Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de
Gurit (CSN), à Magog, ont rejeté l'offre finale de leur employeur et adopté un
mandat de grève à 94 %. Cette décision a été prise lors d'une assemblée
extraordinaire tenue le 5 octobre 2026. Les employés, qui sont sans contrat de
travail depuis près d'un an, dénoncent les propositions salariales de
l'entreprise et son attitude pendant les négociations.
Un mandat de grève adopté à 94 %
Le vote donne au syndicat le pouvoir de déclencher une grève
au moment qu'il jugera opportun. Aucune date de déclenchement n'a été précisée
pour le moment.
Selon la présidente du syndicat, Marie-Josée Provencher, les
travailleurs ont pourtant accepté certains compromis afin d'offrir davantage de
flexibilité à l'employeur.
Elle estime que les dirigeants ne reconnaissent pas
suffisamment la contribution des employés au succès de Gurit. Elle rappelle
également que l'usine de Magog demeure rentable pour l'ensemble du groupe,
malgré les difficultés soulevées par l'entreprise.
Des offres salariales jugées inacceptables
Les négociations pour le renouvellement de la convention
collective se déroulent dans un climat difficile, selon les représentants
syndicaux.
Kevin Gagnon, président de la Fédération de l'industrie
manufacturière (FIM-CSN), critique notamment la dernière proposition de Gurit.
« Invoquant le conflit commercial avec les États-Unis et les
tarifs qui en découlent, les représentants de Gurit à la table de négociation
ont présenté une offre globale et finale moins avantageuse que leur offre
précédente, offre à laquelle le syndicat n'avait pas eu l'occasion de répondre,
en plus de les menacer de déplacer une partie des activités aux États-Unis ».
De son côté, Julie Bolduc, présidente du Conseil central des
syndicats nationaux de l'Estrie, considère que les augmentations salariales
proposées sont inacceptables pour les membres.
Le syndicat reçoit l'appui de la CSN en Estrie
Le Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie
assure les employés de Gurit de son soutien dans leurs démarches.
Julie Bolduc souhaite que les travailleurs obtiennent une
convention collective qui tient compte des conditions difficiles dans
lesquelles ils exercent leurs fonctions.
Pour le moment, le mandat de grève demeure entre les mains
du syndicat. Les travailleurs disposent ainsi d'un moyen de pression
supplémentaire dans leurs négociations avec l'employeur, sans qu'un arrêt de
travail ait été annoncé.
Source : Dominique Desautels, conseillère syndicale, Service
d'appui aux mobilisations et à la vie régionale - CSN.