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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 19 février 2018

Photo des Jeux



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Les Jeux olympiques sont le reflet de nos sociétés modernes : capables du meilleur et du pire. - François Fouquet

Les Jeux olympiques tournent à plein régime. Les deux Corées sont unifiées, au moins pour le temps des compétitions. On verra bien ensuite.

Les Jeux olympiques sont le reflet de nos sociétés modernes : capables du meilleur et du pire. Comment pourrait-il en être autrement? Prendre une photo des Jeux, c'est prendre une photo de nos sociétés. De leur capacité à conjuguer le meilleur et le pire dans la même phrase.

Il y a deux sortes de Jeux olympiques. Les Jeux des athlètes et les Jeux des nations. Les Jeux du meilleur et les Jeux du pire. Du moins, je le vois comme ça.

Le meilleur des Olympiques, ce sont les Jeux des athlètes. Ces centaines d'athlètes qui ont sacrifié temps, efforts et argent pour atteindre un niveau d'excellence. Ces athlètes qui, au gré des compétitions, se lient d'amitié avec les athlètes d'autres pays. Quand ils arrivent aux Jeux olympiques, ils ne se voient pas pour la première fois, nenon! Ils ont souvent passé les dernières années à se côtoyer à l'entraînement et lors des divers championnats mondiaux pour obtenir un droit de participation aux Jeux ultimes.

Tout n'est pas qu'harmonie, je le sais bien, mais perdre de vue cette facette serait perdre de vue une bonne partie de la valeur des Jeux. Des êtres humains qui se passionnent pour un sport, au-delà du drapeau.

Puis, il y a les Jeux des nations. Là, on sent que le vice est mieux installé. La volonté de faire en sorte que mon pays est meilleur que le tien, que mon système politique est meilleur que le tien, que ma société même est meilleure que la tienne. Le pire arrive souvent quand les coutures politiques s'invitent dans le tissu sportif. Le dopage toléré et même organisé en est un exemple.

Déjà que la pression du podium est très forte (trop forte, en fait)! Assis dans nos salons, on a le jugement facile : « Bon. Pas de podium. Il a cassé sous la pression », se dit-on, admettons-le, en changeant de chaîne pour notre téléréalité préférée.

Prendre une photo des Jeux, c'est prendre une photo de nos sociétés. Je pense à la première médaille de Kim Boutin et le déchaînement sur les médias sociaux. Les insultes et les menaces de mort. Tout cela pour une pénalité infligée à une Coréenne par un juge.

Au constat de ces événements, je me suis fait la réflexion suivante : la folie de rage qui semble gagner les individus n'est pas qu'occidentale. Elle est aussi orientale. Vous l'avez croisé, vous aussi, cette rage. Vous savez, celle qui fait que quelqu'un en arrive à gueuler après le trafic routier, gueuler après quelqu'un qui lui a « volé » une place de stationnement. Cette même rage, animée du courage du lâche, qui nous fait écrire des propos d'une violence inouïe, bien cachés derrière notre écran de téléphone ou de tablette, sur les médias sociaux. Des propos qui menacent une personne en particulier.

Prendre une photo des Jeux, c'est prendre une photo de nos sociétés.

Là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie, disait le sage.

Je fais le double souhait suivant : que jamais le dopage et la politique ne viennent ternir assez les Jeux pour éclipser la valeur intrinsèque du sport dans la vie de nos sociétés. La performance a un côté brillant et un côté sombre. Le brillant nous amène plus loin. Le sombre nous tue à petit feu. Puis, je nous souhaite la paix. Pas la grande paix dans le monde, ce n'est pas par là qu'il faut commencer. La paix en dedans. Cette paix qui nous fera nous calmer et mettre en évidence ce qui mérite notre colère et notre rage et ce qui ne mérite rien de tout cela.

On a du chemin à faire chacun chez nous, avant de décrocher une médaille, dirait l'autre...

Clin d'œil de la semaine

Ironique quand même : des centaines de Coréens ont insulté violemment une personne prénommée Kim...


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