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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 2 mai 2016

Vie de chien, vie de chat



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Il y a de cela plusieurs années maintenant, mon fiston (devenu fils, depuis!) a été hospitalisé. De façon urgente. Une urgence que je croyais relative, mais qui s'est avérée pas mal urgente. En consultation vers 20h, voilà qu'il était opéré à minuit trente pour une crise d'appendicite.

Je n'ai pas grand-chose à redire de mon expérience. Ou plutôt, si. Un détail. Qui a plus à voir avec ma santé qu'avec celle de mon fiston, en fait.

Le médecin qui l'a opéré a fait ça comme un grand. La jeune trentaine, sûr de lui, il s'est fait rassurant. Il a bien expliqué ce qui allait se passer, a ri un peu avec mon fils, bref, tout était parfait. Et tout s'est déroulé comme ce qui avait été convenu.

Sauf pour le papa qui a dû poireauter pendant 5 heures avant d'avoir la moindre nouvelle. La nuit, tous les chats sont gris, dit-on. Hey,bien, les chats étaient plus absents que gris au comptoir des informations du département!

À 5 h30, on m'a dit que je pouvais parler à mon fils, que tout était beau.

Quelques jours plus tard, c'est le chat que je traînais à la clinique vétérinaire pour une opération visant à annuler toute pensée de reproduction chez lui. La dame à l'accueil m'a demandé mon numéro de téléphone cellulaire.

« Je veux bien, mais pourquoi? »

« Je vais vous appeler dès que l'opération sera terminée! »

« Euh, non! Je reviens à 17 h, comme prévu. On verra à ce moment-là! »

Aux yeux de la dame et à ceux des gens autour, j'étais un être sans cœur, je crois bien. En fait, je digérais assez mal que le service de communication soit meilleur pour le chat que pour mon fils.

Je regarde aller notre ministre de la Santé, le tout-bon Docteur Barrette, celui que personne n'ose freiner, celui qui ne ressemble en rien à ce que M. Couillard avait promis qu'il serait, celui qui ramène tous les pouvoirs sur son bureau, imposant ceci et cela, comme tout bon possesseur de vérité le ferait.

Celui qui a décidé que la communication se faisait à sens unique. Je parle, tu écoutes. Tu discutes? Je me choque. Tu m'interpelles? Je te réponds par le biais des médias.

Pour moi, la multiplication des décrets ne règle pas grand-chose. En santé comme ailleurs. Le leadership ne s'exprime pas par des décrets. Vous savez quoi? C'est même beaucoup moins courageux et efficace de gérer à coups de décrets. Savoir ce qu'on veut et faire preuve d'arrogance, ce n'est pas la même chose.

Vous allez dire que je ne rajeunis pas (vous non plus, cela dit!), mais j'ai vécu un virage ambulatoire, deux ou trois réformes du système, le CHUS est devenu le CUSE avant de redevenir le CHUS, puis de changer pour le CIUSS-CHUS. On a changé, rechangé, revampé, modifié, optimisé, revu et corrigé le système et les mêmes problèmes sont restés, pantois, sur la feuille de cartable devenue jaune et écornée : l'accessibilité au système est et demeure problématique.

Il y a des gens qui appellent le vétérinaire pour une opinion par rapport à leur état de santé à eux! Bien sûr, ils n'obtiennent pas de réponse, mais bon, ils essaient, en désespoir de cause.

Pendant ce temps, dans les épiceries, il y a une centaine de pieds linéaires (4 tablettes en hauteur), de produits pour le chien ou le chat. Le chien peut maintenant manger du canard!

Pendant ce temps, on est prêts à payer des milliers de dollars pour opérer un chien et lui donner une couple d'années de plus.

Pendant ce temps, on élit, tour à tour, des politiciens qui font de la santé et de l'éducation une priorité.

Ma question est la suivante, votre honneur : l'expression « une vie de chien », c'est supposé être négatif, ça?

Clin d'œil de la semaine
On n'est pas sortis de l'auberge, dit le vieil adage. Je comprends, il n'y a même plus de chambre pour, même, y entrer!


Genevieve Hébert, députée de Saint-Francois
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