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  CHRONIQUEURS / Deux mots à vous dire

Souvenirs et repères d'un "mon'oncle"

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François Fouquet Par François Fouquet
Lundi 29 juin 2020

La beauté est dans l'œil de celui qui regarde. C'est une question de goût, de perspective.

D'ailleurs, cette perspective change souvent le regard qu'on a sur quelqu'un. Par exemple, plus jeune, genre à l'adolescence (!), je me souviens que mes oncles et tantes étaient des gens vieux. Des « madames ». Des « monsieurs ». Ils étaient généralement très gentils et souriants. Mais ils étaient vieux.

Puis, le temps a passé. Bizarrement, s'il n'y a rien de plus précis et fiable que l'espace entre deux secondes ou entre deux minutes, tout au long de nos vies, il me semble que le temps a passé bien vite. Pas que je sente la fin prochaine, pas du tout! Mais bon, il y a longtemps que je suis un « mon'oncle » pour des neveux et nièces qui me rappellent souvent que mes blagues trahissent mon statut dans la famille!

Honnêtement, tout étant perception, j'aime croire que notre allure est moins « mon'oncle » ou ma tante » que celle de nos oncles et tantes à nous. J'aime le croire, mais je suis loin d'en être certain!

Coup de nostalgie? Non! Coup de cœur...

Je repensais à mes oncles et tantes, la fin de semaine dernière, alors que j'accompagnais mes cousins dans la mise en habitacle de l'urne contenant les cendres de leur maman. Ma tante.

Enfin, après quelques mois, Covid-19 oblige, Madeleine rejoignait finalement son Roland.

Comme au jour des funérailles de ma tante, on a écouté, presque religieusement, la chanson « Je n'aurai pas le temps » que ma tante chantait merveilleusement bien. Il me semblait l'entendre chanter cet air dans nos fêtes de famille.

À un moment, sans trop que je ne sache ou comprenne pourquoi, je me suis rappelé du cheminement de ce couple. Un cheminement responsable. Assumé. Une progéniture de cinq garçons pleins d'une énergie débordante. Cinq garçons qui goûtaient à la liberté que leurs parents ne les empêchaient pas d'avoir. Parfois au péril de la leur.

C'est touchant de constater, après coup, que, malgré les tournures pas toujours concluantes des expériences qu'ils vivaient, mes cousins savaient toujours que les parents seraient là pour eux. Quoi qu'il en soit.

Mais plus touchant encore, le fait que les enfants voyaient leurs parents entretenir des projets eux aussi! Ma tante avait une soif inaltérable de connaissances. Elle était curieuse, fouineuse et rieuse.

Malgré une maisonnée somme toute grouillante, ils ont vécu, sous leur toit, avec notre grand-maman pour qui ils conservent toujours un tendre souvenir.

Quand je regarde ça de ma perspective actuelle, je ne peux que saluer l'esprit libre qui habitait ma tante et mon oncle. Mais je salue aussi leur sens aigu de l'engagement envers leur famille. Et je dis bravo de nous avoir appris, par la simple parole de leurs faits et gestes, que la liberté individuelle est une chose, mais qu'elle doit être conjuguée avec le respect et l'engagement avec l'autre pour avoir un sens.

Un moment de prise de conscience.

Voilà, c'est fait. Le fils de mon cousin vient de déposer l'urne de bronze de sa grand-maman tout près de celle de l'homme qui a été son compagnon de vie pendant tant d'années. Ça fait du bien de les voir ainsi réunis. Ça redonne du sens à leur engagement.

Puis je me disais...

Mettons que mes neveux et nièces ne me voient pas aussi vieux que je voyais mes oncles et tantes quand j'étais ado. Mettons! Qu'est-ce qu'ils diront ou penseront de moi quand ma dernière heure sera venue?

Un sourire en coin apparaît dans mon visage...

Le fait est que je ne veux même pas me poser la question. Le fait est qu'on ne doit pas faire les choses en fonction des souvenirs qu'on veut laisser.

On agit au meilleur de nos connaissances. « Fais ton possible! », répétaient mes parents.
Comme mon oncle et ma tante l'ont fait. Sans se demander ce qu'on allait retenir d'eux.
De toute façon, les souvenirs, c'est comme la beauté : ça appartient à l'œil qui regarde!

À la fin de la courte cérémonie, la chanson « C'est beau la vie » par Jean Ferrat, remplit l'espace et les cœurs. Surtout quand il dit :

Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé...

Ma tante qui rejoint mon oncle. L'image de l'amour retrouvé...
Je l'affirme, maintenant, ému, en pensant à ma tante et mon oncle : c'est beau, votre vie!

Clin d'œil de la semaine

Aussi strictes en soient les mesures, le temps est souple : il peut fuir, couler, passer, s'éterniser ou s'éclipser!


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