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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Merci de ne pas m'abaisser avec ça

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Photo : S’il est vrai qu’on a des tics et tocs (et quoi encore), il est aussi vrai qu’on a des façons de répéter les mêmes choses. Ad nauseam, me semble-t-il, parfois. - François Fouquet
François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 7 mai 2018

Je crois qu'on en a toutes et tous. Sans exception. Je parle de manies, de tics aussi nerveux qu'énervants. De petits tocs plus ou moins fatigants pour soi ou pour autrui.

Je ne sais trop d'où ça vient. Difficile à dire, en fait.

C'est peut-être un peu génétique. Peut-être que ces tics ou habitudes viennent par le biais de la copie des actions d'autrui. Dans la copie des mimiques, dirait-on.

C'est comme ça pour mon grand frère et moi. On se fait souvent dire qu'on se ressemble. Pourtant, il me semble que ce n'est pas si évident. Mais dans les mimiques, dans la manière qu'on a de se croiser la jambe quand on est debout et appuyé au mur. Dans la façon de se croiser les bras. Bref, c'est dans les gestes qu'on finit par se ressembler.

Mais là n'est pas le point cette semaine.

S'il est vrai qu'on a des tics et tocs (et quoi encore), il est aussi vrai qu'on a des façons de répéter les mêmes choses. Ad nauseam, me semble-t-il, parfois.

Parfois, ce sont des sujets qui reviennent sans cesse. Comme parler continuellement d'une personne qui a marqué votre parcours ou votre imaginaire. Et là, vous répétez essentiellement les mêmes choses. Vous savez, cette fille qui vous avait de l'effet il y a longtemps et à qui vous référez encore régulièrement, au risque de vous faire dire « OK, on a compris, décroche! »

Cette dernière phrase est difficile à entendre : « OK, on a compris, décroche! »

Premièrement, c'est une façon polie de se faire dire « T'a ferme-tu, ta boîte!?! », sur un ton excédé. Mais, surtout, c'est une façon abrupte de se faire planter un miroir en pleine face. Miroir qui vient te faire rendre compte qu'effectivement, tu te répètes et que tu aurais intérêt à passer à autre chose.

Mais moi, je crois, c'est pire que des tics et tocs et souvenirs de premières blondes.

Heureusement, je crois m'en être aperçu moi-même, évitant ainsi le coup du miroir salopard.

Je m'entends, jour après jour, répéter les mêmes trucs. Entreprendre mes conversations de la même manière. Manière qui peut être gossante, je crois bien. Et aujourd'hui, je viens dire publiquement et officiellement merci à mon entourage personnel et professionnel.

Vous avez toutes et tous la gentillesse de ne pas me remettre sur le nez ma façon de rabâcher les mêmes trucs, jour après jour. Mieux encore, vous vous faites solidaires! Allez, je sais bien qu'au fond, vous m'aimez bien et, qu'à ce titre, vous jouez même le jeu! Peut-être vous dites-vous : « Y décrochera pas, autant jouez le jeu avec lui! ». Ça se peut qu'il en soit ainsi, je n'y peux rien.

Ce que je peux faire, c'est de vous remercier d'embarquer dans ma presque psychose. De ne pas me déstabiliser en me disant que je suis « crackpot » de toujours parler de ça. Toujours et encore, encore et toujours.

Alors voilà. Merci à vous tous. Je sais que ce n'est probablement pas normal, ce que je fais. Je ne sais pas si votre façon de ne pas me juger m'aide ou me nuit. Peut-être que votre complicité me fait m'enfoncer dans l'absurde un peu plus chaque jour...

Je ne sais plus!

En fait, tout ce que je sais, c'est que mes amorces de conversations sont souvent insipides. Vides de sens réel. Comme si elles étaient habitées par une obsession sourde venue de je ne sais où...

Imaginez...

« Y fait-tu assez beau? »

« Maudit qu'y fait jamais beau! »

« Y fait beau à matin! »

Je sais que je suis à peu près le seul à faire ça. Mais je sais aussi que vous embarquez dans le jeu. Par pure solidarité.
Alors, merci de votre appui...

Clin d'œil de la semaine

Le temps qu'il fait : tant de mots échangés sur quelque chose qu'on ne peut absolument pas changer...

 


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