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Notre histoire en archives : débâcle à Bromptonville


Par Chloé Ouellet-Riendeau, agente de bureau à BAnQ Sherbrooke
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Photo : Le centre villageois de Bromptonville enseveli sous la glace, mars 1948. BAnQ Sherbrooke. Photographe non identifié.
Archives nationales à Sherbrooke Par Archives nationales à Sherbrooke
archives.sherbrooke@banq.qc.ca
Jeudi le 4 mars 2021

Au XIXe siècle, la naissance ou l'essor de certains villages du Québec est attribuable à une situation géographique idéale. Des entrepreneurs établissent une industrie à un endroit où ils ont accès à une matière première et à une rivière à fort potentiel hydraulique, ce qui stimule la croissance d'agglomérations de tailles diverses. Néanmoins, cette proximité d'une rivière et le manque de contrôle sur celle-ci peuvent apporter un lot de complications, voire des catastrophes.

La région des Cantons-de-l'Est, en plus d'être choyée en rivières, regorge de forêts de conifères. À partir des années 1850, des hommes d'affaires de la région saisissent cette opportunité en devenant administrateurs ou associés de compagnies qui achètent des réserves forestières de la Couronne ou d'autres entreprises. Ainsi, ils disposent d'un approvisionnement régulier de bois pour se lancer dans le secteur de l'industrie forestière.

En 1901, à Brompton Falls, le marchand de bois E. W. Tobin acquiert le site de l'ancienne scierie Clark et de la force hydraulique de la chute de la rivière Saint-François. Il y installe une usine de pâtes et papiers, la Brompton Pulp and Paper Company, et fait ériger un barrage afin de contrôler la quantité et la régularité de l'approvisionnement hydraulique. L'année suivante, le village obtient le statut de ville, qui prend le nom de Bromptonville.

Cette ancienne ville, qui fait partie d'un arrondissement de Sherbrooke depuis 2002, est bâtie sur l'ancien lit de la rivière Saint-François. D'importantes inondations survenues avant la construction du barrage de la Brompton Pulp and Paper Company ont marqué son histoire.

Les terres deviennent très fertiles grâce aux dépôts de limon résultant de ces inondations,  mais celles-ci causent d'immenses dommages au centre du village. En réponse à ce phénomène, le maire de Bromptonville, Adélard Allard, fait construire une digue et un aqueduc à la fin des années 1920.

Le 20 mars 1948, cette installation n'arrive pas à sauver la ville, qui se trouve ensevelie sous des milliers de tonnes de glace atteignant jusqu'à 6 mètres d'épaisseur. La débâcle est causée par l'ouverture tardive des vannes du barrage de la compagnie de pâtes et papiers. Les journaux de l'époque rapportent différents chiffres concernant l'affaire : 2 morts et de 100 à 300 personnes à la rue;  entre 500 000 et 1 million de dollars de dommages; entre 20 et 40 maisons endommagées ou emportées. La gare du village et la voie ferroviaire du Canadian National sont durement touchées.

La compagnie, déjà affectée par la chute du prix du papier journal depuis 1947, est incapable de payer les dommages et ferme son usine. En 1950, la compagnie Richmond Pulp & Paper en fait l'achat. Vingt ans plus tard, elle est renommée Kruger inc.

En 1951, un mur de béton est construit le long du village pour en finir avec ce genre de catastrophes. La débâcle de 1948 est la dernière que les résidents de Bromptonville ont dû subir.

 

Sources :

KESTEMAN, Jean-Pierre, Peter SOUTHAM et Diane Saint-Pierre, Histoire des Cantons de l'Est, Sainte-Foy, Institut québécois de recherche sur la culture, 1998, 831 p.

« L'inondation emporte 20 maisons, à Bromptonville », Le Devoir, 22 mars 1948, p. 2.

« Désastre à Bromptonville »,  L'Union des Cantons de l'Est, 25 mars 1948, p. 1. 

 « L'inondation de Bromptonville, 25 ans après »,  La Tribune, 17 mars 1973, p. 18.

http://www.circuitbrompton.com/fr/fiche/maison-joseph-forest/3/fr/inondations-a-bromptonville/4

https://coeurdebrompton.com/histoire/linondation/

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