La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) a donné aujourd'hui sa conférence sur les perspectives du marché de l'habitation devant quelque 1 000 professionnels de l'industrie. Intitulée cette année « Nouvelle phase à déchiffrer », cette conférence a permis de tracer un portrait d'ensemble de la province, de dresser un bilan de santé détaillé du marché immobilier montréalais et de présenter les prévisions des experts de la SCHL pour 2010.
Sur le plan provincial
Grâce à l'amélioration de la conjoncture à l'échelle du globe et du pays, l'économie du Québec, qui traverse une phase de contraction depuis la fin de 2008, terminera l'année en voie de rétablissement. La consommation intérieure donne déjà des signes de reprise et la politique fiscale et monétaire continuera de stimuler l'économie. La SCHL s'attend donc à ce que l'expansion économique du Québec soit de l'ordre de 2,1 % en 2010. Néanmoins les firmes seront lentes à embaucher, si bien que le marché du travail de la province croîtra moins rapidement. Le taux de progression de l'emploi devrait se fixer à un peu moins de 1 % en 2010.
Selon la SCHL, les mises en chantier d'habitations seront au nombre de 43 000 dans la province en 2010. L'an prochain, le volume des reventes devrait pour sa part dépasser les 78 000 transactions. « En 2010, la reprise économique, des conditions d'emprunt toujours avantageuses et un resserrement du marché de la revente se traduiront par un rythme d'activité soutenu », note Kevin Hughes, économiste régional à la SCHL.
Montréal : stabilité sur le marché de la revente
En 2009, après un début d'année marqué par un recul important du nombre de transactions, le marché de la revente a surpris par sa vigueur à partir du deuxième trimestre. Un tel revirement de situation a été observé dans tous les grands secteurs de la RMR de Montréal. Au final, dans la RMR, le nombre de ventes en 2009 devrait boucler l'année légèrement en deçà du résultat de 2008 (-0,8 %).
Cependant, vu la reprise économique plutôt faible et le niveau d'emploi stagnant, le volume des transactions n'augmentera que faiblement l'an prochain (+1,0 %). Au total, 40 500 propriétés changeront de mains en 2010.
La légère hausse des taux hypothécaires attendue durant la deuxième moitié de 2010 contribuera à détendre le marché de la revente, qui se rapprochera de nouveau de l'état d'équilibre. Le prix moyen s'établira à 279 000 $ (+3,0 %).
Le marché du neuf
Au total, 18 300 logements seront commencés en 2009, ce qui correspond à une baisse de 16,5 % comparativement à 2008. Le nombre de mises en chantier devrait diminuer légèrement pour atteindre 18 100 (-1,1 %) en 2010. « Alors que le total annuel des mises en chantier a dépassé les 20 000 unités durant les sept dernières années, répondant ainsi à une demande latente non exprimée à la fin des années 1990, la cadence prévue en 2010 sera plus en phase avec le rythme de formation des ménages dans la région de Montréal », a expliqué Bertrand Recher, analyste principal de marché.
En 2010, grâce à une amélioration du contexte économique, le niveau de construction augmentera de 6 % dans le segment des maisons individuelles, tandis qu'il reculera de 3,8 % dans celui des logements collectifs.
Du côté des résidences pour aînés, la construction devrait ralentir en 2010, puisque ce segment du marché fait face à un certain essoufflement de la demande, après des années d'intense activité.
Le marché locatif restera serré
Le marché locatif devrait continuer de se resserrer cet automne. Le taux d'inoccupation atteindra 2,1 % dans la RMR de Montréal, alors qu'il était de 2,4 % à l'automne 2008. La demande de logements locatifs sera soutenue par l'augmentation du nombre d'immigrants à Montréal. En 2010, malgré une immigration élevée, le taux d'inoccupation devrait remonter légèrement et atteindre 2,4 %, car la situation difficile de l'emploi chez les 15 à 24 ans aura des répercussions négatives encore plus importantes l'an prochain.
Secteurs géographiques en croissance
La population continue de migrer vers la banlieue. En effet, l'île de Montréal présente encore un solde migratoire négatif au profit de la banlieue. On observe également un déplacement de la population de la banlieue rapprochée (Laval et Longueuil) vers des secteurs plus éloignés. Bien que plusieurs facteurs influencent le choix du lieu de résidence, la recherche de logements plus abordables explique en bonne partie ce mouvement de population. C'est notamment le cas des copropriétés, qui représentent maintenant près de 6 mises en chantier sur 10 dans l'île et qui continuent de s'implanter en banlieue, sur la Rive-Sud entre autres.
Mettant à contribution plus de 60 ans d'expérience à titre d'organisme national responsable de l'habitation au Canada, la SCHL aide les Canadiens à accéder à un éventail de logements durables, abordables et de qualité. Elle offre également des données, des analyses et des rapports fiables, impartiaux et actuels sur le marché de l'habitation pour aider les consommateurs et le secteur de l'habitation à prendre des décisions importantes. Pour en savoir davantage, veuillez consulter le site www.schl.ca ou composer le 1-800-668-2642.
Source : Catherine Léger, Communications