Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Les ponts qu’on détruit volontairement

 Imprimer   Envoyer 
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 29 juin 2026

Chaque humain a ses sensibilités. Chaque humain est touché, de manière parfois imprévisible par ce qu'il touche, voit, entend ou sent.

C'est exactement ce qui arrive avec l'art. Un wow qui s'exprime instantanément devant un dessin, une peinture, un bout de texte, c'est de la beauté qui s'imprime en soi qui s'exprime par ces trois petites lettres : wow.

Après le wow, vient souvent l'erreur. Celle de tenter d'expliquer pourquoi on est touché par quelque chose.

Je dis erreur, parce la tendance est souvent de mettre bien trop de mots à la suite des uns et des autres pour tenter d'exprimer ce qui s'est passé en soi. Une longue série de mots qui, même si savamment alignés, n'arriveront juste pas à rivaliser d'intensité avec le wow.

Cette semaine, je suis tombé, au gré d'un hasard guidé par un algorithme (ce qui subitement détruit la notion de hasard, d'ailleurs!) sur une vidéo de Jacob Collier, un musicien génial né en Angleterre. J'ai écouté plusieurs de ses entrevues. Le mot pont revient souvent. Pont dans le sens de relation entre les choses, entre les humains.

Il est passionné par les harmonies crées par l'ajout de certaines notes dans des accords, par le mélange des voix qui chantent des notes différentes, mais deviennent un air puissant quand elles sont réunies par des ponts. Collier aime jouer avec la foule et les faire chanter des notes en séparant la salle. Il joue ensuite au chef d'orchestre et devient un semeur de ponts entre les gens, créant des effets d'une grande puissance!

Les ponts et les destructeurs de ponts

J'entendais Collier parler des ponts qu'il crée et je me disais qu'il nage à contre-courant de notre ère, globalement.

De fait, et presque par définition, les influenceurs qui inondent littéralement le paysage média-social sont des destructeurs de ponts. Pas toutes. Pas tous. Je sais. Mais une très grande majorité.

Quand on essaie d'imposer un point de vue, une manière de penser, bien on détruit des ponts. On se crée une sorte de fratrie toute virtuelle, mais elle devient vite exclusive. N'entre pas qui veut. Et qui veut doit embrasser notre point de vue.

Tout, dans le modèle de société polarisée, tend à diviser en clans.

Jacob Collier ne peut être partout pour faire bien résonner des voix aux notes différentes! Et faire raisonner des gens tout court...

Tout ça me passe par la tête, en cette dominicale matinée qui donne lieu à l'écriture hebdomadaire de cette chronique.

Je lisais le compte-rendu du triomphe d'Angine de poitrine, ce duo qui bouleverse les foules, semant, une sorte de plaisir organique sur son passage. Le plaisir était à son comble au festival de Jazz de Montréal en cette fin juin.

Je me réjouissais de ce succès quand j'ai vu commencer à poindre des commentaires poches, haineux et totalement irrespectueux apparaître sur les médias sociaux.

À n'y rien comprendre...

Ce qui me surprend, ce n'est pas que quelqu'un affirme détester Angine de poitrine. C'est juste normal.

Ce que je n'accepte pas plus que je ne le comprends, c'est qu'on se sente l'obligation de le crier sur tous les toits et de traiter celles et ceux qui ont du fun de ci et de ça. Comme pour briser définitivement des ponts.

Je ne comprends pas qu'on s'évertue à semer de la haine autour d'une proposition musicale et théâtrale qui ne souhaite que créer des ponts et semer du plaisir. Et qui, si elle ne plaît, nécessite seulement qu'on regarde et écoute autre chose!

Quand on fait des statuts du genre, on brise des ponts entre les gens parce qu'on les isole des autres. On devient plus facilement manipulables ainsi, d'ailleurs. L'isolation et la manipulation sont les armes de prédilection de bien des influenceurs! 

Puis, tout ce temps investi à détruire des ponts en s'attaquant à ce que l'on n'aime pas, c'est du temps qu'on soustrait à des découvertes qui pourraient ouvrir le cœur et l'esprit.

Je l'ai déjà dit ici, mais je persiste et signe : l'ouverture de l'esprit ne nécessite pas du tout une fracture du crâne pour se produire. Pas plus qu'on devrait attendre une angine de poitrine pour s'oxygéner le cœur...

Clin d'œil de la semaine

Réflexion : mes mains sont semblables, mais chacune a ses forces et ses limites. Au final, elles font des choses différentes. Mais c'est l'union de la droite et de la gauche qui me fait accomplir le plus de choses!


  A LIRE AUSSI ...

Le temps des choix

Lundi 15 juin 2026
Le temps des choix
Urgence : développer son radar à menteries

Lundi 22 juin 2026
Urgence : développer son radar à menteries
Humeurs un peu éparpillées

Lundi 1 juin 2026
Humeurs un peu éparpillées
NOS RECOMMANDATIONS
Grave accident de travail à l’école Larocque de Sherbrooke

Vendredi 26 juin 2026
Grave accident de travail à l’école Larocque de Sherbrooke
Moisson Estrie : 2000 collations dans les camps de jour cet été

Lundi 22 juin 2026
Moisson Estrie : 2000 collations dans les camps de jour cet été
Accès fermés à la rivière Magog en raison de la hausse du débit à Sherbrooke

Mardi 23 juin 2026
Accès fermés à la rivière Magog en raison de la hausse du débit à Sherbrooke
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet
Lundi, 29 juin 2026
Les ponts qu’on détruit volontairement

FTMS 2026 : la programmation dévoilée Par Martin Bossé Jeudi, 25 juin 2026
FTMS 2026 : la programmation dévoilée
Sherbrooke : des aides financières pour Chocolat Lamontagne et Café William Par Martin Bossé Vendredi, 26 juin 2026
Sherbrooke : des aides financières pour Chocolat Lamontagne et Café William
MRC du Val-Saint-François : un deuxième sondage pour son Plan climat Par Martin Bossé Jeudi, 25 juin 2026
MRC du Val-Saint-François : un deuxième sondage pour son Plan climat
Otazu Rosé Tempranillo Navarra 2025 : l’élégance du rosé espagnol Par Chat GPT, Le sommelier du journal Estrieplus Vendredi, 26 juin 2026
Otazu Rosé Tempranillo Navarra 2025 : l’élégance du rosé espagnol
Grave accident de travail à l’école Larocque de Sherbrooke Par Martin Bossé Vendredi, 26 juin 2026
Grave accident de travail à l’école Larocque de Sherbrooke
Opération 1er juillet 2026 : Sherbrooke veut éviter tout ménage sans logement Par Martin Bossé Mardi, 23 juin 2026
Opération 1er juillet 2026 : Sherbrooke veut éviter tout ménage sans logement
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous