L'appel des dépanneurs visant à réduire les taxes excessives sur le tabac, comme solution temporaire pour éliminer la contrebande, vient d'obtenir un appui de taille avec la sortie d'un rapport accablant effectué par HEC Montréal pour le compte de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA). Intitulé L'échec des politiques de taxation à combattre le tabagisme, le rapport confirme clairement que selon la plus importante étude jamais réalisée au pays pour mesurer l'effet des baisses de taxes sur le tabac, soit l'Enquête sur le tabagisme 1994-1995 de Statistique Canada, celles-ci n'ont eu aucun impact mesurable sur la consommation de tabac ou sur l'incitation à fumer et ce, même auprès des jeunes. Réalité que Santé Canada, qui a pourtant commandé cette vaste étude, n'a jamais admise, dévoilée ou endossée publiquement.
« Qu'on arrête de prétendre que la réduction des taxes excessives sur le tabac encouragerait les gens à fumer : c'est totalement faux. L'étude de Statistique Canada, commandée par Santé Canada, l'établit clairement et de manière irréfutable ,» a déclaré Michel Gadbois, vice-président exécutif de l'ACDA. Selon lui, la preuve scientifique est faite : la réduction des taxes excessives sur le tabac n'entraîne pas de hausse du tabagisme et ce, même chez les jeunes.
Le rapport dévoilé récemment a été rédigé par Jean-François Ouellet, professeur agrégé aux HEC Montréal, détenteur d'un MBA de l'Université Laval et d'un doctorat en sciences de la gestion de l'Université de Grenoble (France). Cet enseignant en analyse de bases de données et de recherche de marché dans des programmes de maîtrise (MSc), de MBA et de doctorat a passé au crible les données de l'importante étude menée auprès de 12 000 Canadiens. Il avance sans équivoque que « sur la foi des données recueillies par Statistique Canada, le hasard semble aussi bon à déterminer si un Canadien modifiera son comportement de tabagisme que la réduction d'une taxe sur le tabac. Qui plus est, l'absence de différences est constatée autant sur l'échantillon en général que chez les plus jeunes répondants. ».
À Sherbrooke
Le propriétaire de la Tabagie King de Sherbrooke, M. Pierre Audet, trouve que cette étude tombe à point. Enfin les politiciens ne pourront plus se dérober de leur responsabilité en utilisant la fameuse phrase « Vous savez qu'en baissant les taxes sur le tabac, le tabagisme va augmenter » de rappeler M. Audet en ajoutant « Maintenant nous savons que c'est faux. »
Appuyé de ce nouveau rapport, le dépanneur de l'Estrie entend revenir la charge auprès de ses deux députés . « Autant à Ottawa qu'à Québec, on prépare présentement les budgets pour l'année 2010-2011, une occasion en or pour corriger le tir et d'y inclure des mesures pouvant répondre aux attentes des dépanneurs ».
« M. Charest cherche un moyen de relancer l'économie régionale, qu'il bouge et qu'il annonce des baisses de taxes », d'ajouter M.Audet
« Nous pourrons ainsi atteindre nos objectifs : éliminer la contrebande de tabac, redonner le contrôle du marché aux gouvernements et limiter l'accès du tabac aux jeunes », de conclure M. Audet entend intervenir également auprès de son député fédéral, M. Serge Cardin pour lui transmettre l'étude et lui faire part de ses attentes.
Source : Odina Desrochers , agent de liaison Québec-Chaudière-Appalaches, Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA-AQDA)