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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Black Friday : ils l’ont, l’affaire, les Américains!


Il y a un engouement. Une sorte de vague qui fait en sorte d'emporter, dans son sillage, le consommateur qui perd sa capacité de raisonner, trop aveuglé par l'extraordinaire offre qui est faite.
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Photo : crédit photo: Pixabay
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 25 novembre 2019

Je commence avec une parenthèse : je déteste appeler les habitants des États-Unis des Américains. C'est un non-sens. Nous habitons aussi l'Amérique, donc, nous le sommes autant qu'eux! En Europe, vous êtes d'abord originaire d'un pays avant d'être Européen.

Puis, il vient, avec cette appellation, une sorte de suffisance qui, dans certains cas, mène au mépris.

Voilà, c'est dit. Fin de la parenthèse.

Je reviens donc à ma préoccupation du jour : le Black Friday.

Il s'agit d'une invention commerciale américaine (États-Unienne?) apparue dans les années 1970 et servant à lancer le grand bal des dépenses de Noël.

Au moment d'écrire ces lignes, nous sommes à un mois de Noël. Le lancement du 29 novembre est donc une cible logique commercialement.

Internet étant Internet, la joute s'est amplifiée considérablement au cours des dernières années.

À en devenir folle...

Premièrement, le Black Friday se célèbre maintenant sur 3 jours dans bien des messages publicitaires qui ne semblent pas s'en faire avec la contradiction : « Ne manquez pas l'événement Black Friday les 28-20 et 30 novembre! »

Pendant que je dormirai, juste avant minuit, le 28 novembre, des milliers de personnes seront à leurs claviers, compte Paypal prêt à faire feu, et tenteront la mission de leur vie : sauver des sous!

Chez nous, l'expression Black Friday est souvent traduite par Vendredi fou plutôt que Vendredi noir. Le noir invoque plutôt (enfin, je le crois!) la notion de transaction « au noir », celle qu'on fait de façon plus ou moins légale, mais qui est, à coup sûr, une occasion de faire une grande économie d'argent. On aura voulu semer cette impression grisante d'avoir payé tellement peu que c'en est presque un privilège.

Qu'il soit fou ou noir, ce vendredi m'inquiète.

Oui, oui, je sais, pour que notre système fonctionne, il faut consommer. Vous vous souvenez, au lendemain des événements du 11 septembre aux États-Unis? George W. Bush avait exhorté ses concitoyens à reprendre leur vie rapidement et à continuer de dépenser pour assurer que l'économie continue de bien aller!

Il m'inquiète parce que l'argent dépensé est souvent hypothétique. Au sens où le crédit est ouvert, mais que les liquidités n'y sont pas. Chez un grand nombre de consommateurs, en tous les cas. Hypothétique au sens où l'intention de rembourser sa carte de crédit ou sa marge de crédit y est, mais pas nécessairement la capacité de le faire.

Mais voilà, il y a un engouement. Une sorte de vague qui fait en sorte d'emporter, dans son sillage, le consommateur qui perd sa capacité de raisonner, trop aveuglé par l'extraordinaire offre qui est faite.

Et malheureusement, la dépense sera trop souvent faite via Internet, laissant de côté les marchands locaux. Laissant aussi souvent de côté les taxes de vente, celles-là mêmes qui sont nécessaires à l'équilibre de notre filet social et de nos besoins communs.

L'individu avant le bien commun. Puissance mille, cette journée-là!
Qu'est-ce qu'il disait, McSween? Ah, oui! Il demandait simplement: "En as-tu vraiment besoin?"

Clin d'œil de la semaine

« J'ai ma télé de rêve à pas cher, yes! »
Celle-là qui sera désuète dès l'arrivée de l'autre modèle!

 


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