Des étudiants présents à la manifestation qui a mal tourné vendredi soir à Sherbrooke sont outrés de voir les informations qui ont circulé dans les médias dans la journée de samedi.
Alors que le Service de police de Sherbrooke informait les journalistes qu'un policier avait reçu une pièce pyrotechnique en plein visage et qu'il avait été blessé, les étudiants, eux, racontent plutôt que ce seraient des confettis qui auraient été tirés au visage du policier.
Estrieplus.com a reçu plusieurs courriels de personnes qui tenaient à rectifier les faits. Parmi celles-ci, Geneviève Bruneau. Dans un communiqué où elle raconte sa soirée, on peut lire : « Je prends le risque de contester la version policière des évènements. Le communiqué de presse signé par René Dubreuil, relationniste du SPS, est truffé d'omissions et d'artifices. »
Elle raconte que : « Sur place, j'apprends que le jeune homme arrêté avait lancé des confettis à un policier et qu'il était accusé de voie de fait et d'agression armée sur un agent de la paix. Mes amis confirment que l'agent visé par les effusions festives du manifestant a réagi démesurément, voire avec orgueil. Dans le communiqué du SPS, on apprend que l'agent en question aurait été blessé par un engin pyrotechnique. Avait-on à faire à des confettis explosifs? »
Toujours selon elle, la foule était pacifique et souriante, mais déterminée à dénoncer cette loi matraque en défiant la peur. Elle parle ici de la Loi 78 adoptée à l'Assemblée nationale vendredi.
Mme Bruneau explique que devant le Caffucino de la rue King Ouest, l'unité de contrôle de foule du Service de police est intervenue.
« L'antiémeute s'est alors déployé devant nous et a chargé la foule au pas de course sans avertissement. Une première bombe assourdissante a éclaté au dessus de nos têtes. » Elle poursuit : « Après un face à face d'environ dix minutes entre l'antiémeute et les manifestants qui étaient en position à genoux puis assise, les policiers ont lancé des bombes assourdissantes et des fumigènes sur la foule après quoi ils ont chargé en frappant à grands coups de boucliers et de matraques. »
Selon Geneviève Bruneau, étudiante à l'Université et très engagée dans la lutte contre la hausse des droits de scolarité, la version du communiqué émis par le SPS diffère de celle des manifestants et elle tenait à rétablir les faits.
Rappelons que le SPS a procédé à 14 arrestations, dont une pour voies de fait sur un agent et agression armée. Les 13 autres l'ont été pour attroupement illégal et / ou entrave au règlement municipal.
Dès le début de cette manifestation, l'attroupement d'environ 300 personnes a été déclaré illégal par les autorités puisqu'il n'y avait aucun responsable, aucune collaboration et aucun trajet qui avait été remis.
Parmi les manifestants, quelques-uns portaient des masques à gaz ou des foulards.