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  CHRONIQUEURS / Être LGBTQ+ en Estrie

Vivement l’érotisme

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Sarah Beaudoin Par Sarah Beaudoin
Samedi le 6 mars 2021      

Selon les générations et les époques durant lesquelles les humain.es ont vécu, l'érotisme a changé de formes. Les formes ont également changé selon la définition de l'érotisme. Un élément demeure : l'érotisme est essentiel à une sexualité saine, mais surtout, c'est un pont vers l'émancipation et le partage de rapports consentants. Le consentement n'est pas une notion de go-gauche, elle n'est pas non plus une notion discutable. L'érotisme ne devrait pas l'être non plus.

L'érotisme est toute action, parole, geste ou autre provoquant un désir sexuel chez une personne. Souvent, ce désir mène à un rapport sexuel, mais pas dans tous les cas. Malheureusement, la société a tendance à classer les individus, objets ou attitudes comme sexuelles ou non, bonnes ou mauvaises, à créer des polarités qui sont simplement le fruit de notre imagination. C'est de cette façon qu'il est possible d'étiqueter et de marginaliser les personnes de diversité sexuelle et de genres. Souvent situé.es à l'un des deux pôles de la sexualité, on retire à celles et ceux-ci l'option de se retrouver n'importe où entre les deux, on retire leur agentivité. Ces polarisations et préjugés mènent souvent au bri du consentement par des personnes n'en faisant pas partie. Bien oui, le consentement ne relève pas seulement des relations sexuelles et du contexte l'entourant.

À chaque fois que des individus, bien ou mal intentionnés, posent des questions intrusives, à caractère sexuel, comme « Ok, mais si t'es non-binaire, qu'est-ce que tu as entre les deux jambes ? Moitié-moitié ? » ou « Hey, les filles. Si vous êtes polyamoureuses ça veux-tu dire que vous êtes partantes pour un trip à trois? », il y a violence. Cette violence est perpétrée en raison d'une hypersexualisation sociale constante de certaines communauté LGBTQ+ et de la banalisation du consentement.

La vérité, c'est que le consentement n'est pas considéré comme sexy, parce que discuter de la sexualité de tout.es est un tabou. C'est un tabou de se remettre en question, de comprendre et d'assumer que la société organise la sexualité autour du nombril d'hommes cis. Les femmes ont depuis peu accès à des jouets et accessoires leur permettant de développer leur connaissance d'elles-mêmes et peu d'études portent sur leur sexualité. Les personnes trans et non-binaires sont effacées. Les accessoires d'affirmation de genre sont chers, peu accessibles, peu nombreux et si peu connus de la population générale qu'il est bien difficile de s'affirmer et de trouver des ressources lorsqu'on n'est pas déjà dans un domaine politisé, dans un milieu universitaire ou si on se retrouve en région, où les ressources sont manquantes et centralisées dans les grandes villes. Les personnes asexuelles se voient souvent imposer des rapports sexuels non désirés, qui se transformeront rapidement en agressions sexuelles non légitimées. On nie leurs besoins, qui peuvent être d'une différente fréquence, intensité ou nature. Ne pas vouloir de rapport sexuel est encore de nos jours directement associés à la frigidité. Les personnes asexuelles sont toutefois valides et méritent autant que toute autre personne d'être aimées et considérées. Nul ne devrait remettre en doute leur existence et leurs besoins.  C'est un tabou, même avec les nombreuses dénonciations, de dire que oui, les hommes cis sont les principaux agresseurs sexuels dans notre société. Et puis, on s'entend, il n'est pas question ici de détester les hommes cis, mais bien de comprendre cette notion, pour comprendre les lacunes dans l'éducation des hommes dans notre société et y pallier. Ici, je ne me plains pas non plus de leur sort, ils ont tout de même une certaine agentivité. J'invite ces hommes à s'informer et à travailler pour un monde sécuritaire pour tout.es, exempt de violences genrées. Je les invite à demander la création de ressources permettant de leur offrir une éducation alternative, une éducation qui ferait la promotion d'un érotisme, d'une séduction, du consentement et montrerait des exemples de communication saine concernant la sexualité.

Les relations interpersonnelles n'ont jamais été aussi complexes, aussi difficiles. Les technologies accélèrent leur rythme et facilitent leur création. La pandémie prive certain.es personnes de relations existantes ou les oblige à changer les balises de leurs relations par mesure de sécurité. En constante émancipation collective, nous oublions quelques fois que le travail le plus important et le plus difficile, qui relève de l'introspection personnelle, est celui qui se fait lentement, celui qui ne se fait pas dans une manifestation ou en rédigeant une pétition. Un changement individuel ne mènera jamais à un miracle collectif, mais une mobilisation collective ne changera pas chaque personne, individuellement. Il est aussi pertinent de changer collectivement que de représenter individuellement nos revendications. L'érotisme, en plus de l'introspection, est l'un de ces travaux qui se fait lentement, mais qui est nécessaire à une cohérence collective.

L'érotisme est donc l'une des portes d'entrée vers une sexualité saine. L'érotisme n'est donc pas seulement un flirt ou une exhibition de sa personne et de ses envies, c'est surtout l'occasion de discuter de nos besoins et de nos limites. Cette discussion est un énorme obstacle à l'objectification d'une personne. Comment voudrais-tu considérer un individu avec lequel tu as partagé tous ces détails intimes sur toi, comme un objet, un moyen quelconque de remplir tes besoins ?

L'érotisme permet une discussion autour de la sexualité. Une discussion entre partenaires, pour des rapports égalitaires, peu importe si on fait partie de la diversité sexuelle et de genres ou non. L'érotisme permet de considérer sa ou son partenaire comme une personne à part entière, sexuellement ou dans un autre contexte. En discutant sur nos préférences, en ne se prenant jamais pour acquis et en utilisant le contexte de sexualité pour accompagner et considérer sa ou son partenaire dans son cheminement individuel, on s'assure que cette personne ait du plaisir dans son expérience, sans lui apposer d'abord de préjugé déshumanisant. On considère cette personne selon les balises qu'elle a exprimées, sans insinuer de notion à propos d'elle, que cela relève de son consentement ou d'autre élément de sa sexualité.

 


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