dans le
choix de chacun de nous le 5 octobre prochain. Inventaire des lieux
politiques à une dizaine de jours du jour de l'élection.
PSPP tel qu'en lui-même...
Cela transpire des textes de mes chroniques,
je ne suis pas un grand fan de Paul St-Pierre Plamondon. Au-delà de sa volonté
de faire du Québec un pays, ce qui n'est pas mon choix, il y a chez cet homme
un fond d'arrogance et de monsieur a raison qui me tape sur le système. Si cet
homme était chef d'un parti prônant le maintien du Québec dans le Canada, je
pense que je songerais à devenir souverainiste, c'est dire l'effet repoussoir de
cet homme chez-moi. Cela dit, il faut rendre à César ce qui appartient à César.
Paul St-Pierre Plamonon mène une solide campagne et il présente des dossiers
fouillés et il n'y a pas de doutes possibles que les propositions électorales
du PQ sont solidement réfléchies. Cependant, l'autre versant de cette réalité,
c'est que St-Pierre Plamondon est opiniâtre, têtu et crois à tort qu'il possède
la vérité infuse. Son opinion du gouvernement fédéral empêche que nous
puissions croire un seul instant qu'il collaborera avec le premier ministre
Carney. St-Pierre Plamondon est convaincu que le Canada est le goulag pour le
Québec, contrairement à ce qu'en pensait l'ex-premier ministre Lévesque. Le
chef du PQ fait preuve de rigidité idéologique. Un exemple parmi tant d'autres,
sa volonté de faire disparaître Santé Québec ou encore sa volonté de mettre fin
aux subventions aux entreprises malgré la guerre tarifaire de Trump. Paul st-Pierre
Plamondon est un bellâtre opiniâtre qui risque de devenir notre premier
ministre par défaut minoritaire. Un accident de parcours pourrait donner à son
gouvernement le statut de gouvernement majoritaire. Dans tous les scénarios, il
faut s'y préparer, nous serons replongés dans le drame de la division et de
l'affaiblissement du Québec avec la tenue probable d'un référendum sur la
souveraineté. Une fois de plus le Québec se dira non à lui-même, s'affaiblira
et se divisera. Pauvres québécois que nous sommes...
Première ministre comme job d'été
La première ministre Christine
Fréchette a un peu démérité durant cette campagne. Pour dire les choses
simplement, disons qu'elle a été meilleure première ministre que chef de parti
en campagne. Encore là, les dernières péripéties de Christine Fréchette
vendredi dernier avec les fuites sur l'ingérence prétendue de Trump et de ses
partisans dans la campagne ne sont pas de nature à nous réconcilier avec la Coalition
avenir Québec et sa chef. S'il est vrai qu'en politique, presque tous les coups
sont permis, il apparaît nettement exagéré de laisser croire à une conspiration
du PQ et de son chef Paul St-Pierre Plamondon avec les trumpistes pour briser
le Canada. Paul St-Pierre Plamondon veut détruire le Canada, il ne s'en cache
pas, mais il n'est tout de même pas un traître à la patrie. Note en bas de page
pour madame Fréchette et ses partisans : faire peur au monde, ce n'est pas
une vision élevée de ce que doit être la politique dans une petite nation comme
la nôtre. Si bien qu'au terme de cette campagne, Christine Fréchette aura eu un
job d'été comme première ministre du Québec. Si la question de l'urne est bien
fédéraliste contre souverainiste, madame Férchette n'est pas la véritable
opposante du PQ, le véritable opposant, c'est Charles Milliard.
Requinquer les libéraux
On ne le dira pas assez. Le Parti
libéral du Québec, une grande formation politique, est en mal d'amour de la
part des Québécois francophones. C'est une sorte de mystère qui ne s'explique
pas seulement par l'identité d'un chef. Nonobstant cette constatation, on doit
quand même convenir que Charles Milliard a fait de petits miracles depuis qu'il
est chef du Parti libéral du Québec. Il est en train de redonner un souffle de
vie vital à cette formation politique qui a été durement atteinte par l'épisode
rocambolesque du passage de Pablo Rodriguezà la tête du PLQ. Pour dire vrai, le
PLQ avec Pablo Rodriguez à sa tête n'aura pas mieux fait que Charles Milliard.
On a vu au cours des derniers débats que Charles milliard devient de plus en
plus mordant, ce qui en fait un futur chef d'opposition solide et qui pourra
prétendre reprendre le pouvoir à courte échéance. Je prédis de beaux jours à
Charles Milliard et au PLQ en politique québécoise.
Les animateurs de foule
Il nous reste deux chefs, l'un
qui ne croit qu'à la tronçonneuse et aux coupes massives dans le budget de l'état
québécois et qui accepte de s'associer à n'importe qui et n'importe quoi dans
son parti. Il risque, à défaut d'être chef de l'opposition ou de gouvernement, d'être
le King de Québec. Éric Duhaime notons-le aura été celui qui résoudra le
mystère de Québec. Bien entendu, je ne souhaite pas que les idées de monsieur
Duhaime deviennent prégnantes dans notre vie politique au Québec, mais j'avoue
que je regarderai avec beaucoup d'amusements les hauts et les bas de monsieur
Duhaime et de ses candidats à l'Assemblée nationale du Québec.
Quant à madame Ruba Ghazal, c'est
de loin ma préférée dans cette campagne. Elle a une générosité de cœur qui
manque cruellement à notre classe politique. Elle est charmante, spontanée et
demeure dévouée à la condition des plus démunis de nos concitoyens. C'est ce
qui fera le succès de madame Ghazal dans les urnes le 5 octobre prochain,
même si je doute qu'elle fasse élire plus qu'une dizaine de candidats.
Que conclure de cette campagne électorale ?
Je sais tout comme vous que la
campagne n'est pas terminée encore. Au moment où vous lirez ma chronique, il
restera encore quatre jours de campagne. Plusieurs d'entre vous, ce sera mon
cas, auront voté lors des journées de votes par anticipation dimanche et lundi.
Il sera un peu tard pour vous dire quel devront être vos choix de députés. Je
tiens quand même à vous dresser la liste de celles et de ceux de nos candidats
qui m'apparaissent mériter la confiance des citoyens. Dans Sherbrooke, le
meilleur candidat est l'ex-recteur de l'université et médecin, Pierre Cossette.
Dans le comté voisin de Saint-François, madame Jacqueline Belleau apparaît
comme un choix judicieux, même si madame Geneviève Hébert a été une excellente
députée pour son comté. Dans Richmond, malgré mes désaccords fréquents avec lui
sur la question nationale, je favoriserais l'ex-maire de Sherbrooke, Bernard
Sévigny. Un vrai souverainiste et quelqu'un qui croit à Sherbrooke et à sa
région. Dans Mégantic, le député sortant François Jacques est un excellent
candidat. Dans la région de Granby, je ne connais pas les candidats dans
l'ancien comté de François Bonnardel, mais je suis d'avis qu'il faut élire François
Beauchemin dans Brome-Missisquoi. Dans Orford, il est certain que je favorise
le chef du PLQ, Charles Rémillard.
La seule question qui reste et
qui sera la vraie question de l'urne lors de la prochaine élection est la
suivante : PSPP est-il premier ministrable ?