Au Québec, une
terrasse sert rarement autant qu'on l'espérait. Le printemps arrive tard, les
orages de juillet tombent au pire moment, et les soirées d'août refroidissent
dès que le soleil se couche. Résultat, un bel espace reste vide les trois
quarts du temps. Pourtant, quelques décisions prises au moment de l'aménagement
changent complètement la donne. Voici cinq choix concrets qui transforment une
terrasse saisonnière en pièce extérieure utilisable du mois de mai jusqu'aux
premières gelées.
Partir du climat avant de penser
décoration
La plupart des
terrasses sont dessinées pour une belle journée de juin. C'est l'erreur de
départ. Un aménagement qui tient compte du vent dominant, de l'exposition au
soleil de fin d'après-midi et du ruissellement sert dix fois plus souvent.
Avant d'acheter du mobilier, observez votre cour pendant quelques semaines. Les
fabricants d'abris rétractables le répètent, et une compagnie québécoise habituée à nos
écarts de température vous dira la même chose, la protection vient toujours
avant le reste.
Astuce 1, choisir un toit mobile
plutôt qu'un toit fixe
Une pergola fermée
règle le problème de la pluie, mais elle prive la terrasse du soleil d'avril et
d'octobre, soit exactement les moments où on le cherche. Un auvent rétractable
se déploie en quelques secondes quand l'averse arrive, puis se range. La même
surface sert d'abri et de solarium selon l'heure. Ce détail explique à lui seul
pourquoi certaines terrasses restent vivantes jusqu'en novembre alors que
d'autres ferment à la fête du Travail.
Astuce 2, poser un sol qui ne
craint ni la pluie ni le gel
Le bois traité
gondole, fend et redemande une teinture tous les deux ou trois ans. Les dalles
de composite, la pierre naturelle ou le béton texturé encaissent mieux les
cycles de gel et de dégel. Pensez aussi à la pente. Deux pour cent suffisent à
évacuer l'eau vers le jardin au lieu de la laisser stagner contre la maison. Un
sol qui sèche vite rend la terrasse utilisable une heure après l'averse, pas le
lendemain.
Astuce 3, couper le vent sans
bloquer la lumière
Le vent gâche plus
de soirées que la pluie. Il refroidit, renverse les verres, éteint les bougies.
La solution n'est pas un mur plein, qui crée des turbulences et assombrit
l'espace. Un écran ajouré, une haie basse ou un panneau de verre trempé
ralentit le flux d'air tout en gardant la vue. Placez-le du côté d'où souffle
le vent dominant, généralement l'ouest ou le nord-ouest dans la plupart des
cours.
Les paravents amovibles, une
option souple
Un paravent sur
rail ou sur pied se déplace selon la saison et selon l'usage. On le rapproche
de la table pour un souper d'octobre, on le range contre le mur pour une fête
de juillet. Cette souplesse évite de figer la terrasse dans une seule
configuration, ce qui arrive vite avec des structures fixes installées une fois
pour toutes.
Astuce 4, éclairer pour prolonger
les soirées
Dès la mi-août, la
noirceur tombe avant la fin du repas. Un éclairage bien pensé ajoute facilement
deux heures d'usage par soirée. Oubliez le projecteur unique accroché au mur,
qui éblouit et écrase les volumes. Multipliez plutôt les sources basses,
guirlandes à hauteur de regard, bornes au sol, lanternes sur la table. La
lumière chaude réchauffe visuellement l'espace, ce qui compte autant que la
température réelle.
Astuce 5, miser sur du mobilier
qui reste dehors
Rentrer les
coussins chaque soir finit toujours par décourager. Les tissus traités pour
l'extérieur, les armatures en aluminium et les résines tressées de qualité
passent la saison complète sans broncher. Prévoyez un coffre étanche sur la
terrasse pour les textiles, et choisissez des assises qui sèchent en une heure.
Moins l'entretien demande d'efforts, plus la terrasse sert, et c'est finalement
le seul critère qui compte.