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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Martineau et les choix

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Je ne lis jamais Richard Martineau. Ce n'est pas très grave. Il ne doit pas me lire non plus.

Je ne le lis jamais ou vraiment rarement.

Pourtant, c'est arrivé cette semaine. Attablé seul au restaurant, je jette mon dévolu sur l'édition du jour du Journal de Montréal. Celle de mardi dernier. En passant, si on vous demande une définition du mot convergence, fournissez Journal de Montréal comme réponse, c'est assez éloquent. Je savais que l'empire voguait sur la vague convergente, mais je n'avais pas vraiment pris toute la mesure de la chose. À peu près tout, de la nouvelle à la promotion, est là pour établir des liens entre les médias et les intérêts du groupe. Mais bon. Comme c'est le modèle annoncé, on ne va pas condamner ou se surprendre!

En tournant les pages, je me refaisais cette mise en garde qui tient toujours : lorsqu'on consulte un média, quel qu'il soit, il convient de ne pas laisser de côté son sens critique.

Mais Martineau, là-dedans?

Il n'était pas mauvais. Pas choquant. Il exprimait un point de vue. Il développait son point, comme qu'on dit!

Son point, justement, consistait à défendre le principe des coupes budgétaires annoncées par les Libéraux de Philippe Couillard. Il reprenait essentiellement les arguments qu'il tenait pour condamner vertement (à Tout le monde en parle, entre autres) les paresseux « carrés rouges » lors du printemps érable. Il nous avait dit (et c'est son point encore) que la dette et le déficit budgétaire constituaient des enjeux majeurs qui justifient des coupes budgétaires majeures. Ce qu'il ajoute, dans sa chronique de mardi dernier, c'est cette demande qu'il fait aux lecteurs de ne pas critiquer le gouvernement qui démontre assez de courage pour s'attaquer aux problèmes d'argent de la province. En bref, laissons-le couper. Son équation est simple : on dépense trop, faque là, on coupe. Pas compliqué, non? Alors, laissons-le faire sans chialer.

C'est cette vision simpliste qui m'énerve.

Les problèmes de budget, de dette et de déficit sont réels. Mais M. Couillard n'a pas abordé ce point en campagne électorale. Ou très peu. Il n'a pas établi sa stratégie clairement. Aujourd'hui, il prétendra que tout était inclus dans des phrases comme « Nous gérerons de façon responsable. Pas comme ceux qui sont là. Il n'y aura pas de référendum. » C'était ça, le message.

Je sais qu'on vit sur de l'argent emprunté.

Mais il n'y a pas que l'argent. Il y a un modèle social derrière tout cela. Une responsabilité de l'état. Mais de cela, on ne parle pas. On parle de stabilité. La stabilité, c'est de ne pas toucher au modèle fiscal qui avantage les mieux nantis. De ne pas toucher aux impôts des grandes entreprises. Aux redevances liées aux ressources naturelles. Bref, de ne pas toucher au pacte fiscal.

La stabilité, c'est de continuer à croire qu'il suffit de réduire les dépenses chez les sans-voix et maintenir un modèle qui plaît aux grandes-voix. C'est maintenir cette pensée magique selon laquelle les grandes entreprises sont le moteur ultime de l'économie. Le problème, chez les grandes entreprises, c'est que la responsabilité sociale a, depuis longtemps, cédé le pas aux résultats du présent trimestre.

Le constat est sombre, économiquement, j'en conviens.

Mais c'est opportuniste de la part de M. Couillard de commander une étude de l'état des finances au lendemain de son élection. S'il avait eu le « courage » de le faire avant, on aurait pu parler des vraies affaires. Mais le but d'une campagne, c'est d'être élu. Pas d'aborder des questions aussi graves! Papa réglera tout cela une fois qu'il sera au pouvoir.

C'est ce genre de raisonnement simpliste qui m'énerve un peu, à la fin.

Clin d'œil de la semaine

« Il est très riche, mais il a travaillé dur. Il le mérite. » À trop privatiser, tantôt, je crains qu'on doive se contenter de la santé qu'on mérite...


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