« La crise n'est pas finie. C'est nous qui sommes dans le trou ». C'est sous ce thème que l'Association des locataires de Sherbrooke ainsi que 250 autres personnes provenant du même genre d'organismes au Québec ont manifesté ce mardi devant les bureaux du premier ministre Jean Charest à Sherbrooke.
L'Association des locataires et le FRAPRU, notamment, réclament que le budget du ministre Bachand comprenne des investissements substantiels et à long terme dans la réalisation de logements sociaux.
« Il est vrai que le gouvernement québécois fait face à un déficit budgétaire, mais celui-ci ne doit pas occulter un autre déficit, celui des familles et des personnes qui, mois après mois, se retrouvent dans le trou, obligées de choisir entre payer le loyer et manger », affirme François Saillant, coordonnateur du FRAPRU. Pour bien illustrer cette difficulté, les manifestants ont d'ailleurs apporté leurs budgets personnels aux bureaux du premier ministre Charest.
Les organismes qui oeuvrent dans le logement communautaire appuient leurs préoccupations sur des statistiques de la Régie du logement montrant que le problème d'incapacité de payer des locataires s'est sérieusement aggravé sous l'effet combiné de la crise économique et des hausses de loyer. Le nombre de causes de non-paiement de loyer a en effet augmenté de 5,1 % au cours des deux dernières années. Il a atteint le chiffre record de 46 818 en 2008-2009, dont 22 681 au seul bureau de Montréal. Dans certains bureaux régionaux de la Régie, le nombre de causes a littéralement explosé. La hausse a été de 49 % à Shawinigan, de 38 % à Rouyn-Noranda, de 36 % à Rivière-du-Loup, de 22 % à Gatineau et Trois-Rivières, de 17 % à Saguenay et de 16 % à Sherbrooke.
Selon eux, le nombre de ménages locataires qui parviennent encore à payer leur loyer, mais au détriment de leurs autres besoins essentiels, est encore plus considérable. Au recensement de 2006, 448 840 ménages locataires québécois devaient consacrer plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger, dont 203 085 plus de 50 %. Or, rappelle l'organisme, c'était avant la crise économique et les hausses de loyer des dernières années.
C'est pour que les efforts gouvernementaux soient à la hauteur de ce problème que l'Association des locataires de Sherbrooke demande le financement de 50 000 logements sociaux en 5 ans. Il ajoute que la moindre des choses serait que le budget respecte l'engagement électoral signé par le premier ministre Jean Charest à l'automne 2008, soit « la prolongation du programme AccèsLogis pour cinq ans à raison d'un minimum de 3000 nouvelles unités par année, pour un total de 15 000 nouveaux logements sociaux ».
Source: François Saillant, FRAPRU