L'organisme les AmiEs de la Terre de l'Estrie souhaite que de plus en plus de jardins urbains s'implantent à travers la ville de Sherbrooke. Dès le 15 mars, une série d'ateliers et de formations sera offerte aux citoyens avec l'objectif de semer l'idée que la culture urbaine, ce n'est pas si compliqué que ça.
« Il y a plusieurs façons de faire ce type d'agriculture », souligne le diplômé en études environnementales et stagiaire aux AmiEs de la Terre, Jean Doyon. Par des jardins sur les toits, l'aquaculture, les fermes urbaines, le recyclage de l'eau de pluie et le compostage, entre autres. Pendant l'été, un deuxième stagiaire s'ajoutera à l'équipe, qui sera entièrement dévouée à familiariser les gens de la région à tous ces nouveaux concepts. « Il faut se préparer à une autonomie alimentaire avant qu'il ne soit trop tard », avertit le président de l'organisme, André Nault, qui cible le pétrole comme responsable de la crise financière actuelle.
Présentement, la ville de Sherbrooke compte une vingtaine de jardins urbains et deux jardins communautaires. Les AmiEs de la Terre ont d'ailleurs présenté au conseil municipal une demande officielle afin de transformer une parcelle de terrain en face de l'hôtel de ville en paysage comestible. « Il faut comprendre qu'il y a une valeur décorative à ce projet. Il faut que la ville serve de modèle », avance M. Nault.
Pour le président des AmiEs de la Terre, le momentum est là, et Sherbrooke doit saisir l'occasion pour agir. « Seattle a nommé 2010 l'année de l'agriculture urbaine et il y a des pétitions qui circulent à New York pour transformer le devant de l'hôtel de ville en jardin urbain », énumère M. Nault. L'idée a aussi commencé à germer de l'autre côté de la frontière, avec le jardin biologique que Michelle Obama a aménagé à la Maison-Blanche.
Présente à la conférence presse afin de soutenir l'initiative des AmiEs de la Terre, la conseillère de Beckett, Nathalie Goguen, peut témoigner de l'intérêt soulevé par l'agriculture urbaine. « J'ai moi-même des bleuets, des framboises en face de chez moi et les gens faisaient des détours pour venir me poser des questions sur mon aménagement », a-t-elle raconté. De plus, Mme Goguen a souligné tout le volet éducatif d'un tel projet. « Ça a une fonction pour les familles en ce qui concerne l'éducation des enfants. Ça leur apprend l'attente, la patience, la gratitude. »
Le premier atelier aura lieu le 15 mars prochain, à 19 h, aux AmiEs de la Terre sur la rue King Ouest. Pour ceux qui désirent plus d'informations sur le sujet, un guide sur l'agriculture urbaine est toujours disponible sur le portail des AmiEs de la Terre de l'Estrie (http://www.portail.atestrie.com/).
Photo : Le président des AmiEs de la Terre, André Nault, et le stagiaire Jean Doyons, sur des bacs de recyclage qui verront pousser des fèves, tomates et courges pendant l'été.