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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Le nom en « n » : un dossier subdivisé

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 26 octobre 2020

Le mot commençant par « n » fait la manchette. À travers les ravages directs et indirects causés par le Coronavirus et l'incertitude au goût acide/amer des élections américaines, il se fraie un chemin dans l'actualité.

Le poids des mots n'est pas ressenti de la même façon par tout le monde. Il faut faire plus qu'entendre la phrase. Il faut l'écouter. L'ingérer. L'utilisation du mot en « n » est à proscrire. La charge négative dont il est rempli prescrit sa mise au rancart dans l'usage quotidien.

D'ailleurs, et sans juger ou établir de comparaison, j'ajouterais dans la liste à proscrire certaines expressions dont l'utilisation cache du racisme : « ah, les races, t'sais », « oui, lui, le turban ».... Vous voyez le genre.  

Mais il y a un mais

Un dossier peut contenir des sous-dossiers.

Une enseignante a mentionné au complet le mot en "n". Dans un contexte pédagogique, mais quand même : elle l'a dit. Une élève a questionné la chose après le cours. Puis, elle a relayé le tout sur l'arme à diffusion massive que sont les médias sociaux, en prenant soin d'inclure les coordonnées personnelles de la prof. Rien de moins!

Cet épisode me trouble. À plusieurs niveaux.

D'abord, même si je comprends bien la règle non-écrite du bannissement du mot en « n », il y a un contexte dans le fait de prononcer le mot. Mais là, même si la prof a exprimé le fait qu'elle ne voulait offenser personne et elle a proposé d'en débattre la semaine suivante, rien n'y fait. Les médias sociaux sont en feu. Véritable levée de boucliers. « Elle donne l'impression qu'on peut débattre de la condamnation du mot », diront, en substance, plusieurs étudiants.

Ça veut dire que, même dans un contexte académique, aucune discussion n'est possible. C'est une dérape dangereuse! Parfois, il faut nommer les choses pour assurer une compréhension.

Troublant de constater que même le doyen de la faculté a abandonné son enseignante. Il a plaidé pour un environnement exempt de toute possibilité de micro-agressions envers les étudiants. « Vous pouvez dire le mot, mais vous devez assumer », ajoute le monsieur. Après? Silence radio. Rien à ajouter. Du grand courage.

Troublant parce que les plusieurs élèves sont intervenus pour avoir, littéralement, la tête de la prof. Un comité direction/élèves s'est tenu. Sans la prof. Il est fascinant de constater que dans un état de droit, il est possible de frapper sur une personne sans qu'elle puisse se défendre et, qui plus est, dans un contexte où la prof n'a pas été identifiée comme quelqu'un ayant des comportements racistes.

Troublant également de constater que le fait d'entendre quelqu'un prononcer le mot en "n" semble lui procurer le pouvoir de bafouer toutes les autres règles sociales en vigueur : le respect d'autrui, la politesse élémentaire, la liberté d'expression, le droit de vivre librement. On peut donc ostraciser volontairement quelqu'un au nom de ceux qui ont été ostracisés? On peut justifier une injustice parce qu'elle veut en réparer une autre? Sans autre procès? Ça me trouble.  

Comme de constater qu'on peut demander la tête de quelqu'un qui a utilisé un mot (je répète, dans un contexte académique et exempt de propension raciste), alors qu'on a, il y a peu de temps, décrété que nous « étions Charlie » lors des attentats de Charlie hebdo. Ou qu'on a affiché sur nos pages Facebook « Je suis Raïf » pour réclamer la fin des abus envers un autre être humain.

Troublant de voir que pour se mettre à l'abri de micro-agressions, on se donne le droit d'agresser violemment une prof parce qu'elle a utilisé un mot qu'on n'accepte pas.

Difficile conséquence

Être conséquent, c'est le défi qui nous attend tous alors que la planète tend à ne faire qu'un.

Être conséquent, pour moi, c'est d'abord de pas semer de la violence pour répondre à un geste posé sans violence et en toute bonne foi. C'est aussi comprendre qu'on n'est pas raciste parce que j'ai dit le mot en "n" dans un contexte académique, tout comme on n'est pas automatiquement moins raciste parce qu'on ne mentionne jamais le mot.

Le racisme est profond. Bien plus profond que ça.

 

Clin d'œil de la semaine

Trump n'a pas dit le mot en "n". Il n'est donc pas raciste...


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