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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 24 août 2015

Dessine-moi une murale



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Les murales qui ornent des pans latéraux complets de certains édifices de Sherbrooke (et qui autrement seraient désuets et pas très beaux) sont devenues une valeur ajoutée dans notre vie quotidienne.

Nées d'une initiative heureuse il y a plusieurs années maintenant, les murales sont agréables et utiles. Pour plusieurs raisons.

D'abord, elles nous forcent à nous arrêter un brin. Pas facile de faire ça de nos jours. S'arrêter! Vous imaginez? Ça veut dire mettre en veilleuse toute la séquence des gestes que nous avons mis en place pour être performants! Passer à côté d'une murale sans au moins ralentir le pas, quand on circule à pied, ça demande un petit effort (à moins qu'on croise la même murale chaque jour).

Mais il y a plus. Les murales s'inscrivent dans ce que j'appelle le devoir de mémoire. Une ville se bâtit au gré des gestes posés par des citoyens dans des contextes qui ne cessent d'évoluer. Se rappeler de ce qu'était hier est non seulement une marque de respect pour ce que Sherbrooke a été, mais c'est aussi un moyen de remettre en question ce que nous faisons présentement. Apprendre du passé dénote une sagesse qui peut s'avérer rentable.

Encore une chose : l'aspect ludique et franchement très réussi des murales vient égayer des coins qui étaient bien plus tristes avant.     

On pourrait continuer ainsi un bout de temps, soulignant au passage qu'en plus, les murales sont un attrait touristique de premier niveau. J'émets un bémol (je suis parfois rabat-joie, je sais). Nous sommes dans une ère de mesures. On investit des sommes folles pour mesurer, de façon parfois plus ou moins théorique, l'impact de tel ou tel geste posé.

En fait, on met souvent des sommes assez folles pour faire la démonstration que l'idée de base n'était pas folle! Les murales demeurent un attrait. Suffisant pour faire déplacer des gens? Prise séparément de toutes les autres activités et de tous les points d'intérêt, la notion demeure discutable. Mais affirmer que les murales font partie de l'offre touristique sherbrookoise, là, j'achète.

Fort de tout ce que je viens d'énoncer, vous ne serez pas surpris de savoir que je suis heureux de l'initiative visant à retourner dans les rues de Sherbrooke, arrondissement par arrondissement, de cibler des murs plus petits et de faire en sorte d'insérer des murales plus petites, mais souvent plus éclatées que le réseau de base des grandes murales. Au fil des ajouts de murales, on est en train de créer une véritable offre complète.

Il est rafraîchissant de longer la rue King Est, entre autres, et de voir, à intervalles plus ou moins réguliers, des murales colorées, vivantes et riches de sens.

Ce sera la même chose pour Lennoxville cet été. Et ça devrait continuer ailleurs l'an prochain.

Que des artistes d'un peu partout dans le monde se joignent à des pinceaux d'ici pour créer une mosaïque de murales, c'est comme mettre valeur des visions différentes d'un même monde, reflétant ainsi la richesse multiculturelle de notre ville.

Je suis fier d'évoluer dans ma ville depuis 54 ans.

Je suis touché quand je réalise que l'art vient servir à mettre de l'avant ce devoir de mémoire que nous devons cultiver à une époque où tout devient virtuel.

Les murales donnent de la valeur à la vie. À notre vie.

Clin d'œil de la semaine :

Dessine-moi une murale... Il faut appliquer notre devoir de mémoire pour éviter de devenir : « Le Petit Prince... qui détruisait son royaume », récit de St-Exaspéré...      



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