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François Fouquet Par François Fouquet

Mercredi, 27 décembre 2017

Douce nuit, sainte nuit?



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Certaines chansons de Noël s’accrochent à nous. Celle qui nous fait du bien. Pourquoi elle nous fait du bien ? On ne sait pas toujours.

Certaines chansons de Noël s'accrochent à nous. Il semble que même si on en arrive parfois à une espèce de ras-le-bol des airs trop connus, il n'en demeure pas moins qu'à un moment donné, notre chanson joue. Celle qui nous fait du bien.

Pourquoi elle nous fait du bien ? On ne sait pas toujours. Parfois, la mélodie s'agrippe à une petite crevasse dans la peau lisse de notre indifférence et voilà que c'est l'indifférence qui doit quitter le plateau.

Plusieurs chansons sont magnifiques. J'ai appris, de la bouche de Claude Saucier, que I'll be home for Christmas a été composée en 1943 en pensant à tous ces soldats de la Deuxième Guerre mondiale qui espéraient tant revenir à Noël. On comprend qu'ils devaient souhaiter que la guerre finisse d'ici là. On comprend aussi qu'ils souhaitaient simplement être encore vivants à ce moment. Et à la toute fin, Bing Crosby lance cette phrase tellement riche de sens :  I'll be home for Christmas...if only in my dreams (Je serai à la maison pour Noël, ne serait-ce que dans mes rêves, en traduction libre).

Triste, mais remplie d'espoir en même temps, cette chanson. 

Il y a bien sûr Happy Christmas de John Lennon. Celle qui appelle à l'action. L'action qui part de l'intérieur de soi.

Il y a toutes ces ritournelles dites classiques. Pas au sens musique classique, mais au sens de l'inscription dans le monde plus ou moins imaginaire de Noël. Pour la livraison francophone, proposez-moi les voix de Ginette Reno et de Marie-Michelle Desrosiers et vous avez un homme comblé qui laisse mijoter ses souvenirs dans un bouillon d'espoir en une sorte de magie temporaire qui rassure. Après tout, on arrêtait la guerre pendant 24 heures au jour de Noël entre 1939 et 1945. Le temps de se dire qu'on serait si bien à la maison pour Noël...

Mais la mienne, celle qui me chavire, qui me pousse à mettre les freins, à ralentir même le temps qui semble fuir ou s'enfuir, c'est Sainte nuit.

Il y a là un paradoxe assez solide, d'ailleurs! Si vous me connaissez un peu, ne serait-ce qu'au fil des chroniques hebdomadaires, vous savez certaines choses de moi. Parmi celles-ci, le fait que je ne suis pas une personne religieuse.

Et pourtant, "Sainte nuit" me chamboule.

Et je sais pourquoi.

Sa mélodie, solide et douce en même temps, appelle au ralentissement, évoque la douceur de la paix qui règne autour.

Oh! Nuit de paix, sainte nuit. Dans le ciel, l'astre luit...

J'arrête là les paroles. Celles qui me chamboulent sont dites. Nuit de paix. Jour de paix. Pour moi, c'est un jour sans commerce, sans heure de tombée pour un rendez-vous quelconque. Un temps qui me rappelle mes dimanches d'enfant, avant qu'on décide collectivement que le magasinage avait une valeur vitale...

Dans le ciel, l'astre luit. L'astre, en fait, ce sont les étoiles. Celles qu'on ne regarde plus parce qu'on est trop occupés à regarder en avant. Il faut lever les yeux pour voir les étoiles. Et on ne peut pas vraiment marcher la tête en l'air. Ça force le temps d'arrêt. À une époque où notre regard est attiré vers le bas, vers l'écran lumineux qui guide nos pas et nos vies, souvent, on oublie la simplicité du temps d'arrêt.

Pour moi, Sainte nuit, ça regroupe tout ça. Je m'accroche à la mélodie et me laisse emporter. Je ne pourrais pas chanter le reste tellement l'effet est fort.

Une mélodie sur la paix. Cette paix qui nécessite qu'on évacue la connerie humaine, ne gardant que le bon. Le beau. Celle qui nous fait dire, une fois excédés, qu'on souhaite que la connerie s'éclipse et qu'elle nous laisse la sainte paix...

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Jérusalem est une terre sainte. Je préfère la terre qu'on peut cultiver...


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