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Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu répond au chroniqueur Daniel Nadeau

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Photo : Photo: courtoisie
Vendredi 24 avril 2015

NDLR: À la suite de la parution de l'article de Daniel Nadeau publié le 22 avril dernier, le sénateur Pierre-Hugues Boisvevu a tenu à répondre au chroniqueur. Voici la réponse qu'il a fait parvenir à l'équipe d'EstriePlus.com.

Dans sa chronique du 22 avril, Daniel Nadeau se questionnait sur mon absence « parmi les ténors » (?) pour exiger du gouvernement fédéral une énième étude sur la violence dont sont victimes les femmes autochtones au Canada.

Le contenu de cet article démontre une certaine méconnaissance de M. Nadeau quant au dossier autochtone au Canada, mais, surtout, de ses particularités socio-économiques. Pour avoir travaillé pendant de nombreuses années avec les communautés autochtones d'Abitibi mais également dans les dossiers spécifiques de femmes et familles autochtones dont un proche a été assassiné, je partage entièrement la position de notre gouvernement d'agir dans l'action. Plutôt que de dépenser des dizaines de millions de dollars supplémentaires dans  une « autre étude futile » qui s'ajouterait aux dizaines déjà réalisées, nos dirigeants ont décidé de penser et d'agir concrètement.

Précisons que les données nationales sur la criminalité et sur la violence dont sont victimes les femmes autochtones varient énormément dépendamment du lieu où elles vivent au pays. Ces différences sont principalement dues aux conditions sociales et économiques de ces communautés. Il en va de même pour l'analyse des données sur la violence et le suicide chez les jeunes de ces mêmes communautés. Toutes les études, recherches et analyses réalisées depuis les années 80 pointent vers les mêmes raisons: la pauvreté, la toxicomanie, la prostitution, la sous-scolarisation et le chômage. Ce sont-là les fondements des pauvres conditions de vie qui caractérisent ces communautés. Il faut donc agir sur ces causes plutôt que d'accumuler des études qui retardent inutilement une action prompte. C'est le choix que nous avons fait.

Depuis plusieurs années, notre gouvernement investit massivement dans les communautés, partout au pays, afin d'améliorer leurs conditions de vie. Je rappelle à M. Nadeau que le gouvernement fédéral dépense annuellement  8,1 milliards de $ dans les communautés autochtones du Canada. Contrairement à d'autres organismes fédéraux, ce budget n'a pas connu des compressions importantes suite à l'exercice de rationalisation que notre gouvernement a effectué au cours des dernières années. De plus, le budget présenté par le ministre Oliver le 21 avril 2015 prévoit 100 millions de $ supplémentaires pour gérer d'autres enjeux.

Notre priorité est avant tout d'outiller ces communautés, afin qu'elles puissent donner espoir aux jeunes et aux femmes de se bâtir un futur prometteur, excluant toute forme de violence. Le défi est grand, mais les moyens sont présents pour y parvenir. Pensons notamment à la communauté Crie du Québec qui a fait du développement économique sa priorité : elle est un modèle à suivre en ce qui a trait à la gestion des problématiques dont il est question ici. Je précise néanmoins que cette communauté n'est pas exempte de toute forme de violence pour autant : une certaine forme de violence est  malheureusement toujours présente dans nos sociétés.

Une autre facette à ne pas occulter dans le traitement des dossiers de violence - notamment celui des homicides - est leur taux de résolution anormalement bas. Une récente étude de la GRC indique que 70% des familles de victimes se disaient insatisfaites du travail des policiers. C'est pourquoi notre gouvernement a ajouté des ressources importantes, afin d'améliorer la sécurité dans ces communautés ainsi que le taux de résolution de la criminalité qui y sévit. Nous sommes également persuadés que ces ressources additionnelles auront un impact sur la diminution de la violence conjugale.

En conclusion, la violence dans les communautés autochtones, de même que les taux élevés de suicides et d'homicides, sont des enjeux majeurs qui requièrent une implication forte et constante de tous les paliers de gouvernement. Ce n'est qu'à cette condition que nous réussirons nos objectifs de société.


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