Alors que la réserve stratégique de sirop d'érable est vide,
les Producteurs et productrices acéricoles de l'Estrie (PPAE) demandent au
gouvernement du Québec de revoir la répartition des fonds consacrés à
l'aménagement forestier. L'organisme souhaite un accès plus équitable à l'aide
financière afin de préserver la santé des érablières et de soutenir la
production acéricole.
Une réserve stratégique vide qui inquiète
Les changements climatiques représentent un défi grandissant
pour les érablières québécoises. Selon les PPAE, l'aménagement forestier est
essentiel pour améliorer leur résilience face aux changements climatiques et
maintenir leur productivité.
« Une réserve stratégique vide est un signal d'alarme. Si le
Québec veut produire davantage de sirop d'érable demain, il doit investir dès
aujourd'hui dans la santé, la résilience et la productivité de ses érablières
», affirme Jonathan Blais, président des Producteurs et productrices acéricoles
de l'Estrie.
Un financement plus accessible pour les producteurs
Les acériculteurs réclament une révision rapide de la
gestion et de la répartition des budgets destinés à la mise en valeur des
forêts privées.
Ils souhaitent que les fonds soient accessibles à l'ensemble
des ingénieurs forestiers et que les producteurs puissent choisir librement
leur conseiller forestier.
Ces programmes d'aide financière constituent souvent une
source importante de financement pour réaliser des travaux dans les érablières.
Cette préoccupation est également partagée par l'Union des
producteurs agricoles (UPA). En décembre 2025, son Congrès général a adopté une
résolution demandant une répartition plus équitable de l'aide financière
consacrée à l'aménagement forestier.
Six demandes au gouvernement du Québec
À l'approche de la nomination d'une nouvelle personne à la
tête du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, les PPAE souhaitent
que la modernisation du régime forestier réponde davantage aux besoins du
secteur acéricole.
L'organisme demande notamment :
- Un accès équitable aux programmes d'aide forestière;
- Un financement adapté aux besoins des érablières;
- Le libre choix du conseiller forestier;
- Un soutien aux travaux visant à améliorer la productivité;
- Une plus grande transparence dans la répartition des fonds
publics;
- Des mesures renforcées pour faire face aux changements
climatiques.
Préserver le leadership mondial du Québec
Le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale
de sirop d'érable et exporte sa production dans plus de 70 pays.
« Si nous voulons remplir à nouveau la réserve stratégique
et maintenir le leadership mondial du Québec en acériculture, nous devons
donner aux producteurs et aux productrices les moyens d'investir dans leurs
érablières », souligne Jonathan Blais.
Les PPAE représentent plus de 2 000 acériculteurs et
acéricultrices, répartis au sein de 1 087 entreprises acéricoles en Estrie.
L'organisme souhaite maintenant que les besoins des
producteurs soient pris en compte dans la réforme forestière annoncée par
Québec.
Source : Caroline Lelièvre, directrice des communications
et des affaires publiques, Fédération de l'UPA-Estrie.