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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Parcours d’une journée

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 13 décembre 2021

La vie est ainsi faite. Un chapelet de journées qu'on égraine comme ça, une après l'autre.

On sait qu'on a pas mal de journées au compteur quand on réalise que le référent du « chapelet qu'on égraine » échappe probablement à une grande partie de la population!

J'en prends une au hasard. Un samedi pluvieux. En décembre. Le genre de journée où l'humidité se fraie un chemin sous les vêtements et même sous la peau, perçoit-on. « Ça traverse! », dirait l'autre.

Petite visite d'un proche à l'hôpital. J'emprunte l'entrée la plus proche de la voiture. Il pleut, pas à peu près! Une entrée qui n'a rien de principale! Une jeune dame est installée, juste de l'autre côté de la porte. Un petit bureau d'accueil improvisé. Elle me dit bonjour et, visiblement un peu méfiante, elle me dit « je vais devoir scanner votre passeport vaccinal... » Il y avait des points de suspension jusque dans son regard. Elle appréhendait ma réaction, je crois. « Pas de trouble, même que ça me rassure! » La partie que je vois de son visage se détend. Elle n'aura pas de trouble avec moi. Je jase un peu et m'aperçois qu'elle essuie régulièrement des commentaires poches. Elle est le messager sur lequel le frustré (ou la frustrée, bien sûr!) se défoule. Rapidement, on tombe dans le bla-bla habituel. Je lui souhaite une agréable journée, sourire dans la voix. Ça compense pour celui qu'elle ne voit pas.

À l'étage, pas beaucoup de membres du personnel. Probablement pas assez. Mais beaucoup de « Bonjour! Comment ça va ce matin? ». « Oui, je vous arrange ça dans pas long, madame! », « Dites pas ça, vous êtes toute belle! ». « Votre fille vous a apporté ça? Vous êtes gâtée! »

Je rapporte ici des bouts de phrases entendus au rythme des chambres que je dépasse sur ma route. Et je me dis qu'à défaut d'être curatifs, les bons mots qu'on sème, même si la tâche est souvent très, voire trop lourde, sont autant de petits ponts qu'on bâtit entre deux personnes. Entre deux humains. Je me dis que c'est aussi une bonne manière de prodiguer des soins tout en maintenant la dignité des patients.

Plus tard, le même jour, j'assiste au spectacle de danse de l'école de notre petite-fille. Une image me revient en boucle : la mise en scène avait prévu une chorégraphie finale regroupant tous les participants. Des 3-4 ans jusqu'aux bien plus grands! Toutes les troupes étaient soit sur scène, soit déployées tout autour de la salle. Tous ces jeunes à danser sur la même pièce. De la danse hip-hop qui charriait une énergie heureuse, qui rassemblait subitement danseurs et spectateurs.

Je me suis alors dit que l'art est une nécessité dans le quotidien de nos vies.

Puis, au soir de cette journée, un souper de Noël avec des collègues. De la bonne humeur et une animation proposée par des serveurs/comédiens désireux de nous faire passer un bon moment. Des serveurs/comédiens qui semblaient se nourrir de leur prestation autant qu'on se nourrissait du repas servi! (Pour les plus curieux, je parle du Manoir aux mystères de Ste-Catherine-de-Hatley).

Au lendemain de cette journée, ma foi, assez chargée, je fais ce constat que la vie est faite d'une série de journées rigoureusement égales en temps, mais dont le contenu est terriblement variable.

Je me dis qu'il est facile de juste débouler les jours du calendrier en s'anesthésiant de toutes sortes de façons.

Je me dis aussi que ce qui reste de la multitude des gestes qu'on pose dans une journée, c'est souvent de petits moments heureux, lumineux. Et je constate, rassuré, qu'on peut être les artisans de ces petits moments si tant est qu'on s'en donne la peine un peu.   

Vous trouvez que je deviens fleur bleue? Un peu ésotérique, même? Pardon? Vous dites jovialiste?

Pantoute, je vous rassure!

Juste conscient que les moments de petits bonheurs qu'on sème à gauche et à droite nous font au moins autant de bien à soi qu'à l'autre. Et que c'est une pas pire base pour bâtir nos journées. Celles qui composent nos vies, après tout...

 

Clin d'œil de la semaine

Tous les jours finissent en I. Sauf celui qui prend la peine de s'endimancher...


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