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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

La boîte de céréales

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 23 octobre 2023

Depuis la nuit de mes temps (!), le déjeuner est important.

Arrêter de jeûner. Déjeuner. Douceur matinale par excellence. Pour ce qui concerne l'estomac, à tout le moins...

Encore aujourd'hui, le repas que j'aime le mieux prendre au restaurant est le déjeuner. Ça fait partie de ma relation un peu particulière avec la nourriture. Autant je peux rester des heures à table quand une occasion spéciale se pointe, autant le reste du temps, manger est un mal nécessaire, presque.

Je le sais, c'est offensant pour plusieurs, ce que je viens d'écrire. Mais c'est de même.

Mais mon propos n'est pas là, cette semaine.

Je parlais déjeuner. D'abord, parce que j'ai en mémoire ceux que ma mère préparait. Imaginez le luxe, quand on y pense : maman nous préparait souvent des moitiés de pamplemousses dont elle taillait à l'avance les quartiers pour en faciliter la consommation. Imaginez...


Puis, les toasts. Et cette marmelade que j'ai toujours beaucoup aimée.

Bref, les matins, c'était bien!

Chez nous, il n'y avait pas vraiment de céréales sucrées. Les céréales étaient de base. Des Corn Flakes et des Rice Krispies. Qu'on sucrait au goût, cela dit!

Les boîtes de céréales opéraient sur moi une sorte de fascination. Je lisais les textes de chaque côté, presque chaque jour, comme s'il était possible que quelqu'un ait changé des trucs durant la nuit! Je regardais certaines offres commerciales qu'on y retrouvait. Des cartes de ci, des images de ça, parfois un petit jouet.

Je me souviens que je trouvais un peu injuste que mes parents s'obstinent à n'acheter que les céréales que j'appelais « de base ». Parce que dans les autres sortes, les « surprises » étaient plus affriolantes, quand même!

Je le savais parce que les publicités étaient fréquentes à la télé. C'est là que j'ai connu le Capitaine Crounche, le Frankenstein de Franken Berry, le coulis de miel des Cheerios miel et noix, l'allure chocolatée des Cocoa Puffs (qui rappelaient les crottes de lapin au premier coup d'œil, il faut bien le dire!). Sans compter les Mini Wheats et leur côté givré, ainsi que les ludiques Froot Loops (qui ne comptaient pas pour une portion de fruits, cela dit!)

Je repensais à ces annonces l'autre jour, me disant au passage que les choses avaient bien changé. La télé n'est plus un repère pour les publicités de céréales. Le marketing se fait autrement, il faut croire. La concentration des grandes chaînes d'alimentation fait en sorte, j'imagine, qu'une part très grande des investissements publicitaires vont maintenant à « l'achat » de pieds linéaires sur les meilleures tablettes des mégaépiceries.

Mais bon, tout change, non?

Injustice de ma jeunesse

Honnêtement, quand je voyais mes amis consommer des céréales sucrées, je trouvais que ma vie avait quelque chose d'un brin injuste. Pourquoi n'avais-je pas droit à toutes ces gâteries que contenaient ces boîtes, après tout? Et n'était-ce pas simplement une injustice de voir mes amis manger quelque chose qui ne m'était pas accessible à moi?

Injustice, je disais.

Injustice refoulée, quand même! S'il avait fallu, à la maison de mon enfance, que je parle d'injustice dans la décision de mes parents de ne pas acheter de ces céréales qui me faisaient tant envie, mon père eut tôt fait de chanter (tout en faussant royalement) le refrain suivant : « C'est l'enfant de la misère, qui est passé près de nous! » 

Pour moi, c'était une insulte aussi royale que son « faussage »!

Aujourd'hui, la notion de justice s'est quand même précisée dans ma tête, je vous rassure.

D'abord, je me dis que pareilles céréales, si elles avaient besoin d'autant de marketing, ne devaient pas tomber sous le sens pour quiconque voulait quand même bien se nourrir.

Puis, une injustice bien plus puissante m'a frappé de plein fouet en regardant récemment le bulletin de nouvelles à la télé : les banques alimentaires de Sherbrooke sont épuisées. Dans le reportage, derrière, une boîte de Cheerios au miel et noix.

Un bonheur, les Cheerios miel et noix, pour moi, dans le temps (et encore maintenant, avoué-je).

Mais voilà que c'est comme si le message sur les boîtes de céréales, subitement, disait ceci : le contenu de cette boîte n'est pas accessible à une part de plus en plus grande de la population.  

J'ai grandi avec cette idée que les véritables besoins alimentaires arrivaient au temps des Fêtes. Et on les comblait. Et on se souhaitait une bonne année.

Là, c'est tout le temps.

J'avais même été surpris de constater la construction du bâtiment de la Fondation Rock-Guertin sur la rue Roy : pourquoi un vaste bâtiment permanent pour un besoin ponctuel, que je me disais avec une naïveté qui me surprend maintenant?

L'injustice est là. Tout près. Palpable.

Elle n'est pas dans le choix des céréales le matin. Elle est dans le fait de pouvoir déjeuner le matin. Et dîner. Et souper.

Est-ce qu'on peut se targuer d'être une société évoluée si de plus en plus de nos concitoyens n'arrivent pas à se loger et se nourrir convenablement?

La boîte de céréales me parle toujours. Mais autrement...

 

Clin d'œil

Une banque alimentaire qui manque de bouffe, ça passe.

 Une banque monétaire qui manque un peu de profits, c'est une catastrophe.


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