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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Accessible comme un souffleur à feuilles

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François Fouquet Par François Fouquet
Mardi 25 octobre 2022

La lumière d'octobre a quelque chose de pur et de presque magique. Quand le ciel se dévoile de tout nuage, voilà que se dessine une œuvre artistique qui ne demande qu'à être contemplée : le déploiement du rouge, de l'orange et du jaune des feuilles qui s'accrochent encore aux branches, le tout sur un fond bleu immaculé, puissant et lumineux. Quand on baisse les yeux, le ravissement est total. Les feuilles tombées composent un savant mélange de couleurs et d'odeurs qui me rendent heureux. Tout simplement.

Pour cette raison, j'imagine, j'aime beaucoup l'automne.

Mais je dois admettre que je suis un fan des quatre saisons, alors...

Des fois, je me dis que pareille beauté devrait nous inspirer un sentiment qu'on a oublié depuis l'ère industrielle : l'humilité.

Humilité au sens de l'appréciation de ce grand ballet de la vie qui se déroule devant nous quand les cycles se succèdent sous nos yeux. Les technologies évoluent, mais n'arrivent jamais à la cheville de ce que la nature propose. On en arrive maintenant à documenter une compréhension assez fine de la nature. Allez savoir si ceci explique cela, mais toujours est-il que plus on en sait et plus on agit en maîtres à bord.  Comme si nous pouvions reproduire ce cycle dans ses moindres détails. Dit autrement, on bafoue les équilibres en place, convaincus que nous saurons tout réparer, tout régénérer.

L'humilité n'est pas notre caractéristique principale. Vraiment pas.

Jusqu'à ces derniers mois, j'avais l'impression qu'il y avait une adhésion très forte autour du concept de l'effort que chacun peut faire pour favoriser le respect de son environnement. Que même si on sait que des gestes politiques majeurs devront être posés, on se sentait quand même impliqués dans la solution.

Pourtant, un discours ambiant prend de l'ampleur. Basé sur le constat que notre geste n'a pas de conséquence statistique positive dans la globalité du problème, voilà qu'on se met à affirmer de plus en plus que, finalement, les petits gestes individuels sont inutiles.

Je continue à croire que si je fais ce qui est à ma portée, je ferai une différence. Pas statistique, j'en conviens, mais une différence dans mon rapport avec l'environnement au sens large. Et cette différence est susceptible de créer un petit courant autour de moi.

Je m'inscris contre ce discours ambiant qui ne manque pas de rappeler que l'économie doit et devra primer sur tous le reste.

En marchant dans les rues de on quartier, j'ai été surpris et perturbé par le nombre de souffleurs à feuilles propulsés à l'essence qui font un tintamarre franchement désagréable en plus d'embaumer l'air ambiant de cette douce odeur du moteur à 2 temps.

Il me semble qu'il y a là quelque chose de symptomatique de notre façon de voir et de faire. Comment la corvée de ramasser des feuilles a-t-elle pu prendre une ampleur telle qu'elle mérite l'achat d'un bidule du genre?

Vous me direz que je suis de mauvaise foi, mais j'y vois une culture du « besoin qu'on se crée » qui est nettement exagérée.

 Un râteau, des sacs de papier, quelques heures de plein air et hop, le tour est joué. On parle quand même de lots résidentiels!

Mais visiblement, le ramassage des feuilles mortes est devenu quelque chose qui demande une énergie outrageusement exagérée et qui résulte en un nouveau besoin essentiel. C'est navrant.

Si on ne reconnaît pas la pertinence des petits gestes accessibles, je me dis que quand on aura à s'impliquer pour vrai, ça va faire vraiment mal!

 

Clin d'œil de la semaine

L'environnement n'est pas dans l'ADN de la CAQ et les gestes sont timides depuis 4 ans. Et le message pour les 4 prochaines années? « Continuons »...


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