Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Environnement

Contribuer au nouveau projet de société en émergence

 Imprimer   Envoyer 
Yves Nantel Par Yves Nantel
Vendredi 9 octobre 2020

Depuis 1970, nous dépassons les capacités de la Terre à combler nos besoins et à se régénérer en même temps. Au niveau mondial, il faut maintenant 1,7 planète pour y arriver. Le Canada, classé parmi les 10 pays les plus gloutons, consomme 4,8 planètes afin de maintenir notre niveau de vie actuel.

Devant cette situation, nous devrions nous attendre à l'adoption de mesures radicales pour rétablir la viabilité de la planète. Au contraire, l'objectif visé, à chaque année, est la croissance économique. Et croissance économique implique chaque fois davantage d'extraction de matières premières non renouvelables, d'utilisation d'énergies fossiles, d'émissions de gaz à effets de serre. Comme si nous vivions sur une planète à ressources infinies.

Le cul de sac est à l'horizon

La terre nous procure les ressources naturelles indispensables à notre développement : les plantes, les métaux, les minéraux non métalliques (sable, gravier et calcaire), les combustibles fossiles et l'eau. C'est la façon dont nous avons utilisé ces ressources qui nous a amenés à la situation actuelle.

Avant l'ère industrielle nous produisions et consommions pour nos besoins avec des énergies renouvelables telles que la force musculaire, animale ou encore éolienne (moulins à vent) ou hydraulique (roues à aube). Puis, les découvertes scientifiques nous ont permis d'apprivoiser l'utilisation des métaux, la force des combustibles fossiles, les techniques d'agriculture chimique et j'en passe. Depuis à peine une trentaine d'années, les technologies de l'informatisation ont poussé la production et la consommation tous azimuts, non plus en fonction de nos besoins mais de nos désirs en prenant pour acquis que tout ce qui était techniquement réalisable faisait partie du PROGRÈS.

Ainsi sur l'espace de moins de 50 ans (1970 à 2017), l'utilisation des matières premières a triplé. Il faut comprendre ici que ces matières premières ont pris, bien souvent, des dizaines de millions d'années à se former (pétrole, métaux, etc.). Nous arrivons à des pics, c'est-à-dire des sommets à partir desquels le déclin des ressources va commencer ou a déjà commencé. C'est le cas du pétrole où les réserves souterraines diminuent et celui qui reste est de plus en plus difficilement exploitable.

Certains experts, dont ceux de l'Agence internationale de l'énergie, affirment que le pic pétrolier mondial du pétrole conventionnel a été atteint entre 2000 et 2010 obligeant l'extraction par fracturation du gaz de schiste et des sables bitumineux afin de combler la demande.

De même, certains métaux ne sauraient absolument pas soutenir une exploitation similaire à celle en cours actuellement. Nous devons y ajouter la rareté de certains métaux qui entrent dans la composition de nos appareils électroniques qui ne pourront longtemps être au menu pour satisfaire la production de nos joujoux préférés.

Les terres cultivables se raréfient et les mers s'acidifient, elles sont surexploitées et deviennent moins aptes à satisfaire les besoins fondamentaux de l'humanité.

C'est ce type de développement, on le sait, qui a occasionné la pollution de la planète au point où, selon l'ONU, 19 millions de décès prématurés surviennent chaque année dans le monde en raison des facteurs de risque liés à l'environnement. Et nous croulons sous le poids des déchets de toutes sortes.  C'est ce même développement que nous avons pris pour du progrès qui a entrainé le réchauffement du climat avec ses conséquences sur les écosystèmes de la planète.

1,7 planète, c'est invivable à terme. Que dire de 4,8 planètes ? Aujourd'hui, nous sommes 7,7 milliards d'habitants sur la terre, Qu'en sera-t-il avec 9,7 en 2050 et 11,2 en 2100 selon les prévisions ?

Quelle voie empruntée ?

Non seulement il faut accélérer la réduction des émissions de GES, il faut y ajouter la réduction de l'extraction des ressources minérales au maximum, laisser les énergies fossiles où elles sont, se concentrer sur la production des besoins fondamentaux de tous les Humains, préserver la biodiversité de la nature. Mais quel défi !

Quand y pense sérieusement, on se demande bien comment on pourra y arriver car tout va en sens inverse. À preuve, avec l'arrêt de l'activité économique due à la pandémie, qu'espérons-nous ? Eh oui, le retour à la situation antérieure, croissance économique en sus. 4,9 planètes puis 5. Insensé, non ?

Mais la réflexion se poursuit. Nous sommes maintenant équipés scientifiquement pour comprendre la situation et suivre son évolution (le GIEC et tous les chantiers de recherche dans le monde), les pays réunis autour de l'ONU tentent de se donner des objectifs à atteindre pour mettre les freins à ce développement débridé et des expériences « vertes » se mettent branle. Puis la mobilisation s'organise.

Les années que nous vivons seront cruciales pour déterminer le cours de l'histoire. Les organismes internationaux tels que l'ONU, le FMI, l'OCDE plaident pour une économie verte basée sur les principes du développement durable. Les experts nous répètent à satiété qu'il faut réagir d'ici 2030, puis 2050, afin de stopper le « paquebot » du réchauffement climatique pour 2100. La conscience de la nécessité d'inventer un nouveau système de production/consommation s'amplifie.

Le concept d'économie circulaire fait partie de ce « nouveau en émergence » puisqu'il oblige la réduction radicale de l'exploitation des ressources non renouvelables tout en réduisant les émissions de GES. L'économie circulaire consiste à faire circuler au maximum les ressources impliquées dans les produits finis et que cette circularité soit planifiée dès la conception des produits jusqu'à leur consommation finale en passant par la production, la consommation, le recyclage, la réutilisation. L'objectif ultime étant de revenir au respect des ressources que peut produire notre planète Terre.

Plaidoyer pour un nouveau projet de société

Poursuivre la CROISSANCE ÉCONOMIQUE telle que nos économistes nous y invitent nous pousse chaque année davantage vers l'épuisement des ressources. Ajoutons au défi quelque 3,5 milliards de personnes sur la planète d'ici la fin du siècle, aspirant légitimement à notre niveau de vie et nous avons un cocktail explosif de guerres pour les territoires et pour les ressources, de migrations forcées, de cataclysmes naturels provoqués par nos activités débridées, de dictatures, et j'en passe.

Avons-nous vraiment le choix ? À moins de nier l'évidence, il faut s'insérer dans la grande réflexion sur l'avenir de la Planète et, par conséquent, de l'Humanité. C'est un nouveau projet de société que nous devons mettre en chantier.  Il faudra faire appel à nos valeurs les plus fondamentales et oublier un mode de vie qui, comme au Canada, exige 4,8 fois les capacités de notre Terre.

 


  A LIRE AUSSI ...

Alcool au volant : série d’arrestations à Sherbrooke

Lundi 23 mars 2026
Alcool au volant : série d’arrestations à Sherbrooke
Fin de saison et séries : week-end décisif pour le hockey en Estrie

Vendredi 20 mars 2026
Fin de saison et séries : week-end décisif pour le hockey en Estrie
Bob Rae à l’Université Bishop’s pour la conférence Donald

Jeudi 19 mars 2026
Bob Rae à l’Université Bishop’s pour la conférence Donald
NOS RECOMMANDATIONS
Le Service aux entreprises Estrie (SAE), votre partenaire en formation adaptée

Jeudi 19 mars 2026
Le Service aux entreprises Estrie (SAE), votre partenaire en formation adaptée
Le Tread Softly Pinot Noir 2023

Vendredi 20 mars 2026
Le Tread Softly Pinot Noir 2023
À la frontière : Coaticook devient un laboratoire de recherche

Lundi 16 mars 2026
À la frontière : Coaticook devient un laboratoire de recherche
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
La 45e édition de Fête du lac des nations : la programmation 2026 est annoncée Par Martin Bossé Mardi, 17 mars 2026
La 45e édition de Fête du lac des nations : la programmation 2026 est annoncée
Sherbrooke et Stoke parmi les finalistes du Mérite municipal Par Martin Bossé Lundi, 16 mars 2026
Sherbrooke et Stoke parmi les finalistes du Mérite municipal
Outil ultime : le coup de baguette magique Par François Fouquet Lundi, 16 mars 2026
Outil ultime : le coup de baguette magique
Fin de saison et séries : week-end décisif pour le hockey en Estrie Par Martin Bossé Vendredi, 20 mars 2026
Fin de saison et séries : week-end décisif pour le hockey en Estrie
Artopex et Logiflex s’unissent sous une seule marque Par Martin Bossé Mardi, 17 mars 2026
Artopex et Logiflex s’unissent sous une seule marque
Incendie suspect et véhicule volé : deux interventions de la police à Sherbrooke Par Martin Bossé Lundi, 16 mars 2026
Incendie suspect et véhicule volé : deux interventions de la police à Sherbrooke
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous