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Deux mots à vous dire
François Fouquet Par François Fouquet

Lundi, 1 août 2016

Entre l’admiration et haut-le-cœur



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Ma relation avec les jeux Olympiques n'est pas claire. C'est quelque part entre l'admiration et le haut-le-coeur.

L'admiration d'athlètes qui ne cessent de repousser leurs limites. Ne cessent d'augmenter leurs performances. L'objectif ultime? Grimper sur le podium. Être le meilleur de son sport, de sa catégorie.

Il y a tellement de travail derrière ce genre de parcours que je ne peux qu'admirer la ténacité et la volonté de ces athlètes. Tellement d'oubli de soi, tellement de mises de côté d'expériences de vie qui, pourtant, font partie de la même route vers l'âge adulte. Ça prend du courage. Beaucoup de courage.

Quand on gagne l'or, tout est dit. Deux lettres. C'est tout. Déjà, l'argent nécessite plus de mots. Du genre : « une médaille d'argent, ce n'est quand même pas rien! ». Le bronze, bien là... Et quand un athlète frappe à la porte des Jeux, mais que personne ne répond, il repart avec son petit bonheur, espérant que son entourage aura su conserver une forme d'équilibre qui lui permettra de prendre une autre route, la tête haute et mû par la satisfaction d'avoir tout donné, au meilleur de ce qu'il pouvait faire. La rancœur vieillit mal et fait mal vieillir.

C'est cruel comme ça, mais c'est le sport. Et personne ne peut dire qu'il ne savait pas que ça se passait de même.

Le haut-le-cœur maintenant.

Déjà que je n'aime pas les drapeaux, voilà que c'est une véritable guerre de drapeaux que se livrent les pays. Mon pays est meilleur que le tien. Mon système économique est donc meilleur que le tien. J'ai raison, tu as tort. Mon drapeau bat le tien.

Et pourtant...

J'ai l'impression amère que le sport passe après la science. Alors qu'un bras de la science performe pour introduire toutes sortes de substances susceptibles d'augmenter les performances de l'athlète, l'autre bras est en mode défensif et, de ce fait, tarde toujours à réagir. On en est à la mise en place d'un passeport biologique pour déterminer, à la base, les prédispositions de chacun. Si on est là, c'est que le sport est grugé par la tricherie. On prétend être atteint de tel ou tel problème de santé et qu'on doit prendre des médicaments. La vraie santé de l'athlète, dans quelques années? Ça ne compte pas beaucoup dans l'équation, madame, monsieur...

Les Russes seront probablement des Jeux alors que leur système a été pris les deux mains dans le plat de bonbons.

Haut-le-cœur...

Les Jeux coûteront une véritable fortune et les installations ne seront pas prêtes complètement. Ça rappelle Montréal il y a quarante ans cette année.

Tôt ou tard (et plus tôt que tard), il faudra bien en arriver à redéfinir ces Jeux. Notre planète vie avec de moins en moins de frontières. Des gens de partout vivent partout. Peut-être devrait-on réinventer le modèle en misant plus sur l'athlète que sur le pays, ce serait déjà moins politique comme approche. Ce faisant, il serait probablement plus facile de contrôler les athlètes. Il faudra aussi réagir par rapport aux coûts de Jeux pour les pays hôtes. C'est devenu franchement honteux.

Je sais bien que là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie et que la tricherie fait partie de l'histoire de l'humanité, mais quand même. Le statu quo ne fera que concrétiser la descente aux enfers des Jeux pourtant si nobles à la base.


Clin d'œil de la semaine
C'est en fumant que les Québécois ont payé le Stade olympique de Montréal. L'important, c'est de participer...


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