Ceci n'est pas une chronique hockey. Ou un peu, à la fin...
Elle aurait pu s'intituler : Que les couleurs se
mélangent!
Nous ne sommes jamais à l'abri complètement d'une tempête,
d'un incendie ou de quelque autre épreuve du genre.
Je suis toujours agréablement surpris de constater le
dévouement des gens qui n'hésitent pas à sortir du confort de leur bulle pour
donner un coup de main quand le malheur frappe.
L'urgence semble nous réunir pour réagir.
Et lorsque l'incendie est éteint, on s'empresse de retourner
dans le confort de notre bulle.
Normal, me direz-vous. Chacun a quand même la responsabilité
de sa réussite, de sa survie, de sa sécurité, non?
Mais alors, qu'est-ce qui nous fait bouger à un moment X et
nous indiffère à un moment Y?
1)
La tragédie au caractère universel et
plus grand que nature.
Devant une la pluie diluvienne qui inonde
un secteur général sec de la ville, on accourt. On agit.
On se sent moins à l'abri quand quelque
chose est susceptible de nous toucher nous aussi, j'imagine. On ne porte pas de
jugement sur les personnes touchées, la tempête étant plus grande que nous tous
réunis.
Au fond, le malheur nous rassemble et fait
tomber la barrière des langues, de la politique, de la religion, de la couleur
de peau...
2)
Le malheur aux airs de téléréalités
Je sais, ma dernière phrase sonne pédante.
Je sais.
Mais ce qui explique l'immense succès
d'émissions du type Rénove ta vie ou Passez au suivant, c'est
notre besoin de voir le bien à l'œuvre, je dirais. Bon. On est un peu voyeur
aussi, oui, mais quand même. Et de voir le bien à l'œuvre chez nos pairs nous
donne cette impression étrange d'aller mieux, presque de sentir que nous avons
aidé aussi en regardant l'émission.
Au fond, c'est comme assouvir ce besoin
d'être utile pour des gens résolument tournés, quotidiennement, sur notre
nous-mêmes.
En même temps, le succès de ces émissions
vient démontrer le bien-être ressenti après avoir donné un coup de main. Bien
sûr, c'est de la fiction, on n'aide pas pour vrai, mais ça fait du bien de
savoir que ça se peut encore.
Je retiens ceci : quand les choses vont mal, on est
plus susceptibles de bouger de se regrouper, de réagir.
Mais il reste du bon partout en nous. Suffit que nous soyons
interpelés pour attirer notre attention sur notre communauté et tous les
possibles s'ouvrent devant nous, puisque la solidarité reprend ses droits.
Alors...
Je repense aux résultats de l'élection de lundi dernier et
je me dis que bien des trucs sont transpartisans. Je veux dire par là que
certains éléments devraient attirer notre attention, qui que nous soyons. Qu'on
soit gaucher ou droitier sur l'échiquier politique, des constats
demeurent :
-
L'itinérance est de plus en plus omniprésente,
même chez les grands aînés. L'accès au loyer devient un privilège.
-
La fameuse première ligne en Santé est difficile
à franchir.
-
L'économie est instable.
-
L'obésité et l'anxiété plombe les ailes d'une
jeunesse qui pousse de façon de plus en plus inégale.
-
Le climat nous réserve des surprises poches.
J'arrête là.
Comment se fait-il que cela ne nous pousse pas à se
solidariser plus que ça?
Probablement parce qu'on se sent généralement pas mal à
l'abri, somme toute. Puis, pour tout dire, le problème est tellement généralisé
qu'on ne saurait pas comment réagir.
Mais attention! Les Québécois sont sortis voter, lundi. Près
de 70% d'entre eux. C'est un indicateur fort! Et ils ont envoyé des messages
contradictoires par rapport aux solutions proposées par les différents partis.
Mais, il y a du positif : déjà, il y avait consensus
sur la reconnaissance de problèmes sociaux-économiques majeurs entre les
partis. C'est un départ.
Résultat? Un gouvernement minoritaire.
Au hockey, quand on est en désavantage numérique, on fait
appel à nos unités spéciales et on modifie le plan de match régulier.
J'envoie cet humble message aux politiciens provinciaux ce
matin : travaillez avec le mandat que près de 70% des Québécois vous ont
donné. Parlez-vous. Négociez entre vous. Confrontez vos idées. Avancez.
Les élections sont maintenant à date fixe. Respectez cela et
ne travaillez pas en fonction de vous positionner en fonction de provoquer une
autre élection dans 18 mois.
Agissez selon le mandat émis par la population.
Parce que je sais que le jour où vous serez en avantage
numérique, vous naviguerez en fonction d'être réélus et les options des autres
seront subitement toutes mauvaises. Les 40 dernières années témoignent tristement
de cet état de fait.
Si on est meilleur quand ça va mal, reconnaissons que nous
sommes pas mal devant un portrait qui va mal.
Clin d'œil de la semaine
Les
enjeux sont plus grands que la somme de nos opinions.