La mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, proposera au conseil
municipal d'adopter un règlement de contrôle intérimaire afin de
revoir les règles encadrant les centres de données sur le
territoire.
La Ville attend le
dépôt d'un projet de l'entreprise Backbone Hosting Solutions
inc. / Keel Infrastructure.
Une analyse et des consultations publiques
La mairesse dit
comprendre les inquiétudes de certains citoyens. Elle affirme que
l'administration municipale se prépare depuis plusieurs mois à
analyser les projets de centres de données qui lui seront présentés.
« Avec tout ce qui
se passe sur la scène internationale en ce qui a trait aux centres
de données, je comprends que des
citoyens soient inquiets. À Sherbrooke, nous pouvons compter sur une administration
municipale compétente et expérimentée qui se prépare depuis
plusieurs mois, à analyser sous
tous leurs angles, les projets de centres de données qui nous serons
déposés, dont celui attendu
de l'entreprise Backbone Hosting Solutions inc. / Keel
Infrastructure » a déclaré la
mairesse Bibeau.
Avant de prendre une
décision, les élus devront examiner les critères et les
indicateurs vérifiables qui serviront à évaluer les projets. La
Ville indique que l'information sur l'avancement de ces travaux
est publiée sur son site Web.
Sherbrooke prévoit
aussi d'organiser ses propres consultations publiques. Le conseil
municipal pourrait demander des expertises supplémentaires, au
besoin, et imposer des conditions si un projet est accepté.
Marie-Claude Bibeau
précise que les élus devront tenir compte des enjeux sociaux et
environnementaux, en plus des aspects financiers. Elle souhaite que
les décisions prises servent les intérêts de la communauté à
court et à long terme.
La Ville rappelle
que certains pouvoirs lui échappent, puisque c'est le gouvernement
du Québec qui attribue les blocs d'énergie.
Keel Infrastructure demande une rencontre
Dans une
déclaration, Keel Infrastructure affirme avoir pris connaissance de
l'annonce de la mairesse. L'entreprise indique suivre le
processus établi par la Ville depuis une décision du conseil
municipal prise en juillet et poursuivre ses démarches conformément
aux règles en vigueur.
La journée de
consultation prévue mercredi fait partie de ces démarches,
ajoute-t-elle. Keel Infrastructure indique également avoir demandé
une rencontre avec la mairesse afin de clarifier la situation et les
prochaines étapes.
Sherbrooke Refuse exprime ses préoccupations
De son côté, le
regroupement citoyen Sherbrooke Refuse s'oppose au projet de
mégacentre de données. Il estime qu'un centre consacré à
l'intelligence artificielle aurait des besoins importants en
électricité et en refroidissement, tout en créant peu d'emplois
à Sherbrooke.
Le groupe soutient
aussi que le système de refroidissement en boucle fermée prévu par
Keel consommerait davantage d'électricité qu'un système par
évaporation, même s'il utiliserait moins d'eau.
Sherbrooke Refuse
soulève aussi des questions sur la protection des données et
l'application possible de lois américaines. Il rappelle que le
ministère de l'Environnement avait reçu plus de 76 plaintes
concernant le bruit généré par les activités de minage de
cryptomonnaie de Bitfarms à Sherbrooke en 2019. Le regroupement
indique que l'entreprise portait auparavant le nom de Bitfarms.