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Découplage du PIB/GES : défi réalisable ou illusion ?

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Yves Nantel Par Yves Nantel
Vendredi 3 mars 2023

À chaque année, on mesure le progrès des pays par le taux de croissance de l'économie. Et comment mesure-t-on ce taux de croissance ? En additionnant la valeur, en dollars, de la production des biens et services que l'on désigne sous le nom de Produit intérieur brut (PIB). On dira par exemple : le PIB du Canada a augmenté de 4,6 % en 2021, après une baisse de 5,2 % provoquée par la pandémie en 2020

Pour produire des biens et des services, nous avons besoin d'énergie et cette énergie nous vient principalement des énergies fossiles. Nous avons besoin d'énergie pour extraire les matières premières, pour fabriquer des produits finis, pour les commercialiser et pour les rendre accessibles. L'énergie est aussi nécessaire pour nous chauffer et nous éclairer, pour cuisiner, pour nous transporter.  La combustion de ces énergies émet des gaz dont le gaz carbonique (CO2) avec 80 % du total, qui, avec le méthane 14 % et le protoxyde d'azote 4,9 % provoquent l'effet de serre que nous connaissons. 

Dans le graphique ci-bas emprunté à l'économiste François Delorme, chroniqueur de la revue un.point cinq, on remarque, qu'au Canada, la courbe des GES suit assez fidèlement celle du PIB. Le PIB et les GES forment un couple : si le PIB augmente, les GES augmente et inversement. Si l'on veut contenir le réchauffement de la planète, il faut réduire les GES de façon beaucoup plus importante que le taux de croissance de l'économie (PIB), il faut casser l'harmonie de ce couple, on dit alors qu'il faut effectuer le découplage du PIB et des GES.

 

 

Maintenir la croissance continue

 

À ce jour, tous les pays qu'ils soient de type capitaliste ou socialiste, développés ou sous-développés, s'évaluent à l'aune de leur croissance économique. 

Les grands organismes internationaux, suivis des pays industrialisés réunis au sein de l'ONU, soutiennent qu'il est possible de maintenir la croissance de l'activité économique (PIB) tout en réduisant les émissions de GES et de contraindre le réchauffement du climat à 1,5°C. Ils s'engagent à relever le défi en décarbonant l'économie par la transition vers les énergies renouvelables, secondé par le captage et stockage du carbone et si nécessaire par les solutions extrêmes de géoingénierie. On parle alors de développement durable, d'économie verte. Les plans du Canada (Un environnement sain et une économie saine) et du Québec (Plan pour une économie verte) sont de cette orientation. 

Mais à ce jour, au Canada, les plans de la décennie 2010-2020 n'ont pas réussi à découpler le PIB des GES. Au mieux, les mesures appliquées n'ont réussi qu'à contenir les émissions qui auraient été émises s'il n'y avait pas eu de mesures. On n'a pas assisté à un réel découplage à savoir une baisse marquée des émissions. 

Au niveau international, de 1990 à 2019, seule l'Allemagne a réussi un découplage important, suivie dans une moindre mesure par la France et quelques autres pays. Pour l'année la plus récente dont nous avons des données, soit 2021, nous avons vu au contraire un couplage parfait entre la progression du PIB et les émissions de CO2 : alors que le PIB augmentait de 5,9 %, les GES suivaient avec 6 % d'augmentation. 

La grande question 

Le concept de la croissance continue est-il compatible avec une réduction suffisante des émissions de GES permettant d'inverser le réchauffement du climat ? 

Il faut bien comprendre ici que la croissance c'est l'empilement des taux de croissance à chaque mois, à chaque année. Après deux mois de recul, on s'agite; on parle de récession et toutes les mesures économiques sont mises en place pour retourner à la croissance. La croissance signifie donc une plus grande exploitation des ressources, des procédés de production davantage sollicités, une plus grande consommation de biens et services et, leur corollaire, l'augmentation ou au mieux la stagnation des émissions de GES. 

Devant les insuccès des plans antérieurs et devant les catastrophes de plus en plus dévastatrices de plus en plus d'experts, des organisations, affirment que la poursuite de la croissance à tout prix est une illusion. Notre planète a des ressources limitées qu'il faut respectées et que, malgré les prétentions de l'« économie verte », nous devons considérer la remise en cause de la croissance pour réellement la découpler des GES. Dans un de ses rapports, l'automne dernier, le GIEC évoquait pour la première fois cette éventualité. 

Les appels à la sobriété énergétique et les mises en garde contre les effets de rebond vont en ce sens. Ceux à la préfiguration d'une société différente mais plus heureuse se font de plus en plus pressants. 

L'important aujourd'hui est que tous s'attellent à la tâche de la réduction des émissions de GES, c'est indiscutable. Mais, à ce jour, nous n'y sommes pas arrivés. Il nous faut urgemment fixer une date de révision de la stratégie misant sur la croissance à tout prix - un plan B - afin d'éviter qu'on s'appuie sur une illusion et qu'on se retrouve au point de non-retour de l'irréparable.

 

Yves Nantel

Mars 2023



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