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La fois où les chauffeurs de taxi étaient de mauvaise humeur

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Félix Massé Par Félix Massé
fmasse@estrieplus.com
Jeudi 17 juillet 2014

On entend beaucoup parler ces temps-ci d'Uber. Mais qu'est-ce qu'Uber? En bref, c'est une entreprise californienne qui a le vent dans les voiles et qui œuvre dans le domaine du transport urbain (à la manière d'un taxi), bien qu'ils se décrivent comme une entreprise technologique pour éviter les ennuis judiciaires.

Uber fait partie de ce qu'on appelle des véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC).

Mais pourquoi parle-t-on d'ennuis judiciaires pour une entreprise qui offre de simples services de transport urbain? C'est parce qu'Uber s'attaque à un marché qui est en totale stagnation depuis plus de 50 ans : celui des taxis.

Le principe d'Uber est très simple : le client n'a qu'à réserver la voiture la plus près de lui via la géolocalisation de l'application du même nom. Le chauffeur reçoit la notification sur son téléphone intelligent (fourni par Uber) et bingo! il se dirige vers son client. Uber se prend une commission de 15 % par courses. La particularité est que les voitures sont généralement de luxe (berline ou VUS). Ce n'est pas côté prix qu'Uber rivalise avec les taxis, puisqu'ils sont généralement plus élevés que ceux des traditionnels cabs. Par contre, le client sait à l'avance le montant de la course et il y a un certain standing à arriver en voiture de luxe comparativement aux taxis traditionnels. L'échelle de prix est basée sur l'offre et la demande. Par exemple, dans une période de grands froids ou à la sortie des bars, les prix peuvent être doublés, voire même triplés! Point positif, il n'y a pas de surprise sur le prix. La dernière grande particularité d'Uber réside dans le fait que les chauffeurs, dûment certifiés par l'entreprise, ne peuvent accepter de clients sur le fly, les passagers ont l'obligation de réserver leurs chauffeurs par l'entremise de l'application.

Mais pourquoi alors Uber fait-il si mal au monde des taxis?

C'est que les chauffeurs de taxi sont fortement réglementés. Par exemple, un permis à Montréal se vend à environ 200 000 $ contre une centaine de dollars pour un permis de chauffeur Uber. C'est entre autres sur ce point que les propriétaires de taxis sentent la concurrence déloyale! Aussi, pour être chauffeur Uber dans la métropole, il faut être accrédité chauffeur de taxi traditionnel : ça sent la trahison selon certains. Comme sanction, un chauffeur qui se fait prendre à accepter (discrètement) une course Uber risque de perdre son emploi.

Quels sont les avantages?

Les avantages sont certains pour les chauffeurs. Au lieu de payer un montant par mois pour faire partie d'une bannière, les chauffeurs n'ont qu'à payer 15 % la course à Uber. Pour l'usager, l'attente est bien moins grande puisqu'il reçoit une notification lorsque son véhicule est arrivé. Finalement, le paiement se fait directement depuis la carte de crédit liée au compte de l'application : ce qui accélère grandement le processus.

Qui est derrière Uber?

La force d'Uber est très certainement son financement. Mais qui se cache derrière ce colossal financement de 361 M$. Nul autre que Google! Sur ce montant, ils ont contribué à plus de 250 M$. C'est dire qu'Uber a les reins solides!

Alors, est-ce qu'Uber représente une réelle menace pour les taxis? Je ne crois pas non. Je crois plutôt que nous assisterons à une modernisation du mode de fonctionnement plutôt archaïque de ce moyen de transport. Il faut se rappeler qu'Uber offre un service plus dispendieux qui s'adresse à une clientèle friande de voitures de tourisme de luxe.

Le service de transport urbain d'Uber est disponible à Montréal (surtout au centre-ville) depuis fin 2013. Reste à voir si la demande s'étendra au reste du Québec.


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