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La défense collective des droits contre l'austérité

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Photo : Plusieurs centaines de personnes, issues du milieu communautaire, ont pris part à une marche contre l'austérié le 3 novembre.
Elizabeth Nadeau Par Elizabeth Nadeau
enadeau@estrieplus.com
Mercredi 4 novembre 2015

Le 3 novembre, ils étaient encore plusieurs centaines du milieu communautaire à marcher contre l'austérité à Sherbrooke. S'étaient joints à eux les organismes en défense collective des droits, qui militent pour la défense des droits de tous les citoyens.

Les organismes en défense collective des droits défendent les droits des citoyens dans plusieurs domaines : le logement, la CSST, le droit des femmes, le chômage, l'aide sociale, etc.

« On les défend de façon collective, c'est-à-dire que lorsqu'on chercher à gagner quelque chose, c'est qu'on veut un changement à une loi. On essaie d'améliorer la protection des citoyens, pour tous, contrairement à une défense devant une cour où le seul gagnant sera la personne impliquée dans la démarche. Les autres aux prises avec le même problème, eux, ne gagnent rien », explique le coordonnateur de la Table ronde des OVEP (organismes volontaires d'éducation populaire) de l'Estrie (TROVEPE), Alexandre Lavallée.

Les organismes en défense des droits font dans la mobilisation et les actions politiques pour mettre en lumière les failles du système.

« Le gouvernement nous finance pour en faire. Il nous dit de faire de la représentation politique parce qu'il veut savoir qu'est-ce qui ne fonctionne pas dans le système », affirme M. Lavallée.

Leur mission n'est cependant pas de prendre en charge ce qui tombe entre deux chaises. Un organisme qui fait dans la défense des accidentés du travail s'occupera de personnes qui ont été blessées dans le cadre de leur travail.

« Actuellement, la CSST peut rendre une décision favorable dans le dossier d'un accidenté. Cependant, un comité interne de la CSST va contester cette décision et la personne ne recevra rien tant que la contestation n'est pas réglée, souligne Alexandre Lavallée. Attendre huit mois avant d'avoir un chèque, c'est long. La seule façon de survivre, c'est d'avoir une avance de l'aide sociale. L'accidenté n'y est pas admissible, mais quand le dossier sera réglé, il remboursera. Même chose pour le logement, l'aide sociale, le chômage, le soutien à domicile. Il y a des aberrations partout. »

Autre exemple : sous le stress, une petite dame dit oui lorsqu'on lui propose une chambre privée pour son mari qu'on vient d'hospitaliser d'urgence. Elle ressort de l'hôpital avec une facture de 3000 $. L'objectif de l'organisme sera de faire annuler la facture. Parfois ça fonctionne, parfois, non.

« Globalement, le but, c'est qu'une situation comme celle-là ne se reproduise pas parce qu'on aura réussi à faire changer la loi, explique M. Lavallée. Nous avons un budget moyen de 45 000 $ par organisme. Ce sont nos membres qui prennent possession des dossiers et qui les travaillent. Aucun professionnel ne travaille pour nous. »

Les droits des personnes gais, lesbiennes et transgenres, l'équité salariale, les modifications à la loi sur la protection du consommateur concernant les voyages et les assurances font partie des réalisations collectives qui ont impliqué, à un moment ou à un autre, les organismes en défense des droits.

En marge de la manifestation du 2 novembre au Partage Saint-François, M. Lavallée s'est montré particulièrement critique des gouvernements, toutes couleurs confondues.

« Ça fait 20 ans que le gouvernement choisi de faire des coupures en disant que ça n'aurait pas d'impacts. C'est impossible qu'il n'y en ait pas. En ce moment, les réformes s'attaquent aux droits des citoyens au lieu de les soutenir. Le Québec est assez riche pour que chaque personne mange trois fois par jour, mais ce n'est pas le choix qu'ils ont fait. »


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