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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Tout, sauf le désespoir collectif

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 13 février 2023

Plusieurs obstacles viennent obstruer la quiétude de nos routes personnelles et collectives.

La vie n'est pas un long fleuve tranquille.

Certains obstacles sont inconfortables, parfois incontournables. Des fois, ils sont attendus. Des fois, non. Des fois, ces obstacles engendrent une colère sourde. Parfois, la colère est très audible!

Au fond, on devient ce qu'on est en avançant sur notre route. Il y a une fatalité, là-dedans.

Quand ton coach de vie (c'est la mode, me dit-on) te conseille de changer de route, il néglige parfois de dire que toute route sera peuplée d'obstacles. Peut-être moins graves, potentiellement, que ceux de la première route, mais quand même...

L'affaire, c'est que des événements se produisent, qu'on en soit responsable ou non, et viennent modifier la douce trajectoire projetée.

Quand la maladie frappe directement ou indirectement notre vie; quand une perte d'emploi brasse les fondations de notre modèle de vie quotidienne; quand notre partenaire décide que nos routes ne seront plus communes; quand les choses ne tournent pas aussi rond que souhaité pour nos enfants, voilà, autant d'obstacles voleurs de quiétude. 

Mais quand la mort s'invite, avec toute la saloperie dont elle est parfois capable, comme un nuage opaque qui éclipse les rayons du soleil pourtant vital, bien là, tout culbute.

Cet autobus qui devient un engin destructeur, lorsque mu par un élan fou, fauchant au passage la vie et la santé de plusieurs enfants, tout s'écroule.

Dans le train-train quotidien de nos vies qui se déroule à 100 à l'heure, bang, un mur de béton se dresse devant nous, venant de nulle part. La nouvelle a été un choc pour tout le monde.

Évidemment, tout le monde n'est pas affecté également. Mais qui peut demeurer insensible? L'épicentre du choc à Laval a gagné tout le Québec, irradiant la même douleur, à des degrés bien différents.  

Une douleur immense. Celle contre laquelle même la colère ne peut rien. C'est comme ça que je reconnais une tragédie : quand j'ai le sentiment profond que la colère et la vengeance n'y pourront rien. Quand la douleur anesthésie tout ça, c'est que le cœur et l'âme sont tragiquement touchés.

La colère sert parfois à se décharger d'une dose de frustration somme toute anecdotique. Manifester sa colère contre le trafic automobile peut parfois drainer la mauvaise humeur.

Mais l'ironie morbide de ce matin-là est palpable. J'entendais une personne dire, colérique : « Un pont fermé, des détours à pus finir! Y a-tu de quoi de pire pour commencer une journée! »

Cibole, oui.... Il y a bien pire!

Au fait, c'est quoi, le pire qu'il puisse arriver?

Il y aurait autant de réponses à cette question qu'il y a de gens. Et tout le monde aurait raison. Ça dépend des perceptions et des sensibilités de chacun.

Impuissant, je regardais les choses évoluer après le drame de Laval. Je ressentais une douleur sourde. Je suis loin de l'épicentre. Je ne prétends pas comprendre ce que vivent les proches.

Prétendre comprendre ce que les proches vivent serait nul, de toute façon. Ça reviendrait à ramener à ma petite personne une peine dont je ne peux ressentir que la fin de l'onde de choc.

Comme vous, je ne comprends pas. La compréhension est quelque chose de rationnel. Ce qui s'est passé ne l'est pas.

Je regardais les élans de solidarité des gens sur place et plus loin. Je nous regardais réagir comme collectivité. Une image s'est imposée à moi. Une voiture de police qui voit son capot inondé de toutous et de fleurs. Tout à côté, deux jeunes policiers, tête baissée, affligés. Deux jeunes pères de famille? Peut-être... Deux policiers qui ont fait, à leur façon, la promesse d'être là pour protéger les autres.

Leur impuissance était palpable. La nôtre aussi.

C'est à ce moment que je me suis dit : le pire qui peut collectivement nous arriver, dans une ère où les insultes et les bombes pleuvent dans un environnement de plus en plus polarisé, c'est le désespoir.

Et pour moi, le seul remède au désespoir, c'est la solidarité.

C'est exactement ce qui s'est déployé.

Je garde espoir...

 

Clin d'œil de la semaine

C'est quand l'orage arrache tout qu'on comprend que la pluie fine d'un samedi d'été n'est pas une catastrophe...   


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