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CHRONIQUEURS /
Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 12 mai 2014

Du pain et des jeux



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J'étais au secondaire. On avait des cours de latin à cette époque. Des cours qu'on trouvait donc inutiles! Apprendre une langue morte... Pas fort.

Surtout que nous étions adolescents! Vous savez, cet âge béni où la connaissance nous frappe d'un coup, faisant de nous des gens qui savent très bien ce qui sera bon pour nous maintenant et pour les siècles et les siècles...

En tous les cas, on savait très bien que ça ne servait à rien d'apprendre le latin.

« Pfffffff, méchante perte de temps! » se disait-on, notre bravoure accotée sur celle de l'autre qui accotait la sienne sur la nôtre! En groupe, notre opinion se clarifie toujours! Surtout si le groupe parle d'une même voix, a la même opinion.

Je vous avoue une chose, tout cela étant. J'ai eu une illumination, en secondaire 2. J'ai vu la lumière! Mais je n'en ai parlé à personne à cette époque. Le jugement de mes pairs m'aurait mis KO. Et les jugements de mes amis, c'est là-dessus que mon égo d'ado était accoté. La dernière affaire que je souhaitais affaiblir, c'était cela!

Donc, je sors de ce placard aujourd'hui...

J'étais à la pharmacie Gilles Savard, sur la rue Galt Ouest (entre Cabana et Léonard). Je me souviens bien du local. Hyper éclairé, trop climatisé et toujours cette odeur de pharmacie. Une odeur agréable, comme aseptisée, fraîche. C'était bien avant les pharmacies modernes où on fait un bout d'épicerie, achète des livres, magasine une Wi, se procure un toutou, achète du lave-glace, pour finir par oublier d'acheter l'acétaminophène dont on avait besoin. 

Je passe donc devant un étal où sont alignées des bouteilles de crème pour la peau. Pas que j'en avais besoin, nenon. Pour dire vrai, je me serais probablement plus intéressé au Clearasil qu'à autre chose. Mais bon. Là n'est pas le propos. De la crème Noxzema. Vous connaissez la chose, sûrement. Au moment précis où mon regard a croisé le pot, un rayon de lumière venu d'en haut l'a éclairée (me semble, en tous les cas). Et mon esprit s'est ouvert. Le latin prenait tout son sens. Nox, nuit. Zémus, décoction à partir de plantes. Donc, « crème Noxzema » : soins de nuit pour la peau à base de plantes. Outch! Je capote. Mais je réalise surtout que ça devient mon secret. Imaginez mes chums du temps s'unir, tous accotés les uns sur les autres, pour me traiter de têteux de prof... Plutôt mourir!

Toujours est-il que, parallèlement à ces cours de latin, le même prof (Yves Lacaille) nous donnait des cours d'histoire romaine. « Du pain et des jeux ». C'est là que j'ai entendu la phrase de Juvenal, il me semble (je ne Googlerai pas, ce n'est pas grave à ce stade-ci...).

J'ai vite compris que la phrase était sarcastique. J'ai toujours vu Juvenal comme un Daniel Lemire du temps. « Du pain et des jeux », dans ma tête, c'était cette image déjà forte que, si tu donnes du pain et des jeux à ton peuple, tu as la paix dans toutes tes actions. Le pain rassasie le corps. Les jeux occupent l'esprit qui ne se soucie plus de ce qui se passe autour. Le pouvoir politique a alors toute la latitude nécessaire pour opérer.

Je ne suis plus ado. Et je réalise que du pain, on en a à nous rendre obèses. Des jeux, on en a à nous occuper l'esprit plus qu'il ne faut pour ne rien voir autour de nous.

Du pain et des jeux, c'est cette façon de faire qui date d'av. J.-C. et qui tient encore la route. Notre système de consommation nous a permis de nous rouler dans le caramel à en faire du diabète. Tant que le caramel est assez sucré et dense, on ne peut pas en sortir facilement.      

C'est à tout cela que je pensais cette semaine quand je nous regardais ne rien faire et ne rien dire en lien avec les coupes budgétaires à Radio-Canada. Pendant qu'on mange notre pain et qu'on se concentre sur nos jeux, le pays se remodèle. Au nom de la responsabilité qu'a l'état de faire des économies.

Radio-Canada, c'est une fenêtre sur la culture souvent boudée par tout ce qui est commercial. C'est une suite de toutes sortes de reportages qui apportent une connaissance propre à nous permettre de nous faire une opinion qui dépassera le niveau d'analyse de Richard Martineau ou de Denis Lévesque. Dit autrement, la connaissance évite le piège par lequel on se fie béatement sur l'opinion du premier gueulard qu'on entend ou lit. Radio-Canada est un outil de cette connaissance. Pas le seul, mais un outil crédible qu'on n'a pas les moyens de perdre ou d'affaiblir. La valeur des choses n'entre pas toujours dans un tableau Excel.

Sans Radio-Canada, il n'y a pas de Commission Charbonneau. M. Charest a dû se retrouver dans ses derniers retranchements pour accepter de la mettre en place. C'est un dossier parmi des centaines.

Pas si inutile, le latin et l'histoire des Romains, finalement.

Tout est là : la connaissance procure une vision d'ensemble qui favorise le développement de la pensée critique, de l'opinion.

C'est précieux, à la fin...  

Clin d'œil de la semaine

Match de hockey ou pas, chaque jour, on a trois ou quatre heures de reportages par jour sur les séries éliminatoires. Le tout commandité par des chaînes de restauration. Trop de pain, trop de jeux...


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