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  ARTS & CULTURE / Cinéma

Maïna ou quand le cinéma québécois s’inspire de sa propre littérature

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Alexandre Hurtubise Par Alexandre Hurtubise
Jeudi 20 février 2014

Docteure en littérature jeunesse, écrivaine, et conférencière, Dominique Demers est bien connue pour ses livres jeunesse qui lui ont valu de nombreux prix. Ses premiers romans destinés aux adultes, les best-sellers Le Pari et Marie-Tempête, lui ont permis de conquérir des milliers de lecteurs. Avec Maïna, l'écrivaine signait, en 1997, un livre fort et dense, une grande histoire d'amour dans un environnement majestueux : « Grâce à Maïna, j'ai vécu deux ans dans la préhistoire sur la trace des loups et des caribous à lutter contre la faim et le froid. J'y ai connu l'horreur et l'enchantement et j'y ai rencontré l'homme de ma vie : Natak. »

Le réalisateur Michel Poulette, quant à lui, a travaillé pour les grands réseaux de télévision québécois et canadiens. Au cinéma, il démarre en 1994 avec LOUIS 19, LE ROI DES ONDES, puis avec LA CONCIERGERIE (1997). Artiste aux multiples passions, le cinéaste explique son choix d'adapter ce roman bien singulier au grand écran : « J'avais été approché pour réaliser une minisérie tirée du roman de Dominique Demers, puis c'est tombé à l'eau. Deux ans plus tard, j'en étais à me demander quels projets inaboutis j'aurais aimé réaliser, et Maïna s'est imposé dans mon esprit, se souvient Michel Poulette. J'ai pris une chance et j'ai contacté Dominique pour voir si je pouvais acheter les droits d'adaptation. »

C'est donc grâce à ce concours de circonstances que le public pourra visionner pour la première fois le vendredi 21 mars prochain sa réalisation de MAÏNA, d'après l'œuvre de madame Demers.

Une œuvre à la mode

Il y a un an, Michel Poulette a affirmé à La Presse que le thème central de son oeuvre est la connaissance (ou méconnaissance) de l'autre : «Récemment, nous avons vu des films tels que INCENDIES, INCH'ALLAH et REBELLE qui nous ont amenés vers d'autres peuples et cultures, dit-il. (...) Nous avons chez nous deux peuples que nous connaissons à peine. Je trouvais intéressant d'en parler.» Dans la foulée du mouvement Idle No More et des points de vue divergents exprimés par les différents chefs des Premières Nations, la prémisse colle résolument à l'air du temps.

Pour cette première coproduction entre Innus, Inuits et Blancs, M. Poulette a d'emblée défendu l'idée que les personnages devaient s'exprimer en innu pour les uns et en inuktitut pour les autres. Afin de minimiser le recours aux sous-titres, les dialogues furent réduits au minimum. Un silence, un regard, ça parle aussi. « Pour le reste, la narration de l'héroïne passe de l'innu au français ou à l'anglais, selon la version du film présentée. (...) Je tenais à ce qu'on entende les deux langues parlées par ces deux peuples qui ne se comprennent pas. » En se familiarisant avec la culture de cet « autre » dont on se méfie d'instinct, Maïna semble agir comme un trait d'union.

Récompensé avant même sa sortie en salle!

MAÏNA a remporté, en novembre dernier, trois prix au 38ème American Indian Film Festival, événement se tenant à San Francisco. Le film a en effet été récompensé par les prix de la Meilleure actrice (accordé à la jeune Roseanne Supernault), celui de la Meilleure actrice de soutien (pour Tantoo Cardinal) et celui du Meilleur Film. Le long métrage compte aussi six nominations en vue des prix Écrans canadiens, et ce, avant même d'avoir pris l'affiche au pays.

Récit initiatique et histoire d'amour sur fond de grande aventure, MAÏNA aura nécessité 37 jours de tournage et un budget de 8 millions de dollars. MAÏNA met en vedette Roseanne Supernault, Tantoo Cardinal, Ipellie Ootoova et plusieurs autres acteurs tels que Graham Greene et Natar Ungalaaq (CE QU'IL FAUT POUR VIVRE).

Synopsis

À la suite d'une confrontation sanglante entre son clan et celui des « hommes du pays des glaces », Maïna, fille du grand chef innu Mishtenapuu, se retrouve malgré elle investie d'une mission qui va changer sa vie. Pour respecter une promesse faite à son amie Matsii sur son lit de mort, la voici sur la piste de ses ennemis pour délivrer Nipki, le fils de cette dernière, un garçon de 11 ans que les Inuits ont capturé. Faite prisonnière à son tour par Natak, le leader du clan inuit, elle sera amenée contre son gré jusqu'au désert de glace, où elle sera confrontée à des mœurs très différentes des siennes.

 

 


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