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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Élections : choisir. Ouin, choisir!


L’élection devient une course dans laquelle les participants sont évalués en fonction de leur performance orale. Pas vraiment en fonction de ce qu’ils proposent.
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Photo : crédit photo: Pixabay
François Fouquet Par François Fouquet
Mardi 15 octobre 2019

Encore une semaine. Une semaine pour se faire une idée. Ou une semaine à attendre si l'idée est faite.

Pas simple de choisir un gouvernement dans un pays immense comme le Canada. En plus d'être très vaste, il est, somme toute, peu peuplé. Et, visiblement, le profil du Canadien de l'Ouest ne ressemble pas à celui du Canadien des Maritimes. On peut ajouter une couche de complexité en disant que, de toute façon, c'est le Québec et l'Ontario qui tranchera, densité de population oblige.

J'aime beaucoup la logique cartésienne de Louis T. Vous savez, l'humoriste-chercheur? Celui qui prend une idée ou un concept et le passe dans le tordeur de la rationalité?

Hey, bien, Louis T. disait ceci , cette semaine, sur Facebook :
L' Alberta déteste Trudeau parce qu'il est anti-pétrole.
Le Québec déteste Trudeau parce qu'il est propétrole.

Voilà qui illustre bien notre situation.

Nous sommes comme treize enfants (10 provinces et 3 territoires fédéraux) qui ont à se choisir un papa pour les prochaines années (ou une maman, mais là, c'est peu probable).

Imaginez la scène : le papa nouveau proposera que la famille parte ensemble en voyage. Un voyage de 4 ans. Certains veulent y aller, d'autres non. D'autres vont dire qu'ils veulent être compensés en argent sonnant parce qu'ils n'y vont pas' D'autres, encore, diront qu'ils n'ont pas à se faire dire par papa ce qu'on doit faire.

Et il faut s'entendre...

Ce qui n'est pas surprenant

Ce qui ne surprend pas, c'est que les chefs des partis disent des choses différentes en français et en anglais et qu'ils disent aussi des choses différentes selon qu'ils sont dans une province ou une autre. C'est de même! Ils disent ce que les gens veulent entendre.

Les principaux aspirants au pouvoir se limitent au politiquement correct. À la phrase un peu creuse. L'idée n'est pas de promouvoir quelque chose. L'idée est de ne pas faire de gaffe.

Ce qui est surprenant

Deux choses me surprennent encore (faudra bien que je m'y fasse un jour!) : d'abord, le nombre de candidats qui ne mesurent pas la portée de leur comportement sur les médias sociaux et qui se surprennent quand on ressort un statut Facebook ou Tweeter. Les médias sociaux, pour moi, c'est comme quelqu'un qui s'adresserait à une foule pour lancer un message ou une petite blague : on ne sait pas qui l'entendra et ce qu'il en fera. Une petite gêne est de mise.
L'autre affaire, c'est le nombre de sondages qui se chevauchent, prédisent, décortiquent et proposent des données presque quotidiennement. Le temps qu'on met à analyser tous ces chiffres nous amène sur un autre terrain que celui de la prise de décision. L'élection devient une course dans laquelle les participants sont évalués en fonction de leur performance orale. Pas vraiment en fonction de ce qu'ils proposent.

Ce qui est déprimant

Ce qui me déprime plus que tout, c'est l'américanisation de nos campagnes électorales. Des équipes fouillent jusqu'à la prématernelle des candidats, trouvent des choses qu'ils souhaitent monter en scandale, démolissent l'adversaire par les tous les moyens imaginables.

C'est aussi là qu'on voit que la machine est bien différente des candidats. Dans les faits, je ne me leurre plus : si vous êtes un aspirant sérieux au pouvoir, la machine va vous dire quoi dire et quoi faire. Même ce qui est sale et salaud. C'est drôle, parce qu'à la fin de leur carrière, les politiciens finissent par parler de l'esprit de collégialité qui règne sur le plancher à Ottawa, entre les partis. « Nos idées divergent, mais nous nous respectons! » Ce serait le fun que ça paraisse en campagne électorale!

Alors, lundi prochain, on fait quoi?

On va voter, bien sûr! Malgré tous les constats, nos voix comptent! On va faire la boussole électorale, surtout! Même si on croit qu'on sait pour qui on votera. Répondre à des questions simples peut confirmer ou infirmer bien des pensées!
Lien pour la boussole : https://boussole.radio-canada.ca/canada/

1 218 000 personnes l'avaient fait avant moi!

Bon vote!

Clin d'œil de la semaine
Quand on vote, on agit pour quelque chose. Ça change de juste chiâler contre une chose!


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