Société Arts & culture Sports Chroniqueurs Concours Annonces Classées

  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

C’est contre mes valeurs

 Imprimer   Envoyer 
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 20 septembre 2021

« Ça me stresse, les examens du Ministère! »

« Ouin, ben au moins, y a pas de dissertation! Pis t'as des choix de réponses, tu peux toujours y aller par élimination! »

C'était en 1978. Secondaire 5. Le stress des derniers examens du secondaire.

Moi, pourtant, les dissertations, j'aimais ça! Évidemment, je n'en parlais pas trop, ce n'était pas le genre de choses dont on se vantait. D'ailleurs, au niveau collégial, j'ai même marchandé mes services de rédaction à des amis. Je ne vantais pas de ça non plus!

J'entends encore le professeur nous dire : « Dans un texte d'une page, donnez votre point de vue sur tel sujet, en expliquant ce qui motive ce point de vue. L'opinion vous appartient, je vais m'attarder à vos arguments. Et à la qualité du français, évidemment. »

Un exercice pourtant essentiel

Tout joue contre les dissertations de nos jours. En fait, tout joue contre les réflexions qu'on s'oblige à faire par rapport à un sujet.

Les médias sociaux exigent que notre pensée tienne en quelques mots seulement. Twitter fonctionne comme ça. Et je sais que, sur les statuts de Facebook, plusieurs ne veulent pas cliquer sur la mention « lire la suite ». « Pas le temps pour ça! »

On cherche donc la phrase-choc. Celle qui vargera bien plus qu'elle énoncera. Une phrase courte et percutante. Une phrase bang!

Il y a aussi le fait qu'on semble apprécier le fait que les médias sociaux pensent à notre place. On peut s'exprimer à coup de « j'aime » ou « j'adore » et on peut facilement se désabonner de celle ou celui qui nous propose des idées contraires aux nôtres.

On ne garde ainsi que les éléments qui font notre affaire.

Et c'est très bien ainsi : Facebook et Instagram sont des médias sociaux. Je peux bien choisir de socialiser avec qui je veux, non? Ben oui!

Mais si mon média social est la principale source de mon information et que je choisis de me limiter à celles et ceux qui pensent comme moi, tout ça appuyé par l'aide des algorithmes, voilà que je ne suis informé que par un point de vue.

Les phrases passe-partout

Le hic, c'est qu'on finit par se retrouver en situation où on a à répondre à des questions.

« Tu es contre ça, toi? Mais pourquoi? »

La question est toute simple. Mais tellement embêtante en même temps! Je me suis fait répondre, un bon jour : « va voir mon Facebook, tu vas tout comprendre! »

À ce moment précis, je rêvais d'être un professeur qui aurait pu répondre : « à l'intérieur d'une page, explique-moi ce qui te motive, sans avoir recours à Google ou aux médias sociaux ».

Mais ça ne se fait pas.

C'est là que les phrases passe-partout deviennent une bouée intéressante. Du genre : « C'est contre mes valeurs! »

Ah! Bon.

Rarement, on va plus loin. C'est une phrase qui ferme la porte aux discussions : « ce sont mes valeurs. Les valeurs, c'est profond. J'ai le droit à mes valeurs. Faque, on n'en parle plus. C'est tout. »

« J'ai droit à mon opinion » est une autre phrase passe-partout. En cas d'urgence, on peut l'appuyer ainsi : « j'exige qu'on respecte mon opinion ».

Le test du texte

Depuis 2006, j'ai dû signer près de 800 chroniques. Vous dire le nombre de fois que j'ai modifié un point de vue initial en alignant des mots pour l'expliquer, c'est fou! C'est la grande vertu de cet exercice qu'on peut toutes et tous faire, en jetant la feuille ensuite si on le veut. Au moins, ça aide à trier les idées.

Je m'inquiète beaucoup de cette tendance à ramener notre idée à une phrase-choc, ou pire, à essayer de faire entrer nos arguments dans une série d'émoticônes.

Les enjeux devant nous méritent notre réflexion. Pas juste nos impulsions.

 

Clin d'œil

Je décide que la vertu est une valeur. Et comme « on ne peut être contre la vertu », ben voilà, j'ai un pouvoir de superhéros!


  A LIRE AUSSI ...

Et Dieu, il relève de qui ?

Mardi 7 avril 2026
Et Dieu, il relève de qui ?
Vivre en accéléré

Lundi 27 avril 2026
Vivre en accéléré
L’âge. Le thème qui nous hante !

Lundi 20 avril 2026
L’âge. Le thème qui nous hante !
NOS RECOMMANDATIONS
Un festival gratuit à découvrir à Sherbrooke

Mardi 28 avril 2026
Un festival gratuit à découvrir à Sherbrooke
Avis de réduction de la consommation d’eau à Magog

Lundi 27 avril 2026
Avis de réduction de la consommation d’eau à Magog
Magog : la CCIT Memphrémagog et Magog Technopole unissent leurs forces

Mercredi 29 avril 2026
Magog : la CCIT Memphrémagog et Magog Technopole unissent leurs forces
PLUS... | CONSULTEZ LA SECTION COMPLÈTE...

 
François Fouquet
Lundi, 27 avril 2026
Vivre en accéléré

Estrie : investissement majeur en transport en commun Par Martin Bossé Lundi, 27 avril 2026
Estrie : investissement majeur en transport en commun
Arrestation à Sherbrooke après une violente agression à la hache au Domaine Joly-Mont Par Martin Bossé Mercredi, 29 avril 2026
Arrestation à Sherbrooke après une violente agression à la hache au Domaine Joly-Mont
Fermeture de Meubles South Shore : la députée Geneviève Hébert exprime son soutien aux travailleurs de Coaticook Par Martin Bossé Mercredi, 29 avril 2026
Fermeture de Meubles South Shore : la députée Geneviève Hébert exprime son soutien aux travailleurs de Coaticook
Un festival gratuit à découvrir à Sherbrooke Par Martin Bossé Mardi, 28 avril 2026
Un festival gratuit à découvrir à Sherbrooke
La Friperie-Boutique Aube-Lumière rouvre pour une 24e saison à Sherbrooke Par Martin Bossé Mardi, 28 avril 2026
La Friperie-Boutique Aube-Lumière rouvre pour une 24e saison à Sherbrooke
Magog : la CCIT Memphrémagog et Magog Technopole unissent leurs forces Par Martin Bossé Mercredi, 29 avril 2026
Magog : la CCIT Memphrémagog et Magog Technopole unissent leurs forces
ACHETEZ EstriePlus.com
bannières | concours | répertoire web | publireportage | texte de référencement | site web | vidéos | chroniqueur vedette
2026 © EstriePlus.com, tous droits réservés | Contactez-nous