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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

La fête des maires

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Photo : Pexels.com
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 12 mai 2025

Pour un texte écrit le matin de la fête des Mères que je salue et remercie au passage, le jeu de mots est facile.

C'est tout le reste qui ne l'est pas !

L'année 2025 ne se terminera pas sans que, partout au Québec, les citoyens n'aient été appelés à voter pour élire leur conseil municipal respectif.

Un peu partout, les candidatures s'annoncent. Celles et ceux qui ne souhaitent pas solliciter un renouvellement de leur mandat s'expriment, laissant ainsi un outil de mesure plus intéressant pour nourrir la réflexion de celles et ceux qui songent à solliciter un poste.

Pour vous dire franchement, je suis agréablement surpris du nombre des personnes qui déclarent leur intérêt à occuper un poste au sein de nos conseils municipaux.

Pour dire tout aussi franchement, j'ai été de celles et ceux qui ont cru, pendant un temps, que la motivation la plus profonde pour justifier pareil engagement était une bonne dose de désir d'être vu, d'être reconnu.

Il y en a sûrement un certain nombre pour qui c'est vrai. Mais je ne crois plus que ce soit la principale motivation pour la grande majorité d'entre elles et eux. Je crois qu'il y a une très bonne dose de volonté d'engagement derrière la plupart des candidatures. Cette volonté est souvent exprimée sous la phrase typique : « Je veux servir mes concitoyens ».

Cette phrase-là me titille pas mal. Pas sur le fond, mais sur la forme.

C'est une expression qui demande à être prise au sens figuré. Dans une époque motivée par le pied de la lettre, voilà que le sens figuré disparaît subitement et que, au nom du fait qu'on « paie assez cher de taxes », on en vient à croire qu'on a droit à un commissionnaire qui satisfera nos désirs. 

Servir le citoyen, c'est agir au niveau collectif. Pas au niveau strictement personnel.

Les dérapages

Il y a toujours eu des propos disgracieux prononcés ici et là contre les élus. Une sorte de soupape relativement bénigne. Il y a toujours eu des grandes gueules qui surestimaient largement leur pouvoir d'influence sur leur entourage public ou privé.

Deux choses ont changé. D'abord, le porte-voix des médias sociaux qui parlent bien trop fort. Puis, il y a ce comportement grossier et irrespectueux qui fait dire et écrire toutes sortes d'insultes à gauche et à droite. On peut bien se répéter que ce ne sont que de bas propos de gens qui ne méritent pas d'attention, voilà que ça use quand même.

De l'autre côté de la médaille, il y a le citoyen. Un citoyen de plus en plus polarisé dans sa situation économique. Soit il est assez riche pour se sentir invincible et décrier tout ce qui nuit à l'accumulation de son argent ou qui entrave son petit quotidien personnel, soit il est trop près de la précarité économique pour ne pas exprimer une anxiété presque continuelle. Entre les deux clans, il y a de moins en moins de monde.

Ce sont tous ces gens-là qui nourriront de leurs attentes le déroulement de la prochaine campagne électorale.

Comme le gouvernement municipal est celui qui est le plus proche des citoyens, c'est aussi le palier de gouvernement dans lequel les élus sont le plus accessibles. Ça n'a pas que du bon !

D'autres dérapages sont à prévoir, aussi.

Il faudrait refaire chaque rue, incluant les canalisations d'aqueduc, dans le prochain mandat. Tout cela en ne dérangeant pas le flux de circulation automobile et en diminuant les taxes. Ça, c'est pour la main gauche.

La main droite doit, en même temps et toujours au cours du prochain mandat, régler la situation de l'accès à un logement, balayer les itinérants et les rendre invisibles, s'assurer de la qualité de l'eau et de l'air, créer des parcs et des piscines, favoriser les vélos et un transport collectif aussi efficace que dans une grande ville comme Montréal, mais en n'oubliant pas que la priorité prioritaire est l'automobile et surtout, sans provoquer de contraintes à nos façons de faire actuelles.

Il faut que tout change sans que le citoyen, lui, n'ait à changer quoi que ce soit.

C'est un constat sévère, mais, quand on y pense, qui nous touche pas mal toutes et tous.

Je ne m'exclus pas de la réflexion ni ne viens faire la morale.

Je constate simplement et je propose une réflexion que vous avez évidemment le droit d'accepter ou de rejeter...

Clin d'œil de la semaine

Il faudrait élire une personne forte. Une sorte de bouc. Un bouc qui servira d'émissaire ensuite !

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