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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 15 juin 2020

Pas raciste. Ou peu… Ça dépend, quand même!



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Je vous ai parlé de ma colère sourde, celle qui hante. Une colère ramenée à la surface par le meurtre de George Floyd aux États-Unis.

Elle est toujours là. Elle a élu domicile en moi. Elle a un coloc: malaise. Colère et malaise ne semblent pas vouloir déménager. La Régie du logement n'y pourra rien. Faudra que j'apprenne à vivre avec.

Autant, donc, tenter de comprendre ce qu'ils font là, en moi, alors que je ne savais même pas que j'avais un appartement à louer!

Les déclarations se succèdent, ces jours-ci « Au Québec, on n'est pas racistes! »

Premier malaise : comment peut-on en arriver à une pareille généralité? Pire : quand pareille généralité vient nous englober toutes et tous, elle m'évite de me demander, sur une base individuelle, si je suis raciste. L'équation devient simpliste : « je suis Québécois. Et au Québec, on n'est pas racistes. Bon, ben, je suis correct, je suis pas raciste. On passe à un autre appel! »

Il est là, mon malaise.

Il me revient en tête les années 1980, lors desquelles les débats sur l'homosexualité occupaient beaucoup d'espace médiatique et social.

« Moi, les homosexuels, j'ai pas de trouble avec ça. Tant qu'ils me laissent tranquille, y peuvent ben faire ce qu'ils veulent! »

Est-ce la même chose pour le racisme?

Nous sommes une jeune société qui a été tenue en laisse pendant quelques centaines d'années par un clergé qui a encadré nos pensées et du coup, a anéanti notre confiance en soi. Je ne crois pas que c'était l'objectif. Mais c'est devenu une conséquence. Conséquence du fait qu'à force de penser en notre nom, bien on finit par ne pas savoir comment on pense tout seul!

Comme société, nous sommes donc (je généralise et caricature, je sais!) des ados qui se cherchent. Ados prometteurs, mais qui se cherchent quand même.

Amenez, là-dedans, plein de nouvelles personnes qui ne correspondent pas aux critères de base qu'on connaît, et voilà qu'on se sent moins en sécurité.

C'est quoi, ne pas être raciste?

D'abord, Larousse nous dit ceci sur le racisme: idéologie fondée sur la croyance qu'il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les «races »; comportement inspiré par cette idéologie.

Et on ajoute : Attitude d'hostilité systématique à l'égard d'une catégorie déterminée de personnes : Racisme antijeunes

Dans nos cuisines, nous sommes presque tous non-racistes. C'est facile de ne pas être raciste quand on est entre "souches". Mais des questions me hantent.

Quand je choisis de ne pas rencontrer une personne qui a un nom « bizarre » pour occuper un poste dans mon entreprise, préférant une souche à la place, suis-je raciste?

Quand je m'évertue à dire à ces personnes d'une autre communauté culturelle que « je viens juste de louer l'appartement, désolé! », suis-je raciste?

« Oui, mais là, c'est pas pareil, François! J'ai déjà loué à un Africain, pis je l'ai regretté! »

Ouin... si c'est ça, il y a des centaines de dossiers de souches à la Régie du logement et pourtant, tu choisis une souche!
« Oui, mais y sentent pas bon pis ça sent leur bouffe dans tout le bloc! »

Ouin... ça sent toujours la bouffe de l'autre dans un bloc. Mais là, les arômes diffèrent.

« Non, mais là, François, va pas croire que je suis raciste, là! C'était dégueulasse, ce qu'ils ont fait à George Floyd! »

Il est aussi là, mon malaise.

Ne pas être raciste, ce n'est pas juste décrier une injustice. C'est faire les premiers pas vers l'autre. Créer des ponts. Travailler sur la confiance plus que la méfiance. Surtout, le faire comme deux jeunes enfants le font : pour le plaisir de socialiser avec l'autre. Pas pour lui démontrer que, bon, "tu es chez nous, alors, je t'accepte. Comme invité ».

Traiter quelqu'un comme un invité, c'est tenir pour acquis qu'il n'est que de passage.

C'est lourd, ne pas être raciste. Et je crois sincèrement qu'on se proclame non-raciste un peu trop facilement.

Je sais que moi, en tous les cas, il me reste des pas à faire.

Lente évolution

Celui qui disait que « moi, les homosexuels, j'ai pas de trouble avec ça, tant qu'ils me laissent tranquille » dit maintenant « On a soupé avec des amis, pis y avait un couple d'homosexuels. Ça m'a pas dérangé. Moi, tant qui s'embrassent pas devant le monde! »

Lente évolution...

Ma colère sourde va faire bon ménage avec mon malaise longtemps, je crois bien.

Mais je ne me décourage pas.

Je préfère la construction de ponts au découragement.

Clin d'œil de la semaine

Savoir d'où on vient, c'est un constat. Pas un engagement. Déterminer où on va, ça, c'est un engagement!


Écoloboutique juillet 2020
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