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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Une simple photo. Ou inutile nostalgie?

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Photo : Pexels.
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi le 5 février 2024

Une photo. Toute simple. Lancée comme ça sur un média social. Un groupe qui publie des photos sous le thème affiché de la nostalgie des années 1960 à 1990.

Je suis (du verbe suivre...) des groupes du genre. Sur une de ces pages, j'ai publié deux éléments qui me ramenaient à mon enfance. Ça rappelait ce temps où un livreur passait de maison en maison et nous laissait des chips et de la liqueur (boisson gazeuse de nos jours).

D'un bond, le souvenir me ramène au bungalow familial de la rue Denault. Toute fin des années 1960, je dirais.

Je revois mon heureuse fratrie. Tous les quatre, nous nous retrouvions autour du comptoir typique de ces bungalows. Comptoir que les concepteurs de cuisine appellent maintenant une péninsule. Pour le différencier de l'îlot, j'imagine bien.

Bref, les plus vieux étaient debout. Les plus jeunes, dont j'étais, avaient un genou sur les bancs de comptoir, le haut du corps littéralement couché sur le comptoir! Un rituel du dimanche après-midi. Le jour où on avait droit à de la liqueur et des chips! La moitié d'une bouteille de liqueur chacun. C'était l'offre parentale!

Il fallait nous voir aligner les 4 verres à Coke, comme on les appelait. Il fallait qu'à la goutte près, tous les verres soient égaux en contenu de liqueur!

Ça faisait partie du jeu. Du rituel. Puis, on ouvrait la chaudière (littéralement!) de chips et on se servait chacun un bol.

Le petit bonheur que nous vivions est vivant dans mes souvenirs!

Inutile nostalgie, que ce banal souvenir?

Non. Pas pour moi, en tous les cas.

Je me dis que la rareté des gâteries créait l'événement. Et l'événement nous faisait apprécier le moment. Quand le bar est ouvert, après l'excitation initiale, le plaisir s'étiole et la base qui nous servait de guide d'émerveillement monte d'un cran. De gâtés, on devient gâteux...

Cette nostalgie suggère aussi que la notion d'égalité entre les membres de notre fratrie, telle qu'initiée par nos parents, a sûrement contribué à créer un lien particulier qui va au-delà du temps, de la distance et des éventuels points de vue divergents entre nous quatre. 

Tout cela dit, non seulement la nostalgie est un repère apaisant, mais elle peut aussi servir de guide sur des éléments de base de notre vie courante actuelle.

La photo de la plage

Sur une de ces pages, un bon matin, je tombe sur une photo, ma foi, anodine. Mais tellement pleine de souvenirs de même temps.

Début des années 1970. La photo montre des gens sur une plage. Une plage non identifiée. Probablement dans la région de Montréal. Sur le statut, une simple question : « vous remarquez quelque chose? »

Je porte attention et j'agrandis la photo un peu.

Des filles en bikini se font bronzer. Rien de bien spécial. Première et bien inutile question: avaient-elles mis de la crème solaire? Bien non, c'était bien avant!

Chez les hommes, le Speedo était de mise! On est loin des maillots d'aujourd'hui! Les cheveux longs et les moustaches étaient bien présents. Mais rien pour écrire à sa mère. Je ne remarquais rien de bien particulier.

Dans les commentaires sous la photo, l'auteur du statut écrit, laconique : « Presque pas d'obésité et les gens se parlaient ».

Je reviens immédiatement à la photo. Effectivement, tout autour des filles allongées, toujours au moins deux par deux, les gens étaient regroupés en rond et jasaient entre eux, profitant de la journée ensoleillée. Et, sur la photo, pas vraiment d'obésité, ni chez les enfants, ni chez les adultes.

Allez, ne montez pas aux barricades! Ce n'est pas de la grossophobie. J'y vois plutôt un constat de l'évolution de notre société devenue bien plus sédentaire, de notre consommation d'aliments préparés en industrie, de la restauration rapide et...bien oui, de la surconsommation de liqueur!

J'y vois aussi la notion des regroupements sur la plage! Vous savez, toutes ces interactions humaines trop souvent remplacées par des petits mots et émoticônes véhiculés par nos essentiels téléphones intelligents. Un peu sarcastique, je me dis qu'aujourd'hui, on doit se mettre de la crème solaire dans le cou plutôt que dans le visage, tellement on a la tête penchée sur nos cellulaires, position qui vient nous priver d'une réalité... bien réelle!

Je n'idéalise pas les années 1970. Il y avait des problèmes aussi. Je ne dis pas que « tout était donc mieux! »

Je réalise simplement que la nostalgie peut ramener à notre mémoire des éléments qui sont en fait des repères perdus.

Regarder en arrière pour influencer où on s'en va, ça peut être utile aussi...

 

Clin d'œil de la semaine

C'est long, apprivoiser un nouveau millénaire!

Avant les années 2000, on situait un événement en disant simplement « c'était en ‘88 », par exemple.

24 ans après l'an 2000, on ne dit toujours pas « c'était en 23! »


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