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Expulsion d’une famille sherbrookoise vers la République du Congo


par Sarah Pomar Chiquette
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Mercredi 2 juillet 2014

« Le Service d'aide aux Néo-Canadiens est d'avis qu'une telle séparation serait catastrophique. La mère est très protectrice, elle veut le bien de ses trois enfants. Elle est très impliquée dans la communauté, mais maintenant son moral est à terre, elle est très stressée », a indiqué son mari M. Pacôme Pika.

Sa femme, Sarah Maggali et sa fille de 7 ans, Kezia Hope, seront expulsées du Canada le 4 juillet prochain. D'origine congolaise, la famille compte deux autres enfants, dont un fils de 3 ans et une petite fille de 5 mois. « Juste à y penser, je pense que mon cœur va arrêter le jour où je devrai les quitter. Est-ce que je vais y arriver? Ma femme ne sait même pas où aller en République du Congo. Son père est décédé et sa mère et ses sœurs vivent en France », a confié M. Pika. La famille est arrivée en sol québécois en 2008 et réside à Sherbrooke depuis 4 ans.

D'une voix émue, Pacôme Pika a expliqué qu'il n'avait pas respecté la loi de l'immigration concernant les conditions de séjour : « Je n'avais pas les moyens à ce moment-là de payer le renouvellement de statut pour ma femme et ma fille aînée. Nous comprenons que les lois sont les lois, mais la dimension humaine doit être considérée », a-t-il imploré. « C'est vrai que nous n'avons pas payé à temps. Est-ce qu'il y a eu une forme de négligence de notre part? C'est possible. Mais ça fait plus de cinq ans que nous sommes au Québec, nous avons trois enfants dont notre petite d'à peine cinq mois, est-ce qu'on peut avoir la clémence? », a questionné M. Pika.

Coup de malchance

La famille Pika a traversé toute une gamme d'émotions depuis plus d'un an. En pause d'étude en raison des bouleversements que traverse sa famille, Pacôme Pika a eu recours à un avocat de Sherbrooke pour s'assurer que son dossier et celui de sa famille soient entre bonnes mains. De belles promesses qui ont malencontreusement fait impatienter les agents de l'immigration : « On s'est rendu compte que l'avocat n'avait absolument rien fait pour nous. Nous avons été très mal conseillés par l'avocat. Nous avons appris après quelque temps que l'avocat en question a été accusé de fraude », a ajouté M. Pika.

Le père de famille ne cache pas les difficultés financières de sa famille. Nonobstant, il est d'avis que lui et sa femme sont en mesure de servir de manière considérable le pays : « Si on nous donne l'occasion de travailler, nous avons le potentiel de générer de l'argent pour ce pays. Ma femme a un niveau de deuxième cycle en marketing, elle s'exprime très bien en français et pour ma part je suis diplômé au troisième cycle en chimie et biochimie. »

Sources de stress

L'état de santé de son épouse, Sarah Maggali, qui souffre de diabète et d'hypertension est une grande source de stress pour le couple : « Deux médecins qui ont traité ma femme ont été catégoriques : ma femme fera face à de très grands risques si elle repart en République du Congo. Il faut savoir que notre pays a connu plusieurs guerres. Les conditions de vie sont précaires, les soins de santé ne sont pas comparables à ceux du Canada. Il n'y a pas d'assurance-maladie, pas de prise en charge », a-t-il déploré.

D'un ton irrité, Pacôme Pika rappelle que le taux de viol chez les enfants congolais est l'un des plus élevé au monde. Kezia Kope âgée de 7 ans vit des moments d'angoisse : « Elle nous répète tous les jours qu'elle ne veut pas se séparer de moi, de son frère et de sa nouvelle sœur. L'autre soir elle était traumatisée à l'idée de retourner en République du Congo. Nous avons essayé de la rassurer, mais c'est difficile sachant les réelles conditions du pays. »

Une terre de rêve

« Pour nous qui avons connu plusieurs pays, le Canada est l'endroit idéal. C'est pourquoi je préférerais être expulsé aujourd'hui à l'âge de 40 ans et ainsi permettre à mes enfants de grandir au Canada. J'ai beaucoup souffert par le passé et je veux simplement que mes enfants ne vivent pas les traumatismes que j'ai vécus », a-t-il conclu.


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